La rétropublication est un principe mis en œuvre par les Éditions Léo Scheer depuis deux ans. Elle permet à des auteurs de mettre en ligne leurs manuscrits bruts sur une plateforme où ils peuvent être téléchargés gratuitement par des lecteurs qui ont ainsi la possibilité de les lire, de les commenter, de les évaluer et, au-delà, de découvrir les diverses nouvelles formes d’écriture apparues dans l’Internet. Ces lecteurs sont aussi bien des professionnels qui décident parfois de les publier dans le circuit traditionnel du livre, de les rétropublier.
Ces deux approches sont symétriques et a priori opposées dans la mesure où la première rompt avec le système de la librairie alors que la seconde fait revenir vers la librairie des textes qui vivent en dehors d’elle. Elles ont en commun un rapprochement entre auteur et lecteur qui permet l’apparition de nouvelles communautés autour du livre, lesquelles peuvent devenir le support de son avenir.

Ce numéro les réunit, en donnant la parole à Marc-Édouard Nabe, qui explique en détail les raisons et les conditions de la rupture fondatrice à l’origine de l’auto-édition de son nouveau roman, L’Homme qui arrêta d’écrire, et en rétropubliant un choix de certains des textes apparus sur la plateforme M@nuscrits, comme La Revue littéraire l’avait fait il y a un an, au moment où naissait la collection « M@nuscrits », qui compte désormais huit titres.

Léo Scheer & Florent Georgesco