149. Art contemporain-Exposition Dynasty
Par Angie David, mardi 15 juin 2010 :: #149 :: rss

Le Musée d'Art Moderne de Paris et son voisin le Palais de Tokyo, en collaboration inédite, ont inauguré une exposition collective commune qui met en avant les futurs grands artistes français (travaillant en France), une nouvelle génération extrêmement originale empruntant à l'ensemble des pratiques et techniques artistiques dans le monde : une "Dynasty" d'artistes (40 en tout) qui ont créé chacun deux oeuvres en résonance, l'une et l'autre exposées dans chacun des musées. C'est passionnant de découvrir que les oeuvres sont parfois monumentales ou modestes, référencés à l'époque actuelle ou à l'histoire de l'art et de l'architecture, questionnent les fondements de la culture et de l'artisanat, utilisent la peinture, la vidéo, la photo, le dessin, la sculpture... comme autant de manière d'exprimer une esthétique contemporaine alternative.
Dans l'expo, mes deux artistes préférés sont deux femmes.
Camille Henrot qui a brisé un immense plat de céramique et en a construit deux sculptures où les morceaux brisés sont consolidés par du plâtre travaillé à la main, et tenant verticalement grâce à un tuteur en métal, détournant les problématiques du poids et du volume des oeuvres, toujours dans cette recherche des matériaux brutes, ceux que nous récupérons et qui deviendront à leur tour des reliques. La cohérence de l'oeuvre de Camille Henrot est absolue, depuis ses recherches sur King Kong et le Cargo Culte. Elle est selon moi l'artiste la plus intéressante dans son approche anthropologique de l'art et son refus du spectaculaire. La beauté réside dans ce qui échappe au discours malgré la grande intelligence et réflexion de son travail. Elle est également exposée en ce moment à l'espace culturel Louis Vuitton.
Raphaëlle Ricol qui récupère des figures modernes comme Mickey et d'autres archaïques et les représente sur des toiles à la peinture acrylique et à la bombe, le côté entertainment et naïf est confondu à des thématiques crues, profondes, écorchées comme en témoigne les titres de ses oeuvres (comme "Suicidedoux"). Influencée par le street art, fan de BD, elle intériorise l'esthétique dans une forme de psychanalyse spontanée. Une artiste à retenir et à suivre.

Commentaires
1. Le mardi 15 juin 2010 par Minnie
2. Le mercredi 16 juin 2010 par llanafan
3. Le jeudi 17 juin 2010 par Catherine
4. Le vendredi 18 juin 2010 par Angie
5. Le vendredi 25 juin 2010 par Pseudome
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