En Nouvelle-Calédonie, bien que l'histoire des Kanaks ne soit pas celle des Noirs américains, descendants d'esclaves venus d'Afrique, les jeunes se sont toujours identifiés à la culture rasta et la musique nationale est le reggae. Nous écoutions en boucle les grands groupes tels Burning Spears ("Slavery Days") ou U Roy ("Go There Natty Dread") - surtout en voiture, au cours de nos ballades en brousse et dans les tribus. La Jamaïque était un modèle culturel et esthétique (gandja, dread locks et drapeau de la Kanaky en vert-jaune-rouge). L'idole absolue, figure christique et sublime, Bob Marley : "Burnin and Lootin", "Them Belly Full" et "Roots Rock Reggae". Une nouvelle musique nous a ensuite envoûtés, version électronique et ralentie du reggae, le Dub. Son plus grand prophète est le génial et fou Lee Perry : "Soul Fire". Tous ses morceaux sont d'anthologie. Un livre retrace l'histoire de cette musique : Lloyd Bradley, Bass Culture, Quand le reggae était roi, aux éditions Allia.

Le rock est resté malgré tout très présent dans notre éducation musicale, notamment le Post Punk (ou Noisy Rock). Blondie et les Violent Femmes déjà cités (cf posts 3 et 5), mais aussi les Pixies ("Wave of Mutilation") ou Noir Désir ("Les écorchés"). Une nouvelle musique s'est ensuite imposée comme la pointe de la comète rock, le grunge tout entier incarné par Kurt Cobain et Nirvana. Jamais nous n'oublierons son visage d'ange, son allure destroy et sa souffrance si humaine. Un grand artiste, notamment dans ses morceaux les plus hard-core : "Stay Away".