41. Chapitre 4 - Amour et Solitude (2)
Par Marilou, vendredi 10 avril 2009 :: #41 :: rss

Oups, désolée pour le retard. Marilou est un peu à l'ouest en ce moment. La solitude renvoie à la notion inverse, celle de conjugalité. Sujet très intéressant car elle se développe aujourd'hui de plusieurs manières, une plus grande liberté des moeurs permettant de s'extraire du modèle fixe, bourgeois, du couple à deux, homme et femme. A partir d'une réflexion sur l'éclatement du système marital et familial, prenant appui sur la pensée et l'application de nouvelles formes dans le couple, par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, François Noudelmann éclaire ces problématiques contemporaines dans son essai Pour en finir avec la généalogie (Léo Scheer). Sartre et Beauvoir ont par exemple adopté chacun une de leur maîtresse, plus jeune et sans protection juridique, alors qu'ils ne se quittaient pas une seule seconde.
Les liaisons adultérines sont un sujet de comédie idéal, aussi drôle qu'émouvant comme l'a prouvé Billy Wilder avec La Garçonnière. Jack Lemmon est irrésistible en petit salarié d'une gigantesque société d'assurances (des plans de bureaux magnifiques à la Gursky) qui prête son appartement à différents supérieurs, jusqu'au grand patron qui entretient une liaison cachée avec l'adorable liftière Shirley MacLane, et l'abandonne le soir de Noël, épouse et enfants légitimes oblige. Je ne peux pas ne pas citer parmi les grands chef d'oeuvre de Billy Wilder Sunset Boulevard (le film est raconté par un narrateur qui meure au début du film et nous parle d'outre-tombe), et deux Marylin Monroe à mourir : Some like it hot et The Seven year itch.
La pièce de théâtre L'Echange de Paul Claudel est une manière d'envisager une histoire d'amour impossible, en échangeant les partenaires le temps d'une croisière, pour mettre face-à -face des couples contraires. Louis Laine pense pouvoir abandonner la profonde et lourde Marthe, pour la femme insouciante d'un milliardaire Thomas Pollock Nageoire, Lechy Elbernon, avant que la drame de l'autre ne lui échappe. Tromper l'autre peut le blesser au-delà de toute mesure, même si on l'aime encore et qu'il n'ait pas question de le quitter. C'est la fin d'un état fugitif de l'amour, du couple, de la famille, Le Bonheur, comme nous le dévoile Agnès Varda dans son film.
Ces situations de rupture affective mènent parfois à l'absurde, comme un homme, Le diabolique barbier de Fleet Street Sweeney Todd qui finit par tuer tel un cannibale sa femme et son enfant, sa condamnation au bagne et une nouvelle identité lui ayant interdit de les reconnaître - il en fait de la chair à pâté pour les tartes de Mme Lovett (Helena Bonham Carter, la femme de Tim Burton).

Commentaires
1. Le samedi 11 avril 2009 par Marie
2. Le mardi 14 avril 2009 par Enchanted
3. Le mercredi 22 avril 2009 par Stalking Turkey
4. Le mercredi 22 avril 2009 par Douce laine
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