mercredi 19 août 2009
53. Chapitre 6 - Les amants (2)
Par Marilou, mercredi 19 août 2009
Et oui, je suis rentrée moi-aussi, le 18 août seulement, avec un jour de retard. Cela dit je ne suis pas rentrée seule, non pas avec un amant, non, ce serait trop simple, mais accompagnée d'un chat de 5 ans, Gustave, prénommé ainsi pour vous savez qui. Gustave Flaubert, exactement. Il est grand, mince, avec un poil long angora, couleur gris perle avec des reflets beige et rose sur la fourrure du dessous. Gustave, pas Flaubert. Alors pour revenir à la thématique qui nous occupe, c'est-à-dire les amants, j'ai inventé le personnage de l'amant dans mon roman à partir de plusieurs relations et connaissances, réelles ou imaginaires, et j'ai choisi à ce titre de le nommer Frédéric Moreau. Le personnage de mon roman préféré de mon auteur préféré, L'Education sentimentale de Gustave Flaubert. Frédéric Moreau existe vraiment, sous la forme de plusieurs garçons et hommes rencontrés avec lesquels il y a eu ou aurait pu avoir relation amoureuse. Êtres littéralement, pas seulement dans le fantasme, amants.
Il y a plusieurs façons d'être l'amant ou la maîtresse de quelqu'un, les amants clandestins, parce que l'un n'est pas libre, ou les deux, ou pas prêt, alors on n'en parle pas, pas encore du moins. Ces relations les plus importantes sont à la fois les plus éphémères. Il ne faut pas que ça se sache. Les enjeux sont trop grands ou c'est la honte. En tout cas, ça la fout mal, il vaut mieux que cela reste secret car sinon c'est le bordel. L'amour est compliqué, voilà pourquoi il se vit d'autant mieux quand il est caché, déjà pour soi-même, la liaison reste dangereuse, elle fait peur. La relation est trop forte et intime pour pouvoir la montrer à un cercle plus large d'amis. La vie tranquille, un repère, une planque, impossible à dévoiler, à laisser au contact de n'importe qui.
Une autre solution, faire comme Frédéric Moreau avec Madame Arnoux, ne jamais consommer l'amour, et le laisser ainsi infécondé, non réalisé, idéal et pourtant triste. C'est dommage de ne pas vivre, surtout l'amour, ça en vaut la peine. Et ce n'est pas une super optimiste de la life qui le dit. Non loin du jardin des Tuileries, Frédéric Moreau aime de toute son âme Madame Arnoux, femme mariée et très contrôlée, le lui avoue et se débrouille alors pour empêcher que la liaison ne se noue. Jusqu'à la fin, lorsqu'elle dévoile ses cheveux en enlevant un chapeau, des années plus tard, quand ça y est, c'est possible, au moins une fois. Je ne vais pas dévoiler la fin de L'Education sentimentale, mais c'est un passage féroce et passionné sur les sentiments, l'échec, comme les fait si merveilleusement bien Flaubert.
Pour compenser, Frédéric se tape la Maréchale, superbe courtisane qu'entretient entre autres, le mari de Madame Arnoux, Monsieur Arnoux. Les hommes ont toujours eu plus de liberté pour s'envoyer en l'air, afficher ouvertement leur séduction, leurs conquêtes. Même si Madame Arnoux feint de n'en rien savoir et de reprocher à Frédéric sa maladresse, elle aurait compris à cause de lui. Avec la Maréchale, Frédéric Moreau n'assouvit pas son désir pour cette femme (ce type de relation serait autobiographique à Gustave Flaubert) inaccessible, qui en plus a fait voeu auprès de Dieu de ne pas s'abandonner à aimer Frédéric, en échange du rétablissement de son enfant après une mauvaise grippe.
Frédéric croit avoir abîmer l'ombrelle de Madame Arnoux en venant chez eux alors qu'elle n'était pas là. Arnoud n'était pas seul, mais c'est la Maréchale qui avait oublié son accessoire de luxe. Alors pour l'anniversaire de Madame Arnoux, il se sent obligé de lui en offrir une nouvelle. C'est la cérémonie des cadeaux. "Frédéric attendit après les autres, pour offrir le sien. Elle l'en remercia beaucoup. Alors, il dit : "Mais... c'est presque une dette! J'ai été si fâché. - De quoi donc? reprit-elle. Je ne comprends pas! - A table! fit Arnoux, en le saisissant par le bras; puis dans l'oreille : Vous n'êtes guère malin, vous!""
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Les nuits de fête s'accompagnent le plus souvent de rencontres amoureuses d'un soir, ou de plusieurs soirs selon les affinités. Un amant peut être régulier sans être officiel, ni permanent, un garçon qu'on aime bien et qui est libre, qu'on appelle de temps en temps pour ne pas rester seule les moments de blues. Il est aussi possible de le séduire dans un cadre où l'on estime que les personnes présentes vous correspondent plus ou moins, par exemple à l'occasion d'un vernissage des