Sur la plage lumineuse d'un îlot où Marilou et sa bande de copains calédoniens sont venus camper, dans une version nature, non urbaine, les corps se reposent sur le sable blanc à la manière d'Anna, dans la comédie musicale éponyme (voire supra), BO composée par Serge Gainsbourg, "Sous le soleil exactement". Malheureusement, je n'ai trouvé qu'une reprise par Gainsbourg lui-même, avec sa voix de velours, moins girly que les yeux embués d'Anna Karina.

Dans le F2 qu'elle partage avec sa mère, au début du quartier Val Plaisance (Nouméa est découpée par quartiers et par baies : une partie tout au long de la mer, car elle est une presqu'île, l'autre plus dans les terres) : le perfect album de Lou Reed, Transformer, est mis à fond. Elles dansent toutes les deux en riant comme des gamines sur "Vicious". A l'inverse d'Eddy et sa fille Saffy dans l'irrésistible série Absolutely Fabulous, Marilou, avec sa mère, est un mélange d'adolescente type et de future Patsy déjantée.

Avant la Nouvelle-Calédonie, les parents de Marilou s'étaient installés au Vanuatu, archipel situé sous le tropique, au climat très humide, à la végétation luxuriante, détenteur de l'art et de la magie les plus importants de toute la Mélanésie. Ils sont arrivés en 1980, juste au moment de la déclaration d'indépendance : les Nouvelles-Hébrides, condominium franco-anglais, sont devenues le Vanuatu, pays gouverné par son peuple. A l'époque, pas de télé du tout (encore plus roots qu'à Nouméa), un seul cinéma qui passait en boucle des films de Bruce Lee. Et là, dans le petit centre-ville de Port-Vila, un vidéo-club, une caverne d'Ali Baba. Un français brun et moustachu, portant tout le temps des chemises paréo bleues ou rouges, avec des motif hibiscus peints en blanc, louait des K7 vidéo piratées par son frère, dans un cinéma parisien. Il n'y avait que des perles, et plus spécialement, pour les enfants, toute la collection des Walt Disney. Mes préférés (bien que je les aime presque tous) : Peter Pan, Cendrillon, La Belle aux bois dormants, Alice au pays des Merveilles, La Belle et le Clochard, Les 101 Dalmatiens ou encore La Petite Sirène. Dans les récents, avec Pixar, Nemo est une tuerie.

Deux autres dessins-animés merveilleux que Marilou y a découvert : Brisby et le Secret de Nimh (de Don Bluth) et Le Seigneur des anneaux, 25 ans avant les films, de Ralph Bakshi. Il y avait aussi un étrange cartoons sur Gulliver, mais je ne me souviens plus du nom.