Deux films qui tournent autour de la folie et du désir, comme forme de perversion mentale, dans lesquels, en cas de crise d'angoisse, on peut se reconnaître, notamment à l'égard de leurs héroïnes. Roman Polanski met en scène la schizophrénie en huis-clos avec Catherine Deneuve dans Répulsions. Enfermée pendant des jours dans son appartement, Hélène regarde son esprit sombrer dans la folie avant de la retourner contre celui qui tente d'y pénétrer. Le propriétaire d'abord, un amoureux éconduit ensuite. Son physique angélique contredit la violence de son âme. Catherine Deneuve y est irrésistible de beauté froide, implacable. Plus obscure, se dévoilant au fur et à mesure du face à face entre Blanche Dubois (Vivien Leigh) et Stanley Kowalski (Marlon Brando), la folie et la brutalité sont à la fois érotiques et sensuelles entre les murs du petit appartement miteux où ils cohabitent. Pièce de Tennessee Williams qui révéla Marlon Brando à Broadway, avant l'adaptation cinéma pour Hollywood, Un Tramway nommé désir est un chef d'oeuvre d'Elia Kazan. Marlon Brando est mon acteur fétiche pour sa filmographie, comme pour son aura personnelle, jusqu'au drame qui toucha de plein fouet son fils Christian et sa fille Cheyenne.

Sur la dépression plus spécifiquement, trois livres sont indispensables, récits dont on devine la nature autobiographique par la précision des détails propres à cette maladie. Clément Rosset dans Route de Nuit nous explique son parcours, comme il cherche à s'en sortir. Scott Fitzgerald dans La Fêlure et William Styron dans Face aux Ténèbres, permettent à celui qui souffre de dépression de comprendre le phénomène, de se sentir moins seul et mieux compris. Les autres ont souvent du mépris pour les dépressifs, considérant qu'il ne tient qu'à eux de retrouver le goût de la vie. Ils se trompent et ces auteurs les obligent à accepter la douleur morale comme aussi impitoyable que la souffrance physique, une malédiction qui reste au-dessus de nos têtes comme l'épée de Damocles, et ce pour toujours.