Retour à la musique électronique avec un artiste considéré comme grand public, ceci dans un cercle relativement restreint, comme on dit de Sébastien Tellier qu'il approche le mainstream. En réalité, les ventes de ces disques demeurent équivalentes à celles des livres, ce qui donne une petite idée. Tiga est un artiste qui balance du gros son dance-hall tout en réussissant des mouvements de boucle dignes des meilleurs compositeurs d'électro-glam.

Certains reprochent à ce Canadien son style "métro-sexuel", mais pour moi cette catégorie ne veut rien dire sociologiquement, ce n'est qu'une terminologie inventée par les medias. Tiga représente dans son look une actualité en harmonie avec les nouvelles générations, androgynes influencés par les mangas et la culture japonaise. Tiga se maquille les yeux au khol tout en s'habillant comme un garçon. Je pense qu'il recherche d'avantage une combinaison entre les émos (de émotionnels), nouveaux gothiques ou punks bisexuels ou asexuels, et le glamour ambivalent (les hommes maquillés et portant sac à mains, talons compensés et cheveux longs) tel qu'il a existé au début des années 70, avec le glam-rock et le fulgurant T-Rex.

Le futurisme de la musique électronique permet d'incarner le transexualisme , le troisième sexe, typologie au coeur de la nouvelle civilisation occidentale.

Ecoutez sur son excellent album Ciao! Tiga, "Beep Beep Beep" et "Shoes". J'adore ce côté new wave clubbing.