Léa et Samuel sont un jour entraînés par William, un collègue de travail, dans « la Zone ». La Zone, c’est la banlieue : extension misérable autour de la ville, vaste territoire où le délabrement n’a d’égal que l’insécurité qui y règne. Le week-end, s’y rendent ceux qui, fatigués de leur semaine à la ville, sont en mal de sensations fortes. On y pénètre comme dans un zoo, ou presque : traverser un check point, décliner son identité au « personnel d’accueil », éventuellement louer une arme. Une fois passés de l’autre côté des hauts murs d’enceinte, tel un jeu de rôle grandeur nature, certains meurent, d’autres tuent mais la plupart « se défoncent la tête », aidés par toutes sortes de drogues, dont le Fly Me II The Moon, mises à la disposition des nouveaux venus.
En contrepoint de cet univers dévasté et effrayant, on suit l’écrivain Franck Duluth, sorte de parangon du cynisme, proche du pouvoir en place…
Dans ce quatrième roman, Mano met en scène la dégradation de ce que certains débordements de notre société, à persister et enfler, pourraient engendrer – si l’histoire se situe dans un futur proche, maintes références ancrent le récit dans une réalité qui est bien la nôtre. Extrapolation littéraire de la « zone de non-droit », ce roman, d’emblée, frappe le lecteur par sa force d’évocation, son écriture, d’une redoutable efficacité, et son rythme, tendu d’un bout à l’autre du récit.
Mano a déjà publié Rip hop (Exils, 2004), Brune (Fayard, 2006) et Les Habitants (Hachette, 2008).