L'art et la mode. Ces deux domaines s'entrelacent depuis une dizaine d'années maintenant. Marc Jacobs est un grand collectionneur d'art contemporain, les photographes de mode sont des artistes reconnus comme Terry Richardson ou Juergen Teller, les campagnes publicitaires sont assurées par des photographes de renom comme Nick Knight et les artistes mettent en scène la mode ou travaillent pour elle (Murakami et Pharell Williams pour Vuitton). C'est une économie qui s'est rejointe dans un même mouvement. Les deux grands groupes de luxe français sont dirigés par des fous d'Art Contemporain, à l'initiative de grandes fondations, François Pinault et Bernard Arnault. Un livre explique cette gémellité devenue structurelle : I love fashion, L'Art contemporain et la mode, de Jill Gasparina (éditions Cercle d'Art).

Quelques exemples parmi les artistes que j'apprécie tout particulièrement : Sylvie Fleury et le "branding" - les marques - ou les briques de Slim-Fast en plâtre, présentées comme une pyramide/gondole dans les magasins. C'est une forme de critique du consumérisme, mais avec humour et esthétique. Jean-Michel Othoniel ornemente ses installations, avec des bijoux en perle, comme la station de métro Palais-Royal. Karen Kilimnik joue avec le star-système en mode rétro et devient une égérie de la fashion, à l'instar d'Elisabeth Peyton. Ou encore le drôlissime et inquiétant "I shop therefore I am" de Barbara Kruger.

Pour illustrer en musique cette aura magique de la mode, Diamonds are forever de Shirley Bassey (John Barry pour James Bond).