La période musicale fétiche est la fin des années 70 et le début des années 80, aussi bien pour le Postpunk (qui aboutira à la new wave/new cold) que pour le Disco. Les premières expériences technologiques font leur apparition avec l'accès au public des instruments nécessaires à l'enregistrement. Plus besoin de payer un studio hors de prix pour mettre au point ses morceaux. Je cite mon roman - pardon pour cette suffisance : "la possibilité de se procurer dans n’importe quel magasin de hi-fi des synthétiseurs Wasp, des boîtes à rythme Linn Drum et des séquenceurs Roland Microcomposer" permet aux groupes artys de créer de manière autonome. Ces premiers sons entièrement électroniques donneront naissance à la Techno (Détroit) et à la House (Chicago). Les grands DJ de clubs mixent les musiques nouvelles en étirant des séquences - des breaks - et en répétant en boucle les samples. La musique de notre époque est née. Fini la nostalgie du Rock.

Sur l'histoire du Postpunk, un ouvrage brillant retrace les origines et les évolutions de ce mouvement à plusieurs facettes, multiformes (entre punk et disco, guitare et synthé, culture artistique et usage de drogues) : Rip it up and Start again, Postpunk 1978-1984, de Simon Reynolds (chez Allia). La période qu'il désigne est celle dans laquelle je me reconnais : 1978 - année de ma naissance, 1984 - moment de grâce juste avant l'apparition du sida. Beaucoup des oeuvres que j'aime se situent entre ces deux dates.

Dans le désordre, parmi mes groupes préférés : Cabaret Voltaire, Devo, Bush Tetras, The Slits, Scritti Politti, Joy Division (voire aussi 4*), New Order (reformation du groupe après le suicide de Ian Curtis), Siouxsie and the Banshees, Gang of four, OMD ou The Cure. Depeche Mode a déjà fait l'objet d'un débat (4* again). Cette liste n'est pas exhaustive et demande à être complétée. Comme pour le Rock, de nombreux artistes viennent d'Angleterre.

Côté Disco, je ne citerai ici que Donna Summer et les somptueuses chansons que lui a composées Giorgio Moroder (Allemand comme Kraftwerk) car, là-aussi, discussion il y a eu (voire 11*). "I feel love" en 1977, est le premier morceau entièrement synthétique - la voix de diva étant transfigurée par la puissance des machines. Après les platines viendront les ordinateurs qui pousseront jusqu'au bout ces recherches musicales.

Je devais avoir un coup de fatigue ce jour-là, mais j'ai glissé par hasard dans ce répertoire une chanson écrite par Gainsbourg pour Isabelle Adjani, qui décrit très bien mon état habituel : "Ohio". Très années 80, version romantique effaré.