94. RL 44. Alain Baudemont, Cent mots dire
Par La rédaction, le samedi 20 mars 2010 | Textes/Archives :: #94 :: rss
La Revue littéraire n°44, mars 2010
Extrait d'un livre à paraître en mai 2010 aux Éditions Léo Scheer, collection « M@nuscrits ».
Photographie : © Thierry Berrod.
Alain Baudemont
Cent mots dire
(extraits)
jeudi 31 juillet
Chère V, je ne la prends pas mal, votre intervention à mon égard, mais souvent, et voulez-vous bien m’excusez (je ne suis pas certain que vous m’excuserez), je ne suis pas important, pour « mon petit poème », voulez-vous bien m’excusez, en forme de discours métaphorique qui, comme vous le dites, et vous avez raison, peut apparaître farfelu pour un esprit critique pragmatique.
Je suis farfelu, pardonnez-moi, me pardonnerez-vous, il ne me reste plus qu’à me jeter à la Seine, je le ferai en mon rêve (mon ami), sous le pont Mirabeau, tant qu’à faire, où coulent les poissons pollués et qui n’ont plus d’écailles d’or. Je n’y serais pas solitaire, je vous rassure, j’y rejoindrais Paul, un vrai ami, qui un moment où noir le soleil…
Ah, le monde est parfois si cruel, qui laisse se noyer le Poète.
jeudi 31 juillet
Je dois dormir, donc je rêve. Mais, j’aime dormir. Vos réponses, chère V, cher C, cher L, me prouvent une cordiale amitié ; votre cordiale amitié, chaque un(e) me touche. Je me reconnais, quelquefois être, comment dire, un tantinet, à côté de la plaque, paranoïaque, peut-être, qui sait. Est-ce comme ça que l’on dit ? Merci à vous.
dimanche 3 août
Dans un premier registre,
qu’il me soit permis, moi, Pompholux, de dire Jarrnicoton, ce n’est pas lui qui paiera. Moi, Pompholux, je ne renie pas Coton, même si c’est une sorte de reniement moins farfelu que burlesque. Qui prête à rire, donc, autrement dit, de tout, qui prête à rire comme un crétin qui rit, toujours, et de rien, même et surtout de rien, quand tous savent bien que les loups ne sont plus dans Paris. Qui prête à rire comme l’imbécile qui rit quand le simple du village rate la marche et se retrouve au sol, et l’assemblée, en chœur, de pouffer. Pauvre Jeannot, mon frère, que j’aime comme un double.
Je t’aime.
Leonardo Cremonini disait, dans un entretien qui invitait à rencontrer l’esprit et le regard d’un peintre, que nous sommes dans une société qui veut, sans le savoir, la disparition de la peinture en tant que discipline privilégiée de la singularité – discipline privilégiée dans la mesure où elle n’a pas de code. LC poursuivait son entretien en disant qu’il voudrait envisager une histoire de l’art du XXe siècle dans ses références au crime. Ce n’est pas un hasard si Van Gogh – éloge jusqu’au mythe parce que c’est le crime de lui-même –, s’il n’était pas suicidaire, ne serait pas le génie du XIXe siècle. Ce n’est pas un hasard si Picasso est le criminel de la peinture tout simplement dans le XXe siècle, le siècle de la violence, de la déformation, bref, le siècle où l’on crève de l’histoire de l’art, comme on crève du tourisme.
Je trouve, moi aussi, avec Leonardo Cremonini, que certains, qui ont la voix, comme on dit, au chapitre, laissent faire des « nettoyages » abusifs, dans une époque où l’on tripote, manipule, et cela sous des prétextes de connaissances historiques ou scientifiques, on décape une toile, plus que superficiellement « pour voir ce qu’il y a au-dessous » ou pour retrouver une soi-disant fraîcheur originelle. Comme Leonardo Cremonini, je pense, moi aussi, que ce n’est même plus la peine de dénoncer cela. Ce n’est plus la peine de dénoncer que c’est seulement le fait d’organiser tout un système – payant – qui produit le désir.
Seulement pour les yeux, seulement pour le regard, ça ne passe pas.
Cela a été dit, et autrement dit, la jouissance n’est ni devant les portes ni après les portes. Ce sont des desideri indotti, des désirs induits, fabriqués. Nous avons un mal fou à nous rendre au lieu de la Peinture, pour « aller voir » la peinture et nous retrouver, et dans le passé, et dans « la représentation » par excellence.
Les musées remplacent le culte des morts, oui, c’est vrai, on va au Louvre comme on va au Père-Lachaise, oui, c’est vrai. Le seul lieu où l’on défende encore le culte des morts, c’est au Louvre. Les musées sont un regard dans le passé, oui, c’est vrai. Tout le reste est un regard vers l’avenir.
La peinture est morte et on touche au profond des Toiles comme on traficote les cadavres pour voir et dérober leurs derniers secrets. Nos morts sont traficotés, sous la terre, il n’y a pas d’or pourtant, il n’y a que des charniers. Je meurs de faire le travail du deuil avec les dentelles pourries de ma grand-mère et de mon grand-père. C’est ça, mon travail, mon deuil, une pauvresse de notion fondamentale dans la dynamique culturelle de mon temps. Paul est un poète quand Sarah est un sillon. Mais il a été dit qu’il faut sortir du culte. Excusez-moi d’être en poète. Excusez-moi d’être en théâtre. Excusez-moi d’être en Dieu.
Dans un deuxième registre,
Zeitgeist, qui en français fait « l’esprit des temps ». C’est l’un des noms que Hegel donne à Geist, traduit différemment comme « esprit », « esprit du monde », « idée absolue » ou « Dieu ». Il place le concept de rationalité dans l’ordre des choses, comme un esprit qui anime les gens, et non comme une création humaine.
L’esprit des temps n’indique pas un état homogène dans lequel toutes les idées sont partagées, mais il exprime plutôt le fait que, dans toute société donnée, il y a une « certaine langue », culture ou gamme des concepts dans lesquels chaque conflit, chaque controverse, doit être combattu. Ce « terrain politique » qui est exprimé par le Zeitgeist fonctionne comme un arrière-plan pour de nombreux participants, il est l’accord tacite qui rend possible chaque dispute.
Dans un sens commun, l’esprit des temps connote une idée ou une force sociale dominante (ou la combinaison des deux) à une certaine époque.
Siegfried Giedion a essayé de légitimer la nouvelle architecture comme le produit « organique » d’une évolution qui accompagne l’histoire de l’humanité sous l’effet fertilisant de « l’esprit des temps modernes ». Il a voulu éviter ainsi toute association possible avec la réalité physique et toute tentative d’imitation, concept de base des historismes concurrents.
Par cette phylogenèse il a placé son architecture moderne au-delà de l’esthétique traditionnelle. L’évolution de l’architecture d’après-guerre a démenti ses attentes, ce qui l’a obligé à reconnaître tardivement l’importance de l’esthétique et à revenir à un autre concept de référence de Heinrich Wölfflin : le couple dichotomique « rationnel-organique ».
L’association de formes géométriques élémentaires, avec le rationnel et le rigide d’un côté, et de formes courbes, avec l’irrationnel, l’organique et le libre de l’autre côté, consolide ce mythe, comme la majorité des corrélations directes entre formes et significations qui constituent le système expressif de l’Espace, Temps, Archi-tecture. ETA.
Dans un troisième registre,
je ne comprends pas la mise entre parenthèses de (comme il se doit) quand l’information, qui n’est pas fausse, donne que le fil de fer barbelé est inventé en France.
Dans tous les registres, dans le partage des miettes, vous n’avez pas vu, comment pourriez-vous l’avoir vu, le voir ?
Pompholux est mort. Il ne reviendra pas. Ne cherchez pas son cadavre.
mercredi 23 juillet
Je suis très heureux de vous retrouver, chère MS, c’est une vraie surprise. La Toile est donc aussi petite que le monde. C’est un plaisir de vous lire. Vous parlez à merveille de la comédienne Alice Belaïdi, qui joue, très physique, de sa voix, de son corps, de son visage. Elle est plus belle encore sous les feux de la rampe et Alice Belaïdi a compris (c’est elle qui le dit), comme une révélation, que ce rôle était fait pour Elle. Rien que pour Elle. C’est probablement vrai.
Saphia Azzeddine est de la même eau limpide et pure (j’ai eu le plaisir de lui parler, au festival du Livre à Nice, et de lui dire combien son travail d’écrivain me semblait très juste, bien ajusté et… d’époque. Une charmante et belle jeune femme, et souriante, Saphia Azzeddine.
Chère MS, continuez de nous informer de ce que vous vivez en théâtre, et en d’autres choses encore. Je me souviens de vos aventures dans les transports en commun (les bus) en Avignon. C’était très amusant à lire. Bien à Vous et portez-Vous bien.
jeudi 24 juillet
Si proche mais si lointaine dans le même instant, Chère V, aux yeux de mon âme (et de toutes celles que vous ne connaissez pas), sachez-le, vous ne ressemblez en rien à ce rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme, si aimablement énoncé, à propos de la Russie, par sir W. S. Churchill… N’en doutez pas, et bien mieux que je ne sais le dire, mon âme (ne suis-je pas moine et qui lévite) vous reconnaît humble comme l’agneau, diligente comme l’abeille, belle comme l’oiseau de paradis, fidèle comme la tourterelle. Chère V, je n’y puis rien, c’est mon âme… et, quant à moi, le prendrez-vous bien si je vous dis que le meilleur moyen de trouver l’amour, c’est de le donner ; que le meilleur moyen de le perdre, c’est de le retenir prisonnier ; que le meilleur moyen de le garder, c’est de lui donner des ailes. Volons, donc, Chère V, volons et aussi longtemps que nous le pouvons.
J’aime toujours vous lire.
jeudi 24 juillet
Coccinelle en spirale, Vous venez de commettre une Bonne Action… Houbba houbba… Je dirais même plus abbuoH abbuoh.
mercredi 23 juillet
Objectivement, il y a risque, menace même, mais je suis rassuré, l’Autorité a les moyens de prévenir sinon de stopper la virulente, la méchante, la sale bête. Non, je ne parle pas de l’esprit frappeur, sans corps, qui ne frappe (même si l’on ne s’en sert pas) que dans l’imaginaire des confus. Aussi bien en rêvant. Encore que. Non, je parle de cette satanée « Chic Oune Gou Nyate » toute en mode, et belle avec ça, et tendance, et asiate, et rayée de blanc et de noir, qui est là, que je vois, là, que je vois sur l’image, là, en haut du billet. Eh oui, eh oui, la « Chic » pique les enfants, sachez-le, et les adultes aussi. Eh oui, femmes et hommes. Garçons et filles. Eh oui, pas de détail. Pas de différence. Le plus souvent, quand la Chic t’a piqué (la salope) après une incubation de quelques jours, tu présentes une fièvre (élevée) et des arthralgies (douleurs des articulations) vraiment intenses – oulala – précisément au niveau des mains et des pieds, accompagnées en plus de douleurs musculaires, de maux de tête, voire d’éruptions cutanées qui te grattent (la couenne) jusqu’à plus soif. Chez les tout p’tios, la fièvre peut être très élevée, ça fout les j’tons (les tout p’tios, t’imagines), supérieure à 40° C, et ça risque d’amener des convulsions. Le virus de la Chic, bien caché au milieu de son dard (c’est vrai qu’elle est pas vilaine, là, avec ses potes, sur la photo), peut aggraver ton état de santé si tu es déjà fragile, déjà malade, ou si, tout bonnement, tu as déjà de l’âge. Avez-vous de l’âge, cher monsieur Scheer ? Moi, j’ai soixante étés, enfin soixante le 15 août. La Chic Oune Gou Nyate, sachez-le, cher Léo, je m’en méfie comme de la petite vérole, de la peste, ou je ne sais quoi d’autre. Ne sortez donc pas en pantalon court, monsieur Léo, mettez de longues chaussettes, et parfumez-vous d’un parfum adéquat. Hein ? Un bon répulsif.
Il y a d’abord de la larve et puis il y a du moustique. La marge temporelle existe entre larve et moustique mais elle est dérisoire. Un œuf éclot, donne une larve, c’est le premier phénomène. La larve connaît une évolution en quatre stades, avant de se transformer en nymphe. De la pure poésie, ça, « se transformer en nymphe », et c’est le sens de la photo. Fort, le grand-petit couturier, là, au milieu de l’image, et qui sourit. La phase nymphale (nain-phal, poésie, ah, quand elle nous tient) dure quarante-huit heures, d’où émerge le stade adulte (eh oui, il faut bien que ça arrive un jour) qui effectue un vol nuptial (vive la mariée) au-dessus du gîte larvaire. Tout ce cycle dure de six à dix jours.
Plutôt six jours quand humidité et chaleur sont idéales. La Chic hait les dimanches. Ne me demandez pas pourquoi.
L’Aedes (la belle qui ne chante pas, mais siffle à ton oreille) n’est pas très difficile sur la qualité et la taille de son lieu de ponte : une canette suffira à son bonheur pour peu qu’elle contienne un peu d’eau. En revanche, elle ne pond (oui, ça pond) que dans l’eau douce, stagnante, non croupie et à l’ombre des pneus usés. La poésie toujours.
Il faut savoir que l’œuf résiste à la dessiccation et survit en absence d’eau, n’éclosant qu’à la remise en eau de son lieu de ponte. Il ne faut pas limiter la lutte antimoustiques à la seule éradication des adultes. Il est beaucoup plus simple et efficace de s’attaquer à une flaque d’eau contenant des centaines de larves immobiles que de courir derrière le même nombre de moustiques adultes et donc volants, nous dit, sic, l’Autorité.
Il y a du cycle, comme chez toutes les espèces de moustiques femelles, et la Chic est hématophage – cela veut dire que Chic boit ton sang, pur et bon, et sain, pour assurer le développement de ses ovaires et de ses adorables œufs –, et donc transmet la Chic Oune Gou Nyate, sa sœur, sa Clone de sœur, aussi salope et virulente qu’elle, et toute femelle autant, avec sa trompe munie de deux tuyaux parallèles :
L’un, pour injecter la salive et le virus.
L’autre, pour pomper le sang après l’anesthésie locale par la salive.
Les mâles ne sont que des suceurs de sève d’herbacées ou de nectar de fruits, ils sont démunis, les pauvres, de pièces buccales capables de transpercer la peau des vertébrés.
Ne croyez pas les racontars, ou idées reçues, comme quand on nous fait croire que Siné et Val, que Font et Val, que Charlie et Petit Patapon ne s’aiment plus, ne s’entrelacent plus ; comme à ne plus faire surgir que de la mélasse de conscience, que tout est menteur, menteur et retourné comme en Volkoff jadis ; ne croyez pas, dis-je, que ce n’est pas en absorbant le sang, mais juste avant, en injectant un peu de salive anticoagulante dans un vaisseau sanguin de sa victime, que le moustique infecte l’hôte.
Infecte l’hôte, décidément, la poésie n’est plus ce qu’elle était.
Un moustique s’infecte en effet en piquant. À proprement parler, il convient de parler de morsures et non de piqûres de moustique. Un moustique s’infecte d’un humain ou d’un animal contaminé.
Il faut savoir : Le sang traverse la frontière stomacale de l’animal pour passer dans ses glandes salivaires. La femelle devenue infectante (la chienne, dirait le chansonnier, qui n’est plus chansonnier) le reste toute sa vie, soit environ un mois si elle ne croise pas sur son chemin le gentil Alain Baudemont muni de son vaporisateur Spécial Killeur of de Chic.
Or, elle pique et pond tous les quatre jours environ, la Chic. Sept à huit transmissions du virus par le moustique sont donc possibles avec contamination d’autant de personnes. Attention, une femelle Chic Oune Gou Nyate Aedes rayée de blanc et de noir pond environ trois cents œufs au cours de son existence. Les œufs peuvent persister plusieurs mois dans la nature en cas de conditions défavorables (sécheresse), avant de se transformer en larves puis en nymphes dès la mise en eau du site de ponte. Cette dernière observation était pour les amateurs scientifiques.
L’adulte, cet imago (qui pourrait être moi), s’envole (c’est déjà pas si mal) et s’accouple rapidement et où il peut.
Pas où il veut. Pas où il aimerait.
La photo Chic pique et petit papa coud, donc, la photo est bonne.
C’est y pas du commentaire, ça ?… Je pose la question.
jeudi 17 juillet
Les couloirs de la section sept étaient d’une propreté éclatante. Jo Var, le racleur, était encore là qui finissait d’enlever l’eau des petits trous à cause des pavés cassés de-ci de-là. Les flashes me ramenaient à l’enfance, avec Arthur, quand, bons gros nigauds, coquilles de noix, nos bateaux frêles… Cher Monsieur, si je ne suis plus en odeur de sainteté chez vous, tout est possible, dites-le-moi, et j’irai voir chez dache si j’y suis…
Sinon ma parano d’écrivaillon.
lundi 21 juillet
Donner des coups de pied dans une petite boîte en fer, pas obligatoirement sur une voix de chemin de fer, et se dire « dans ma vie y a rien à faire », c’est, primo, déplacer la pierre par transfert d’énergie et, deuzio, comme chanter pour ne pas dire grande chose.
Il en est d’une tout autre infernalité (enfer) et pas de moindre conséquence que de donner des coups de gueule (pas eu le temps pour les gifles, coups de poing ou pied), de donner des contraintes (stress), de donner des imprécations donc, dans la pseu-figure d’un enfant, qui était joli au demeurant mais qui est mort à présent, c’est écrit : Je suis mort. Ce qui est écrit est écrit et pourquoi ne pas le croire, même qu’il a froid maintenant, le pauvre gosse, et que de là où il est, pour bouger des objets, si l’envie lui en prend, il lui faudra plus d’une éternité pour apprendre à les manipuler avec son seul esprit, mais, bref, c’est pas le sujet… ou dans la vraie figure d’un G’s qui se déplace et en son blog et en celui d’un autre (et toujours bien vivant, G’s, donc et Dieu merci) avec l’énergie de son propre métabolisme pour s’enfuir, y revenir encore, et jouer ou mordre selon la signification et la valeur qu’il confère à ce signal (sic) dans le contexte de la relation en cours avec les commentateurs des ELS.
Autrement dit, le coup de pied dans la gueule d’un brave et honnête homme, ou femme au net ou honnête, et pourquoi ne pas le croire (prendre son pied est fait pour ça), est un segment de comportement qui communique une information à celui qui reçoit et qui y répond par un autre segment de comportement qui a valeur de communication dans une séquence d’actions réciproques ou d’interactions entre l’envoyeur et le receveur – ouf, je l’ai formulé (pas facile à lire), entre les uns et les unes, entre nous quoi…
L’insistance dans l’imprécation où le nous se fait sentir, omniprésence de la tentation : « Tu la veux, ma main sur ta gueule… Tu le veux, mon coup de pied à ton cul, hein, tu la veux, ou tu le veux pas… »
T’inquiète, va, Za et Ni Ni en feront pas une méningite…
mercredi 16 juillet
C’est l’été de juillet.
Il pleut.
Des milliards d’atomes de pluie tombent dans le jour démocrite du rien, tandis que sans parapluie les familles vacancières de juillet s’emparent des trains en marche.
J’y reviendrai tout à l’heure…
… Ça pousse de travers. Ça pousse de travers et avec excès d’images. Avec luxuriance d’images. Ça pousse, cet effet Aveillan. Ça pulsionne. Pur et dur. Ça pousse comme Énoch en son œil et sa tombe. Je vous dis. Pulsion des Béhémoth comme autant de forêts en cercueils. Béhémoth, ce gâcheur de l’arbre. Il n’y aura plus progénitures au ventre. Je vous dis. Au ventre de nos larmoyantes mères. Merci Santa Maria, prie Ingrid, de m’avoir sauvé, priez pour moi, Maria, priez pour eux. Apprenez-leur, ô ma Mère, à savoir ce qu’ils font. Pulsion. Je vous dis. Poussée de travers. Conséquence d’une position d’échiquier à faire se désespérer, à s’y noyer, longtemps, à mourir en land-clip Aveillan, et à jamais, et à toujours, et à n’y pouvoir remonter. Ça débauche d’ornements. Ça fait fosse en son écrin du sens.
Tout est là. Je vous dis. S’admire. Tout est là. Ça vilipende. Et méchamment. Art des tables. Propos décousus de fils noirs. Toilettes en or. Magnificence. Somptueux des corps et décors. Tout est là, et là, le Père n’existe pas. Pas plus de valeur que de beurre en broches éternelles. Pas plus de bien qui impose de l’extérieur dans une évidence intangible. Tout est permis. Rien ne s’oppose. Rien. On se dépense énorme. On se dépasse en sa stricte nécessité. Ébloui. On est à l’aise infiniment quand on est quelqu’un d’autre. L’existence avant l’essence, en chantant, en musique, en infernalissime clip Aveillan-Farmer. Dieu n’est pas là. Aucun divin. Aucune intention. Aucune transcendance.
Seul un spectre est là, je vous dis, qui circule, est, erre, mage et magique, chanteuse ou chanteur en fantôme qui tue, et qui ne te le dit pas. Rien ne se passe à l’intérieur de ton neurothéologique cerveau, sinon le clip, musique-image, comme dans le moment privilégié de ta prière, la tienne, et particulièrement quand, croyant, tu as l’impression d’entrer en contact avec ta Mère qui est aux cieux… La frontière, autour de toi, se dissolve ; tu te sens profondément relié à tout ; tu ressens un sentiment de communion, une paix, une ouverture, une sensation d’être ; tantôt centré dans le silence absolu, tantôt rempli par la présence de Dieu, comme s’il infiltrait tout ton être… Ce n’est pas Dieu, c’est Aveillan-Farmer qui détermine ce que tu dois être et qui te pousse de travers à acheter pour ton frère le riche Clip… Si demain il y a pour toi…
Vos pères n’existent pas. Vous êtes sans essence. Vous n’avez pas de nature. Aucun siège dans aucun ciel intelligible. Vous n’avez pas à réaliser votre nature. Vous n’avez pas de nature humaine. Regarde le clip et ne parle pas. Ton existence précède ton essence. Ne bigle que le Clip et ne sois que ce que le Clip te fait. Existe et paye le Clip d’abord et définis-toi après.
Tous tes actes poussent de travers et te délaissent énormément. Il pleut. Des milliards d’atomes de pluie tombaient dans le jour démocrite du rien, tandis que sans parapluie les familles vacancières de juillet s’emparaient des trains en marche. Je les imaginais monter. Je n’en voyais aucune descendre.
Ils prenait le train en marche, je voyais distinctement leurs mains d’espérance s’accrocher aux portières des wagons-lits.
En août, qui dira si encore des trains. Si encore des mains.
Il pleut. Seul dans ma chambre, je suis seul, mais propice à la rencontre, quand le souffle de Allan dévie, me souffle… Kardek… Qu’il n’est de prise que sous la surprise.
Allan est là. Allan messager. Dans ma chambre, Allan me souffle, comme est paisible son vent de l’esprit, me souffle qu’il faut écrire. Écrire pour les yeux de l’enfant qui connut le marbre noir, sans nom. Comme à l’ombre, longtemps, écrire pour l’enfant qui peut lire maintenant, déplacé des autres, qui sait lire.
Allan. L’encre prend les mots comme caille le lait. Allan. Prévenir l’enfant, écrire que tout effet a une cause. Tout effet intelligent a une cause intelligente. La puissance de la cause intelligente est en raison de la grandeur de l’effet.
Allan. Est-ce un malheur que le monde est plein d’os. S’il y a de l’os, il y a ossuaire, et s’il y a ossuaire, il n’y a pas vide. Il n’y a pas rien. Allan. Est-ce bien dire que faire ce petit mot-là ? À la toise, j’ai un mètre soixante-seize, ce n’est pas si grand, et s’il n’y a pas prise, de ce petit mot-là, d’une certaine manière, ça me réjouit, je ne demeure pas dans l’obscur, pas dans la fumée, pas encastré dans l’imaginaire d’une pacotille. Bel et bien, écrire, et répondre, Allan, des ballons.
Des ballons catholiques, oui, Allan, catholique, mais pour faire apercevoir que beaucoup d’autres ne sont pas très catholiques. Je suis trop simple en mon réceptacle petit esprit, alors, Allan, le cœur. Allan, mon messager. Il n’est de prise que sous la surprise. Le cœur peut se convertir ou il peut ne pas se convertir, il n’en reste pas moins vrai, comme pour tous les cœurs, au choix décisif, à l’heure de la mort, que plus l’orgueil et l’égoïsme sont importants, plus la conversion est difficile.
Beaucoup, après avoir été abreuvés pendant des années du vide spirituel, du
rien,
reconnaissent n’avoir aimé qu’eux-mêmes en recherchant les joies sensibles. Ils le reconnaîtront devant le Christ et devant tous les saints. Ils comprendront la gravité de l’égoïsme qui se déguise en amour, tout en rejetant l’époux qui lasse, les parents âgés qui meurent seuls, les enfants malvenus. Ils comprendront à la vue du Christ ce qu’est le vrai amour et seront prêts à prendre tout le temps qu’il faut pour se purifier. La Vierge Marie, Maria en Colombie, est appropriée et Madame Ingrid est en phase.
Jeanne, en Luc, n’est pas en phase… Il faut réfléchir.

Commentaires
1. Le samedi 20 mars 2010 par Arkanziella
2. Le dimanche 21 mars 2010 par Deville
3. Le mardi 23 mars 2010 par Alain Baudemont
4. Le mercredi 24 mars 2010 par Arkanziella
5. Le jeudi 25 mars 2010 par Alain Baudemont
6. Le jeudi 25 mars 2010 par Alain Baudemont
7. Le jeudi 25 mars 2010 par jcm
8. Le jeudi 25 mars 2010 par Deville
9. Le vendredi 26 mars 2010 par IriSerpentinVérabambellePando alias Arkanziella etc.
10. Le vendredi 26 mars 2010 par Arkanziella
11. Le vendredi 26 mars 2010 par Alain Baudemont
12. Le samedi 27 mars 2010 par Alain Baudemont
Ajouter un commentaire