56. EPILOGUE - After Dark
Par Angie David, lundi 21 septembre 2009 :: #56 :: rss

Ce titre est un signe d'espoir, la période sombre est achevée, une lumière filtre à nouveau entre les nuages. Les références culturelles du roman sont à ce stade difficiles à regrouper par thèmes ou figures, c'est un melting-pot de films, musique et littérature. Une tendance cependant se dégage si je prends comme critère mon affection particulière pour les artistes femmes qui sont par nature pour moi des modèles, et qui révèlent une force nouvelle et moderne, comme celle émanant d'une communauté qui s'affirme depuis peu. Cet aspect de notre époque est d'ailleurs paradoxal car les femmes sont considérées comme une minorité eu égard à leur soumission obligée pendant des siècles, alors qu'elles sont démographiquement plus nombreuses. Une partie de ces femmes puissantes (je reprends l'expression du livre magnifique de Marie NDiaye) s'est constituée grâce à une culture elle-même marginale, celle des gays et lesbiennes devenue incontournable depuis les années 1990, l'autre sans cette revendication sexuelle - bien que le fait de réussir à être reconnue comme une femme séduisante et de talent est une forme d'identité pouvant relever de ce que Judith Butler nomme le genre (les "gender studies"). Encore une petite touche de féminisme, donc.
Un mouvement féministe radical et punk est apparu aux Etats-Unis à la même époque, années 90, autour du groupe Bikini Kill, dont la leader Kathleen Hanna a aujourd'hui crée l'excellent groupe Le Tigre. Issues de Washington, ces tigresses lesbiennes ou bisexuelles sont à l'origine du mouvement Riot Grrrl qui a inspiré ensuite beaucoup de groupes de rock punk féminins. Des filles et rien que des filles. Kurt Cobain était très attentif à leurs productions musicales et leur expression politique. Les chanteuses qui se revendiquent du mouvement, maintenant disparu car les idées anti-machistes et les femmes sont désormais intégrées à la scène punk, sont : Courtney Love et son groupe Hole, Peaches, Lesbians on Extasy, Lydia Lunch et L7. A la fin des années 80, au moment du post-punk, The Slits s'étaient déjà imposées auprès de leurs confrères. Nowadays, deux influences majeures : The Gossip et la chanteuse Beth Dito qui assume autant ses rondeurs que son homosexualité (devenue une des meilleures copines de Kate Moss), et sur la scène électro Chloé, qui était DJ au Pulp, et son excellent album The Waiting Room.
En art contemporain, j'aime particulièrement la jeune artiste française Camille Henrot qui s'affirme de plus en plus avec un travail érudit et primitif, une réflexion sur le temps retrouvé, la résurrection du passé par les objets qu'on vénère, qu'elle redécouvre et intègre à une esthétique actuelle. En littérature, je cite l'Américaine Laura Kasischke et particulièrement son teen novel Rêves de garçons où des cheerleaders commettent l'irréparable et où se pose la question des scrupules pour ne pas gâcher sa vie et être toujours populaire. Au cinéma, Sofia Coppola m'avait marquée avec Virgin Suicides, teen movie - j'adore les histoires d'ados, oui - même si j'ai été déçue par Marie-Antoinette. Non, une des plus grandes héroïnes de l'Histoire française, d'ailleurs Autrichienne, on le lui reprochera assez, n'est pas une adolescente américaine d'aujourd'hui, tellement authentique par sa légèreté angoissée. Il ne faut pas oublier que Marie-Antoinette est montée à l'échafaud la tête haute, le regard droit, assumant sa terrible destinée. A ce propos, je conseille la lecture de La Reine scélérate, Marie-Antoinette dans les pamphlets, livre d'une autre femme, tiens, écrivain et essayiste brillante, Chantal Thomas. Quelle femme réussira au cinéma "son" Barry Lyndon?
Trois autres femmes actuelles que j'ai déjà citées auparavant, dans la mode cette fois. Isabel Marant, Chloé à l'époque Phoebe Philo - qui arrive chez Céline après trois années de break pour élever sa famille, à surveiller de près - et Maria Luisa pour les choix des modèles et des marques de son magasin, rue du Mont-Thabor, Paris 1. En passant, j'ai remarqué dans la vitrine une robe superbe, noire, simple et malgré tout originale, structurée, designée. Curieuse, je regarde sur la petite pancarte en bas qui indique le vêtement, la marque et le prix. Et là , que vois-je ? Robe : Victoria Beckkam. Incroyable, non ? Ma foi oui, même elle a du talent ! Sa passion pour la mode est bien réelle. Voilà pourquoi son visage est toujours si sombre, pour répondre au magazine Elle de la semaine dernière, elle réfléchit.

Commentaires
1. Le jeudi 24 septembre 2009 par MN'D
2. Le vendredi 25 septembre 2009 par Deville
3. Le samedi 26 septembre 2009 par Marie
4. Le mardi 29 septembre 2009 par Fanfreluche = :-o)--
5. Le mardi 29 septembre 2009 par ugg boots
6. Le mercredi 30 septembre 2009 par Catherine
7. Le jeudi 1 octobre 2009 par Chauve-souris...
8. Le samedi 3 octobre 2009 par Yedov
9. Le samedi 3 octobre 2009 par Fanfreluche = :-o)--
10. Le samedi 3 octobre 2009 par Catherine
11. Le dimanche 4 octobre 2009 par =:-o)-- Fanfreluche
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