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Le philosophe-artiste Le philosophe-artiste
Jean-Noël Vuarnet



parution 17 mars 2005
240 pages
17 Euros
isbn 2-84938-009-I
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Philosophe-artiste : le mot est étrange. On est philosophe ou on est artiste, mais pas les deux à la fois, du moins pas sans hérésie.

Philosophe-artiste : le mot est étrange. On est philosophe ou on est artiste, c’est ce que veulent les traditions respectives de la philosophie et de l’art, mais pas les deux sans doute, du moins pas sans hérésie. C’est pourtant à l’apparition de ce personnage étrange et hybride – philosophe et artiste – qu’en a appelé Nietzsche. Et c’est celui-ci que Nietzsche a incarné le premier, du moins consciemment. Consciemment, car la chose a préexisté au mot : voici le point de départ de la vaste enquête de Jean-Noël Vuarnet, lequel recherche en effet à quoi cette figure peut bien correspondre dans l’histoire de la philosophie occidentale. Philosophes-artistes étaient déjà, avant le lettre, notamment à la Renaissance, les penseurs en rupture de ban, aventuriers de l’esprit, pour lesquels l’expérience l’emporte sur la théorie, l’existence sur le concept, le pathos sur le logos, pour lesquels du moins il n’y a pas de théorie, de concept et de logos qui ne doive connaître d’applications immédiates dans le comportement des individus.

En d’autres termes, le philosophe-artiste est à lui seul une guerre. Une guerre passionnément menée contre le platonisme. Contre celui-ci, et pour le scandaliser, il affirme : « L’art est une valeur supérieure à la vérité ». Scandale philosophique, hérésie même : c’est dans l’art – où le faux est vrai, tandis que le vrai y est faux – que nous avons quelque chance de saisir la vérité de l’être, sexuelle, névrotique, onirique, fantasmatique, etc. Et si c’est dans le faux qu’est le vrai, c’est alors que la métaphysique est un simulacre. La métaphysique est le simulacre de la connaissance et, au contraire, l’art sa révélation. Le philosophe-artiste connaît en inventant, invente en connaissant : tel pourrait être ce qui le définit le mieux.

L’ouvrage de Jean-Noël Vuarnet est une déambulation méditative et buissonnière en compagnie de quelques-uns des noms les mieux à même de passer pour ceux en qui s’incarne cette philosophie « irrégulière », cette philosophie artiste : Giordano Bruno, brûlé à Rome en 1600, Rousseau, Sade, Kierkegaard, Nietzsche, Klossowski, etc... En compagnie également de personnages conceptuels, comme disait Deleuze (dans la proximité de qui ce livre a été écrit), derrière lesquels elle s’est volontiers dissimulée : Ariane, l’Antéchrist, la Bête du terrier, le Bouffon, le Dandy, Dionysos, l’Imposteur, le Libertin, le Mythologue, le (faux) Prophète, le Séducteur, Stavroguine, Zaratoustra, etc.

Écrivain, philosophe, Jean-Noël Vuarnet (1944-1996), est l’auteur de récits, Personnage anglais dans une île et d’essais consacrés, pour les plus connus d’entre eux, aux saintes et aux mystiques : Extases féminines, Hatier, 1991 ; Le Dieu des femmes et L’Aigle-mère, Gallimard, 1995.


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