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jeudi 31 janvier 2008

387. journalisme littéraire & "Blogosphère".(5) "L'effet papillon".

Ma modeste contribution à la réflexion:

Lors de sa conférence de 1972, le météorologue Lorenz critique l'interprétation causale de la célèbre "métaphore" avec deux arguments :

1) Si un seul battement d'ailes d'un papillon peut avoir pour effet le déclenchement d'une tornade, alors, il en va ainsi également de tous les battements précédents et subséquents de ses ailes, comme de ceux de millions d'autres papillons, pour ne pas mentionner les activités d'innombrables créatures plus puissantes, en particulier de notre propre espèce.

2) Si le battement d'ailes d'un papillon peut déclencher une tornade, il peut aussi l'empêcher.

Si Kerviel est un "effet papillon" la question est de savoir de quelle nature est la "tornade" qui lui correspond.

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mercredi 30 janvier 2008

383. Journalisme littéraire & "Blogosphère".(3)

Voici, développés par Martingrall dans son dernier commentaire, des éléments pour le futur billet littéraire.

"La vérité sur la Vénérable Société Vénale. Hier, j'ai eu la chance de discuter avec un de mes anciens collègues de la Société vénale qui est "trader exo". (le trading exotique est une forme de trading qui prend des positions spéculatives sur la volatilité ou sur la corrélation des marchés financiers ...) Toujours est-il que cet ami a pu m'apporter quelques précisions "inside" sur les derniers évènements de la socven et du sieur Chervielle.

Le trader en question, Jérôme Chervieille, a réussi son coup à partir d'un procédé simple qui consistait à créer dans le système interne de la Société vénale de fausses contreparties, autrement dit de faux clients. Le système en question s'appelle Ness, c'est le système central du département dérivés actions dans lequel l'ensemble des "deals" sont "bookés". C'est forcément un système très sensible, très contrôlé par différents middle & back offices. Problème, Jérôme Chervieille était issu de ces départements et il a sans doute gardé des mots de passe lui donnant des accès privilégiés au système Eliot (j'ai moi-même gardé en tête des codes front de la maîtrise d'ouvrage donnant accès à pas mal de données...Chacun vous dira que ma mémoire est infaillible je le dois à ma mie, duocÅ“ur avant l’heure) A partir de là, il était facile pour lui de traiter sur les marchés en prenant des positions au nom de la Société vénale, des positions, bien sûr, totalement fictives car sans contreparties....Et là ça coince. La balance trébuche, le fléau penche et le blé s’esquive en 4 milliards 900 000 millions de grains. Quand à la farine. Heureusement c’est temps de Carnaval et de faces de carême. Tiens donc. Et l’hostie ! Heureusement SÅ“ur Marie m’apprit à les réaliser. Et les vendre. Mais.

Suivant le temps qui passe, est venu le temps de la crise, les 15, 16, 17 & 18 janvier, les marchés financiers ont énormément baissé, la position "longue", c'est à dire "acheteuse" a fait perdre énormément d'argent à ce Jérôme qui s'est retrouvé acculé. Il lui est devenu impossible de masquer ses opérations hip hop en cause du système d'appels de marge des marchés organisés. (à ce niveau, demeure un point obscur, a-t-il traité "OTC" ces futures offres ou a-t-il traité "listé"...désolé pour ce jargon mais, c'est pas très clair. Pépin, le vendredi 18 janvier, les middles offices chargés du contrôle ont finalement découvert la fraude. Pendant tout le week-end, c'est le branle-bas de combat, le Jérôme est "séquestré" à la banque. On arrive finalement à lui faire cracher le morceau. Ha la vanité du bourreau, il en traîne toujours un ou deux à la vénérable société, surtout le dimanche. En début de semaine, les plus hauts responsables de la banque & de la partie dérivés actions se chargent de déboucler cette position énorme accumulée depuis plusieurs semaines, de l'ordre de 50 milliards d'€ sur des futures Eurostoxx50. C'est tellement énorme que ça déséquilibre le marché qui prend conscience sans doute qu'un truc ne tourne pas rond à la SV. De là, les spéculations à la baisse sur le titre. Et là, sœur Marie me dit sans aucune fioriture, ni embellissement. Il y a un os. Comment pouvaient-ils savoir, eux alors que moi j’ai perdu toutes mes billes. Et à 20 centimes l’hostie, il va falloir que je m’en refasse un autre de trader mais un verrouillé celui-là.

Bref... c'est aujourd'hui que l'ensemble des salariés de la Vénérable Société Vénale découvre l'ampleur des maux. Tous leurs mots de passe n’étaient plus leurs logins. Et surtout que tous les bas salaires n’ont pas le même bas. Plusieurs années de travail réduites à néant. C-M, fringante quarantaine et néanmoins emblématique responsable de l'activité dérivés actions, fait un discours ce matin dans la salle de marché dérivés actions. Ah ! Enfin quelque chose de normal. Il parle de Jérôme Chervieille, un trader dont on aurait du se méfier car il n'avait pas pris de vacances depuis 2 ans. Il ne peut terminer son discours car sa gorge est serrée, il est sur le point de tomber en sanglots. Plusieurs centaines de journalistes sont en bas des deux tours de la Défense. "Impossible de fumer une clope en bas"...

Que penser de tout ça ? Contrairement à ce qu'affirme Elie Cohen dans le Figaro, aussi irréel que cela puisse paraître, cette histoire est tout à fait réelle. Je ne pense pas que ce soit une histoire inventée de toutes pièces par le management Chaton pour masquer des pertes liées aux subprimes. Mais! Par contre, il est clair que la responsabilité des managers est posée. Et notamment celle de C M qui pour l'instant a réussi à sauver sa peau. Ce centralien a fait fortune à la Société Générale durant les années fastes en développant un leader mondial sur les marchés de dérivés actions. Malheureusement un géant aux pieds d'argile puisque par l'action d'un seul homme plusieurs années de profits sont effacées. Ne fallait-il pas renforcer les middles offices risques avant d'envisager toujours plus de croissance ?... Une vraie question de stratégie, pour le salarié le mieux payé de France, Figaro himself, Membre du comité exécutif, il aura perçu au titre de 2005 une rémunération globale de 11,28 millions d'euros, dont 2,11 millions de fixe. Ha ces bas salaire dans la banque. Et à 20 000 euros mois Sarko fait balayeur. Faut dire que le président chaton, tout aussi irresponsable et fonctionnaire que not Président de l’Elysée à nous, lui ne gagne que 3 millions cinq par an hors stock options Et leur Claude Guéan à eux à la Société Vénérablement Vénale il palpe, le M-L, directeur général délégué Calyon France (groupe Société générale), un fixe de 600 000 euros, et un bonus garanti de 3,4 millions d'euros que pour l’année 2005. Mais. Nous en étions à regarder de plus près la particularité de la corne d’abondance, du calice et du graal.

Donc reprenons."

mardi 29 janvier 2008

381. M.O.E.P.F.W. (12)

Nous continuons à suivre notre "Goncourt" dans ses pérégrinations planétaires. Je ne résiste pas au plaisir de mettre en ligne son dernier message. J'espère qu'il ne m'en tiendra pas rigueur.

"Cher Léo,

je t'écris de l'hôtel Talisman au Caire (où l'Ambassade de France me loge, j'aurais préféré l'Oberoi Mena House mais c'est complet).

Le Caire est la première ville qui me désarçonne. Les embouteillages y sont des chefs-d'oeuvre.

A propos de ma garde-robe: je retrouve le ticket du Pressing de la Madeleine, 12 rue de l'Arcade, 75008 Paris, téléphone 01 42 65 30 11. Accueilli par Valérie. Nombre de pièces: 16. (dont 7 tee-shirts). Numéro 45910 le 16/10/07 à 18h42...

Peux-tu sauver mes tee-shirts et les mettre dans ton coffre?

Comme prévisible, quelques phrases osées de "Trois jours chez ma mère" ont été "censurées" en arabe, malgré lui, m'a confié mon traducteur, qui se trouve être le directeur à Paris de l'Institut du Monde arabe.

Le Café Riche au Caire est fermé. Il rouvrira dans dix jours, inch'Allah. Ils annoncent que ça rouvrira dans dix jours depuis deux ans. J'ai quand même pu rentrer pour regarder. Naguib Mahfouz en avait fait son Q.G.

J'ai dîné au bord du Nil et mangé du poisson grillé pêché dans la Mer rouge.

Henri de Monfreid

lundi 28 janvier 2008

380. Journalisme littéraire & "Blogosphère".(2)

Tandis que nos scaphandriers des profondeurs blogosphériques se perdent en imprécations et invectives à propos des rapports entre la verticalité catholique et l'horizontalité du capital, je viens de voir enfin les prémices de la réalisation de mon intuition telle que j'aurais espéré la voir se concrétiser sur ce blog à propos de Kerviel. Cela vient de se passer sur France 3, dans l'émission de Taddéï, "Ce soir ou jamais".

Tandis que des centaines de journalistes dans le monde essaient de comprendre et d'expliquer, sans y parvenir, ce qui s'est passé à la Société Générale, je viens de voir et d'entendre un écrivain, un excellent écrivain (nous lui avons décerné le Prix Fémina "B" pour Cendrillon), Éric Reinhardt venir expliquer que, lui, non seulement avait compris ce qui s'était passé dans la tête de Jérôme Kerviel, mais qu'il l'avait écrit dans son livre, un an plus tôt, et qu'il suffisait de lire ce qui arrivait à Laurent Dahl, son personnage de Cendrillon pour comprendre ce qui avait pu passer par la tête de Jérôme Kerviel. Si Éric Reinhardt lit, comme je sais qu'il le fait de temps en temps, ce blog, peut-être aura-t-il, lui, envie d'écrire ce billet de journalisme littéraire que j'attends avec impatience.

379. BBC News sur la vente de livres en ligne.

"Books 'most popular online buy"

More books are sold on the internet than any other product and the number is increasing, research suggests.

Polling company Nielsen Online surveyed 26,312 people in 48 countries. 41% of internet users had bought books online, it said.

This compares with two years ago when 34% of internet users had done so.

The company said much of the increase was in emerging markets, such as South Korea and India, with British consumers in 10th place.

Nielsen says more than eight out of ten internet users purchased something in the last three months. That is a 40% increase on two years ago, to about 875 million shoppers.

GLOBAL BOOK BUYERS 1. South Korea - 58% 2. Germany - 55% 3. Austria - 54% 4. Vietnam - 54% 5. Brazil - 51% 6. Egypt - 49% 7. China - 48% 8. India - 46% 9. Taiwan - 45% 10. UK - 45% Percentage of internet users buying books online. Source: Nielsen

The largest percentage of people buying books in any country was South Korea at 58%. Nielsen estimated that equated to 18m people.

In the US, 57.5m customers were estimated to have bought books. But that only equated to 38% of internet users.

In the UK it was calculated to be 14.5m people, or 45% of those online."

L'article ne dit rien sur les ventes en France.

376. Journalisme littéraire & "Blogosphère".

La publication de la revue XXI réactive la question du rapport entre journalisme et littérature. La blogosphère littéraire ne peut être indifférente à cette question. Je reprends ici une amorce de discussion sur ce sujet prenant prétexte de l' "affaire Kerviel", née dans les commentaires du billet # 366. "Comme ça, en passant, Stalker de rien". (Vaste Blogue) du mercredi 23 janvier 2008.

  • Stalker : "Léo : faudrait que vous pensiez, comme Stubborn vient d'ailleurs de m'y faire penser, à me rétribuer au nombre de commentaires par note, un jour ou l'autre, hein, tout de même !"(27.01)
  • léo : "je serais disposé à vous "rétribuer" (modestement, mais il faut un début à tout) non pas sur le nombre de commentaires, mais sur un sujet défini par moi. Par exemple, si vous êtes en mesure d'écrire un billet dans votre style sur Jérôme Kerviel, je suis preneur."(27.01)
  • Stalker : "Kerviel ? Ah non, pas moi, désolé, il faudrait un Hawthorne (Wakefield) ou un Dostoïevski pour cela, écrire l'histoire d'un homme absolument banal dans une société (à tous les sens du terme) absolument médiocre... Une âme grise et son oeuvre au gris en somme... Beau sujet."(27.01)
  • ferraille : "Pour l’heure, Kerviel n’est pas à lui seul un sujet digne d’intérêt : prenons garde aux fumigènes ; le vrai sujet, c’est, tout ensemble, comment fonctionnent la Banque et le marché, comment se rétribuent les banquiers, comment fonctionne le Comité exécutif de la Société générale, voire, ce qui se passe dans la tête du CEO (c’est-à-dire le président-directeur général), Bouton (un énarque, passé par le ministère des finances, Chevalier de l’Ordre de la Légion d’Honneur, Officier de l’Ordre National du Mérite, Inspecteur Général des Finances, une huile peu commune). Daniel Bouton, l’homme qui n’a pas démissionné : car tout vient du petit courtier. Ce qui doit absolument attirer l’attention, c’est l’extravagant déversement d’argent dont profitent, à tous les échelons, ces financiers. Notez : Kerviel gagnait moins de 100 000 euros par an, et il était dans le bas du panier. Un Rmiste célibataire et sans enfant touche moins de 6 000 euros par an. À tous points de vue, Kerviel n’est donc pas le sujet ; le vrai sujet, c’est de savoir comment l’argent se fabrique, se prête et se vole."(27.01)
  • léo : "Vous avez raison et il y a sans doute bien d'autres fils à tirer dans cette histoire, mais j'aimais bien l'idée de l'aborder avec "style" dans une approche "symptomatologique", je trouvais que l'affaire de ce "bouc-émissaire" s'y prêtait."(27.01)
  • ferraille : "Kerviel serait un homo sacer du dérèglement financier ? En arrière-plan, la machinerie du marché, son ébranlement aux dimensions cosmiques, comme cent mille convois ferroviaires de fret traversant les continents, cent mille porte-conteneurs sillonnant en tous sens l’océan. Le dernier filet d’humanité pénétrant le filtre à particules humaines du grand capital dématérialisé, l’erreur humaine infiltrée, en tapinois, dans l’immense phagocytage financier des ressources de la planète, ses robots, ses calculateurs, ses salles de marché informatisées, ses algorithmes, le magma de cette digestion. Ce serait lui et lui seul, solitaire Spartacus, qui aurait saboté les connections du programme. Ou bien un autre Winston Smith, pris dans l’emballement vertigineux des tripotages et tripatouillages bancaires d’un Big Brother toujours plus évanescent. Un rebelle, qui aurait soustrait à la scrutation électronique des censeurs du télécran mondial de toutes les Bourses interconnectées les actions décisives de sa rébellion. Un fou, un despérado, un terroriste, un résistant. N’importe quel idiot. Un Suicide Trader. Mais l’on se demandera aussi qui a bien pu, de cette effusion de valeur, recueillir, sur les marchés, l’épanchement inespéré ?"(28.01)
  • léo : "Oui, bien sûr, mais aussi un spécialiste des systèmes de sécurité."(28.01)
  • ferraille : "Comme un pompier pyromane, un policier ripou, ce serait un spécialiste des systèmes de sécurité qui en serait le plus grand ennemi ?"(28.01)
  • Stalker : "Ah, je rigole toujours quand je vois un apprenti poète évoquer la finance ! Nous voici donc dans Matrix ! Tsss, c'est tout de même légèrement plus simple et... infiniment compliqué. Allons allons : sur l'argent ayant revêtu les atours jusqu'alors propriétés de Dieu, je vous conseille de lire Bloy voyons... Et puis Cendrars qui a tout dit en deux vers libres que je cite de mémoire, extraits du magnifique Les Pâques à New York : "Seigneur, la banque illuminée est comme un coffre-fort où s'est coagulé le sang de votre mort." CQFD, pas besoin de lyrisme inutile."(28.01)
  • ferraille : "Je ne suis pas un apprenti. Je suis un maître. Le lyrisme n'a jamais eu aucune utilité. Le mot "inutile" est donc inutile. Mais vous venez vous-même de la finance, je crois?"(28.01)
  • léo : " ça commence à prendre tournure. Je reprends en billet cette amorce."(28.01)

vendredi 25 janvier 2008

364. Fresh Théorie sur le site des E.L.S.

Voici quelques unes des "icônes" qui apparaissent dans la nouvelle rubrique de notre site dédiée à FRESH THÉORIE. Lorsque nous avions commencé à y réfléchir avec Mark Alizart il y a quatre ou cinq ans, nous avions envie de publier un "annuaire" à la manière des universités américaines qui aurait présenté les membres du groupe. Finalement, c'est un peu ce que nous allons pouvoir développer sur ce site, mais avec, en plus, les prolongements que permet l'internet. Ainsi, sur la page d'accueil, vous trouverez les trois livres collectifs déjà publiés, avec une fiche détaillée présentant tous les intervenants pour chaque numéro. Un écran permettant de visionner en particulier les séance de "Lundi, c'est Théorie" à l'Espace Paul Ricard et un "damier" d' "icônes" qui ouvre un "Annuaire-Blog" où chaque billet reprend la présentation des "Fresh" et permet, dans l'espace des commentaires, de dialoguer avec eux. Nous l'avons réalisé avec Tony Lesterlin et Florent Souillot en utilisant les quelques informations disponibles sur le net. Il faudra désormais faire évoluer cet "Annuaire-Blog" pour le rendre vivant.

mercredi 23 janvier 2008

366. "Comme ça, en passant, Stalker de rien". (Vaste Blogue)

J'ai supprimé le très long billet que j'avais reproduit ici. J'ai été convaincu par les commentaires ci dessous. C'est un avantage appréciable de l'édition en ligne, par rapport à l'édition-papier, de pouvoir procéder ainsi.

Les suites de ce débat, chez Ygor Yanka, aujourd'hui 27 janvier 2008.

365. Le choix d'Anne-Lise MAZET de la Librairie CHRYSALIDE à Angers

Le choix des libraires com

"Choix de Anne-Lise Mazet de la librairie CHRYSALIDE à Angers.

C'est pas facile de faire des confidences... encore moins à Dieu... et encore moins sans doute à Allah quand on est une femme ! Jbara s'en moque, elle Lui parle sans ambages, sans pudeur, puisque de toutes façons Il voit tout. Tout de sa vie, de ses errances, ses erreurs...Mais au moins, elle a appris et compris que chacun est Responsable de sa vie, et elle le crie «Au lieu de se bouger, ils (les gens) attendent que Tu te bouges, Toi.» Elle, elle n'a pas attendu, elle a empoigné la vie, Sa Vie, et sans nier le «pernicieux», elle nous livre ce qu'elle a gardé de plus précieux...

Merci, Saphia Azzeddine, pour ce puissant témoignage !"

Lechoixdeslibraires.com permet de découvrir les coups de cÅ“ur des libraires, d'entendre les écrivains parler des livres, ainsi que des librairies, au micro de Patricia Martin sur France Inter. Les « Lettres à mon libraire », sont rédigées par les auteurs à l’attention de leur libraire. Des comédiens proposent également de courtes lectures.

mardi 22 janvier 2008

362. À paraître : Delphine Vallette : "Les hommes préfèrent les monstres".

La presse a commencé à en parler, à sa manière. Afin d'accompagner le billet N° 357 de Mathieu Térence, son éditeur, je publie ici en ligne la présentation qui a été transmise aux représentants et aux journalistes du livre de Delphine Vallette : "Les femmes préfèrent les monstres." Melville. 207 pages 15 euros. Qui sera en librairie le 3 mars 2008.

Voici la confession de la femme qui aimait les hommes. En neuf chapitres et autant de portraits, la narratrice de ce roman plein d’humour évoque par le menu sa vie d’amoureuse, de l’enfance à l’âge adulte. De son père au fils de son nouveau compagnon, en passant par son « ex », par le meilleur ami de son mari, par son copain chirurgien esthétique et par son gynécologue, elle dresse un état des lieux cocasse, touchant et un peu "vachard" de ceux avec qui, elle le concède, les rapports sont toujours faussés. En filigrane, se dessine le visage d’une jeune femme d’aujourd’hui qui finit par s’avouer que c’est, malgré tout, vers les hommes qui lui en font voir de toutes les couleurs que son cÅ“ur penche toujours.

L’AUTEUR : Delphine Vallette vit à Paris. Elle a une fille de 8 ans. Diplômée de l’École d’art de Cergy-Pontoise, elle est maquettiste aux P.U.F. Elle est aussi l’auteur d’albums pour la jeunesse aux éditions Toucan, notamment la série des « Praline ».

dimanche 20 janvier 2008

355. Asterix III (aux Jeux Olympiques).

En tant qu'éditeur d'"Autoportrait" de Claude Berri, il m'était difficile de ne pas situer le film produit et réalisé par son fils Thomas Langmann : "Asterix aux Jeux Olympiques". Aucun critique de cinéma n'ayant pris la peine de rappeler les racines de cette oeuvre dans la littérature latine je me permets de le faire ici.

"Tu quoque, mi fili !", qui sert de fil directeur au récit de ces multiples tentatives d'assassinat de César (Alain Delon, magistral) par son fils Brutus (Poelevoord, génial) qui, bien sûr, échouent lamentablement tout au long du film, semble issue de la biographie de César contenue dans le De viris illustribus urbis Romæ a Romulo ad Augustum (Des hommes illustres de Rome, de Romulus à Auguste) publié en 1779 par l'abbé Lhomond : « Quum Marcum Brutum, quem loco filii habebat, in se irruentem vidisset, dixit : “Tu quoque fili mi !â€? » (« Quand il vit Marcus Brutus, qu'il traitait comme son fils, se précipiter sur lui, il dit : “Toi aussi, mon fils !â€?

L'abbé Lhomond s'inspire de la mort de César rapportée par Suétone (Vie de César, LXXXII, 3) : « Atque ita tribus et uiginti plagis confossus est uno modo ad primum ictum gemitu sine uoce edito, etsi tradiderunt quidam Marco Bruto irruenti dixisse : καὶ σὺ τέκνον. » (« Il fut ainsi percé de vingt-trois coups : au premier seulement, il poussa un gémissement, sans dire une parole. Toutefois, quelques écrivains rapportent que, voyant s'avancer contre lui Marcus Brutus, il dit en grec : “Toi aussi, mon fils!â€? ».

Après Suétone, le fait est rapporté par Dion Cassius (155 - 229 ap. J.-C.) : « Î¤Î±á¿¦Ï„α μὲν Ï„á¼?ληϑέστατα • ἢδη δέ τινες ϰαὶ á¼?ϰεῖνο εἶπον, ὃτι πϱὸς τὸν Βϱοῦτον ἰσχυϱῶς πατάξαντα ἔφη • καὶ σὺ τέκνον; » C'est la version la plus probable. C'est alors que Brutus lui portait un coup particulièrement violent, que César lui aurait dit : "Toi aussi, mon fils !"

Ce film, par sa cohérence narrative, est l'hommage d'un fils talentueux à l'univers impitoyable du "cinéma de papa". Nous attendons impatiemment de découvrir dans "Autoportrait II" ce qu'en écrira Claudius César Berri.

samedi 19 janvier 2008

354. La Revue Littéraire N° 33 est arrivée.

Le N°33 de La Revue Littéraire vient de revenir de l'imprimerie Laballery (58500 Clamecy). Vous pouvez le commander auprès de votre libraire. Vous pouvez également nous le commander ici en cliquant sur : "Pour recevoir La Revue Littéraire" sur la page d'accueil du site de la maison d'édition,

en remplissant le mél avec votre nom et votre adresse postale,

en précisant que vous souhaitez recevoir le N°33 au prix de 15 euros.

Vous pouvez enfin vous abonner (vous recevrez le N°33) dans les conditions suivante :

1 an / 4 numéros : 55 euros

Pour l’étranger, 1 an: 70 euros

2 ans / 8 numéros : 100 euros

Pour l’étranger, 2 ans : 130 euros

Un numéro : 15 euros.

(chèque à l’ordre des Éditions Léo Scheer)

22 rue de L'Arcade. 75008 Paris.

Tel : 01 42 66 13 89

jeudi 17 janvier 2008

351. Le Sarkozysme est-il une monarchie ? Entretien exclusif de Patrick Rambaud avec Florent Georgesco sur Nicolas Ier pour La Revue Littéraire N°33.

Cela commence avec une question relativement anodine de Laurent Joffrin, lors de la conférence de presse du 8 janvier, sur le style monarchique du Président. Une réponse un peu condescendante, qui fait semblant d'oublier qu'une monarchie peut être élective. Un droit de suite du journaliste rendu impossible puisqu'on lui a enlevé son micro. Et c'est l'étincelle. Aujourd'hui, la question s'affiche à la "Une" du Point : Le sarkozysme est-il une monarchie ? Page 35, en exclusivité, les bonnes feuilles du prochain livre de Patrick Rambaud chez Grasset "Chroniques du règne de Nicolas Ier". On savait, depuis La Bataille que ce brillant écrivain pouvait prendre le relais des romanciers du XIXe, cette fois, c'est Saint Simon qu'il enfourche pour réaliser une chronique de la nouvelle "cour", à la manière d'André Ribaud dans le Canard enchaîné sous le règne de de Gaulle.

Florent Georgesco a réalisé un entretien exclusif à propos de ce livre qui paraîtra dans le N°33 de La Revue Littéraire, je reproduis ici le début.

Lundi 21 janvier (date symbolique), sera lancé le nouveau site de "La Couronne" (sur lequel notre cher Tony travaille dur et dont nous diffusons sur leoscheerTV la video du dîner inaugural) et en avril, paraîtra, sous le même titre une nouvelle revue de réflexion, d'histoire et de littérature sur cette question de la monarchie.

Patrick Rambaud

OFFENSES AU CHEF DE L’ÉTAT

Entretien avec Florent Georgesco

Florent Georgesco : La Chronique du règne de Nicolas Ier, que vous faites paraître ces jours-ci (Grasset), a entre autres cette particularité qu’un nom n’y apparaît jamais, celui de son personnage principal. En revanche, vous multipliez les titres, les surnoms, tous très affectueux: « Notre Bien-Aimé Monarque », « Notre Admirable Prince », « Notre Fortifiant Leader », « Notre Leader Maximum », « Notre Preste Souverain », « Notre Seigneur Adulé »...

Patrick Rambaud : C’est une chronique des six premiers mois du règne de Sarkozy, que j’ai voulue distante, vieillotte, quelque chose dans le genre de Saint-Simon. Les titres que vous avez évoqués sont un des moyens de créer cette distance. Je voulais pouvoir dire un maximum de choses sur le ton le plus léger possible. Quand Sarkozy a gagné l’élection, j’étais assez abattu, je n’avais pas le moral. Et puis un jour, chez Grasset, j’ai dit : « Il y a une chose que je pourrais faire, qui serait peut-être drôle, c’est ce que faisait André Ribaud au Canard enchaîné dans les années 60, sur de Gaulle: “La Courâ€?. »

F. G. : André Ribaud à qui le livre est dédié.

P. R. : Oui, bien sûr. Il racontait chaque semaine les péripéties du pouvoir gaullien à la manière des mémorialistes des XVIIe et XVIIIe siècles, avec un dessin de Moisan. C’était très amusant. Mes petits camarades de chez Grasset m’ont dit: « Oui oui, vas-y ! » Je me demandais s’il n’y avait pas déjà suffisamment de livres sur le président de la République, mais ils m’ont convaincu que ça pourrait détonner, et je me suis lancé.

F. G. : Je vous rassure : je n’avais encore rien lu d’aussi drôle sur Nicolas Sarkozy. On rit très souvent, avec un peu d’effarement, mais enfin on rit.

P. R. : Écoutez, j’espère. On ne s’en rend pas compte, quand on se relit, surtout au bout de la dixième lecture. Il est difficile de se faire rire soi-même. Ça ne m’est arrivé qu’une fois, quand j’ai fait ma parodie de Marguerite Duras, Virginie Q.

F. G. : C’est Marguerite Duras qui vous faisait rire...

P. R. : Je ne connais qu’une personne qui se fait rire lui-même, c’est Jean-Pierre Mocky. Quand nous travaillions ensemble, j’allais le voir le matin et je le trouvais riant tout seul devant son scénario. Il me disait: « Ã‰coutez comme c’est bête ! » C’est très rare.

F. G. : Le livre est une sorte de défoulement par le rire, de revanche ironique sur ce que notre vibrionnant leader nous fait subir. On sent en permanence, derrière l’apparente légèreté, une profonde colère.

P. R. : Je supporte mal ce personnage, je l’avoue. J’ai horreur des gens qui sont ivres d’eux-mêmes, de leur petite personne, de leur pouvoir, et finalement d’argent. Il n’y a que l’argent qui compte pour lui, tout tourne autour de ça. Le reste, c’est du toc. On solde, on brade, tout doit disparaître.

F. G. : Vous utilisez, pour qualifier tout ce qui précède l’avènement de Nicolas Ier, l’expression « ancien régime ». Sommes-nous en train de vivre une révolution ?

P. R. : Oui, c’est un autre régime, et il ressemble de moins en moins à la République. Nous sommes en train de passer à autre chose, qui n’est pas reluisant.

F. G. : Un autre mot revient souvent, c’est celui d’empereur. Le nouveau régime qui s’ouvre, cela a déjà été dit, peut faire penser, par exemple, à celui de Napoléon III, d’abord élu président avant de devenir empereur.

P. R. : Non seulement il peut faire penser à Napoléon III, mais à Napoléon Ier. J’ai écrit il y a deux ans Le Chat botté, qui décrivait l’ascension de Bonaparte – encore un garçon ivre de pouvoir ! À l’époque, des gens ont fait la comparaison. C’était bien avant l’élection.

F. G. : Mais Nicolas Ier pointait déjà sous Sarko.

P. R. : En même temps, les comparaisons historiques sont toujours fausses, on n’est jamais exactement devant le même phénomène. Mais il y a forcément, entre gens ivres de pouvoir, des points communs... Une chose qui rapproche Sarkozy de Napoléon III, c’est l’ouverture. Après son coup d’État, il a lui aussi travaillé avec des socialistes, des utopistes.

F. G. : C’était déjà « MM. les Transfuges », comme, dans votre livre, M. Kouchner, comte d’Orsay, M. Besson ou « le petit marquis de Benamou ».

P. R. : On trouve auprès de Louis-Napoléon, par exemple, les frères Pereire, qui ont inventé la banque populaire, ou le Père Enfantin, qui est à l’origine du percement du canal de Suez, des chemins de fer, de toutes ces choses. C’était des saint-simoniens, des socialistes. Il y a des points de ressemblance, mais il n’y a pas plus que ça. Il ne faut pas exagérer dans les comparaisons historiques...

La suite de l'entretien dans le N°33 de La Revue Littéraire, dans toutes les bonnes librairies le 1er février.

350. "B" : Nathalie Quintane sur "Civil" de Daniel Foucard

Un billet de Nathalie Quintane consacré à' "Civil'' de Daniel Foucard (dans la collection LaureLi, merci Laure), sur le site de Sitaudis! Je ne résiste pas au plaisir de le reprendre ici.

"Civil de Daniel Foucard Le dernier livre de Daniel Foucard se passe dans la tête d'un flic.

Il s'appelle Josh Modena, il a un nom de héros et son nom est répété sur la quatrième de couverture comme celui d'un héros de cinéma ou de série.

Rectification : le dernier livre de Daniel Foucard se passe dans la tête d'un instructeur de l'école de police et dans les têtes de candidats au métier de policier. Le dernier livre de Daniel Foucard se passe dans la Police, là où on aimerait bien, par les temps qui courent, comprendre ce qu'il y a (et pas de blague, type s'il y a quelque chose; évidemment, qu'il y a quelque chose dans la tête de la Police ! Il y a ce qu'un gars comme Josh Modena y met.)

Bienvenue au centre de formation de la Police nationale.

C'est la première phrase du livre; une phrase qui prend date, à n'en pas douter, au même titre que Longtemps je me suis levé de bonne heure. On ne dira plus Longtemps je me suis levé de bonne heure pour évoquer une époque et sa littérature, mais on dira Bienvenue au centre de formation de la Police nationale. Vous verrez.

Le lecteur attentif - et il faudra l'être, attentif, dans ce livre piégé, plus écossais qu'une douche, où l'on adhère à trois phrases pour se demander à la quatrième comment on a bien pu se laisser aller à ce point-là - notera la comptine en exergue : une histoire de fermière/qui allait au marché.

C'est - peut-être - une indication quant au discours de Modena, un discours qui oscille entre la rigueur implacable, ou au moins les signes d'une rigueur implacable, l'enchaînement convenu :

Un jeune est un civil. Il cherche un pays, des lois, des recours, des actes, des marges de manœuvre, des libertés, des marchés, des produits, des avantages.

qui part en couille au même rythme et d'un seul tenant :

La révolte, il s'en branle, l'obéissance, il s'en branle, le dialogue, il s'en branle.

et les mises au point, hilarantes tant qu'on ne s'aperçoit pas qu'on pourrait les prendre au pied de la lettre :

Putain, mais on est de gauche, ok ? On sert la gauche, on sert des intérêts de gauche, on milite pour la gauche, comme des fonctionnaires, compris ?

Ça ne s'arrange évidemment pas quand l'hyper-individualiste Modena cite l'individualiste Stirner. Les rares noms propres mentionnés semblent donner des indications en même temps qu'elles les brouillent.

Civil est l'un des livres qui en dit le plus (et le mieux) sur l'Etat de la République et l'état de sa langue : sous couvert de tirer systématiquement les conséquences de tel ou tel fait, de tel ou tel événement, la voix de l'Etat est d'une inconséquence rarement atteinte, comme si elle n'était plus réglée par rien d'autre que des lois circonstancielles prises au coup par coup et qui sont donc toujours à venir... s'appuyer sur un encore-à-faire, c'est s'appuyer sur du vide, sur un néant. La fin du livre de Foucard (que je ne peux absolument pas révéler !) est à ce titre remarquable."

Nathalie Quintane

mardi 15 janvier 2008

347. Pour Bertrand Delanoë.

Je n'en fais pas un secret, j'aime beaucoup Bertrand Delanoë et j'apprécie ce qu'il a entrepris pour Paris. Autant je me sens loin des débats électoraux nationaux, (je n'ai jamais voté), autant je trouve intéressantes les élections locales. Je pense que c'est à cause du poids qu'on accorde à la personne pour qui on vote lorsqu'on désigne un Maire et à la possibilité de se tenir ainsi un peu à l'écart des idéologies politiques auxquelles je suis devenu allergique. (ça date sans doute de ma formation au Bund dès l'âge de 8 ans et à mon passage par la Fédération Anarchiste à 13)

En plus, ce dimanche, Bertrand Delanoë a envoyé un signe important en direction de ce qui nous occupe sur ce blog en proposant la création d’une Cité des arts graphiques et une Fête des mots. En précisant que sa politique culturelle passerait par la célébration du Paris littéraire, associant les bibliothèques, les théâtres, les librairies. En annonçant que s’il était réélu, il se donnerait comme objectif de maintenir la diversité et d'aider l’implantation de commerces de proximité : «En particulier, les commerces culturels, dont les librairies, menacés dans les 5e et 6e arrondissements bénéficieront de cette intervention» (avec 63,9 millions d’euros de la SEMAEST comme moyen). Bref, je trouve que ça va dans le bon sens.

Pour ceux qui seraient surpris je voudrais ajouter ceci : je pense que nos combats se situent de plus en plus à ce niveau des municipales, là où nous pouvons agir sur les domaines qui nous intéressent. nous avons trop pris l'habitude de ne considérer que les pouvoirs nationaux ou internationaux qui "peuvent" de moins en moins (même si je trouve par exemple que la suppression de la publicité sur la télévision de service public est une très bonne idée ( je l'avais d'ailleurs défendue en 1994 dans le cadre de la Commission Campet de réforme du service public de la télévision, mais les membres de la Commission m'avaient regardé à l'époque comme un mec un peu dérangé). Je trouve que les écrivains, les créateurs, les artistes, tous ceux qui se sentent concernés par les enjeux des politiques dites "culturelles" devraient s'engager là, redevenir un vrai groupe de pression, concentrer leur capacité d'influence sur ces enjeux bien réels : les librairies, les cinémas, les théâtres, les bibliothèques, les salles de concerts, les media, l'internet etc quand je pense à ce qu'une ville comme Paris pourrait faire dans ces domaines, ça me redonnerait presque envie de refaire de la politique.

lundi 14 janvier 2008

346. Le XXI siècle va s'écrire comme un roman.

Cette phrase conclue la bande annonce de XXI (vingt et un), la nouvelle revue qui sera mise en vente le 17 janvier dans les librairies. Michaël Neuman, le responsable du "blog de 21" a mis en ligne cette vidéo de présentation qui décrit parfaitement ce nouvel objet et en situe l'ambition.

"A l'origine, (nous dit une jolie voix féminine), il y a une rencontre : un éditeur indépendant : Laurent Beccaria et un grand-reporter : Patrick de Saint-Exupéry. Ensemble, ils ont voulu le meilleur du journalisme et le meilleur de l'édition. Le résultat s'appelle XXI. 200 pages inscrites dans le réel, traversant tous les genres et rassemblant tous les talents. Chaque trimestre, XXI entraîne les lecteur à leurs côtés pour comprendre le monde."

Combien de fois, en vingt ans, ai-je entendu les meilleurs professionnels évoquer un tel projet, dont tout le monde sait qu'il est ce qui nous manque aujourd'hui, dans les kiosques ou dans les librairies. Combien de montages laborieux qui invariablement se terminaient avant même d'avoir commencé. Hé bien, cette fois, c'est fait, ça existe, et c'est remarquable. Vous pouvez, pour vous en convaincre, acheter ce N°1 dès le 17 janvier, vous ne risquez rien, ce sera de toutes façons un colector, ne serait-ce que pour lire l'article d'Emmanuel Carrère, (dont on nous dit qu'il fut le premier à répondre présent) génial portrait d'Édouard Limonov, délinquant juvénile en Ukraine, poète underground sous Brejnev, loser magnifique à New York, romancier un temps adoubé par Saint Germain des Prés, mercenaire en Serbie, chef de parti emprisonné sous Poutine. Et pour aller plus loin, Emmanuel vous offre une bibgliographie suggestive sur ce "dernier des possédés".

344. La revue Littéraire N° 33 bientôt en librairie.

jeudi 10 janvier 2008

334. Antoni Casas Ros et les "Nouveaux blessés".

Reprenant le très aimable commentaire de Ron : "Ce blog est franchement incroyable car il humanise l'édition" je me dis qu'il peut y être intéressant de suivre ce qui trotte dans ma tête d'éditeur et peut finalement aboutir à la publication. J'avais, par exemple, commencé ici l'analyse du dernier livre de Catherine Malabou : Les Nouveaux blessés dont j'ai terminé la lecture à Venise et qui va se prolonger par un livre que je publierai bientôt dans Variations sur la "plasticité destructrice" développant le thème de la "disparition" de l'auteur dans le processus d'écriture littéraire. J'essayais d'approfondir ce sujet lorsque je découvre Antoni Casas Ros qui, dans "Le Théorème d'Almodovar" me semble le rejoindre parfaitement cette ligne de réflexion. Je viens de découvrir qu'il écrit des nouvelles qui retracent cette expérience. Je trouve cela particulièrement excitant.

Nous allons donc publier une série de nouvelles de Antoni Casas Ros dans les prochains numéros de La Revue Littéraire. J'en présente une ici (BLANCHEUR) accompagnée du texte de son interview pour Seix Barral. Dans cet entretien, l'auteur du Théorème d'Almodovar dit : "...le fait de ne pas avoir de vie sociale m’a poussé vers les grands textes autobiographiques et à me poser la question: qu’est-ce qu’une vie? Ne pouvant la trouver dans une succession de faits, j’ai été obligé de la chercher ailleurs, dans l’infime, dans le détail, dans ce que les autres ne voyaient pas. Je n’osais pas vraiment écrire, j’avais trop de révérence pour Juarroz, Saramago, Carpentier, Sabato, Lima, Bolano, Vila-Matas, Haruki Murakami, Fresán et bien d’autres mais j’avais la nécessité de faire mienne une partie du monde que je voyais. J’avais aussi le désir d’aiguiser mes sens et ma perception par le contact avec l’infime pour ne pas sombrer dans le désespoir. C’est comme ça que j’ai commencé “Muerte al romantismâ€?, une série de textes très courts que je considérais comme un carnet de croquis, un apprentissage de l’écriture mais surtout comme une manière de diriger toute ma sensibilité tournée jusqu’alors vers le désespoir vers quelque chose de plus créatif : l’écriture. Il y avait des règles précises: un évènement infime, une page, pas d’histoire ou presque. Mon premier texte par exemple est né de la fascination pour un peu de sucre renversé sur la table de verre d’un café. J’ai observé que les grains de sucre n’étaient pas ronds du tout mais avaient les formes les plus variées. Ce sont ces textes qui peu à peu m’ont recollés à la vie."

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lundi 7 janvier 2008

330. M@nuscrits phase III. Béatrice SHALIT. "

Nous recevons ce M@nuscrit, que nous mettons en ligne et qui nous permet d'initier la phase III, celle des collections et de la possibilité de commenter spécifiquement sur le texte (ce qui devrait être opérationnel demain matin).

Il est à noter que l'auteur a déjà publié plusieurs romans chez des éditeurs comme Stock, Flammarion ou Julliard.

Nom : Shalit

Prenom : Béatrice

Titre : Gina Blum, la tueuse au clair de lune

Date : 6 janvier 2008

Genre : Comédie policière

4e de couverture : Lorsque Gina Blum, avocate, est atteinte de mutisme au beau milieu d'une plaidoirie parce qu'elle a reconnu en la personne d'une des jurés la maîtresse de son mari, son moral en prend un coup. Accablée, ne pouvant plus plaider, elle renonce au barreau et projette, dans un moment d'égarement, d'assassiner son mari, tentative qui échouera à  la suite d'un évènement inopiné. Sa fille Rose l'exhorte alors à  la rejoindre au Gabon où la jeune fille fait un stage de développement durable sous la houlette d'un séduisant ingénieur forestier qui n'est peut-être pas tout à  fait aussi lisse qu'il n'y paraît. Gina accepte et, son voyage à  peine commencé, à  la faveur d'une rencontre dans l'avion avec un homme qui se fait appeler « Désiré», elle plonge dans un mystère aussi opaque que la moiteur gabonaise. Elle apprend très vite qu'une femme s'est noyée autrefois dans le fleuve Ogooué et que cette mort est sans doute un meurtre. Sa curiosité piquée, elle se transforme en détective et les deux femmes sont entraînées dans une succession d'évènements cocasses, bouleversants et souvent menaçants. On croise chez les Galard, parents de la victime, un primatologue un peu trop charmeur, un orphelin de 12 ans qui a pour seul ami un chimpanzé, des gardes du corps inquiétants et des religieuses un peu folles. Mais on s'attache autant à  Glok le chimpanzé qui peint et qui adore son jeune maître Louis qu'aux autres personnages, encombrés par leurs mensonges et leurs non-dits. C'est en plongeant dans le passé, son terrain d'investigation favori, que Gina découvrira le fin mot de l'histoire.

Presentation du texte :

Ce roman commence par une glaciale nuit d'hiver à  Paris... Gina Blum, 45 ans, en est l'héroïne. Attachante, irritante, maladroite, gaffeuse, mais pleine de sollicitude envers les autres. Et ayant le don à  la fois commode mais encombrant de savoir lire dans les pensées d'autrui. J'ai voulu cette fois écrire une comédie policière tout en poursuivant l'examen de mes thêmes favoris, sans nul doute obsessionnels, le passé, la mémoire, et les liens familiaux.

Presentation de l'auteur : Béatrice Shalit, née à  New York. Après des études en France et aux Etats-Unis, productrice et réalisatrice de télévision au Niger puis au CNDP en France. Auteur de dix romans chez Stock, Bernard Barrault, Flammarion, et Julliard. Egalement auteur de scénarios pour la télévision, pour le cinéma et de pièces radiophoniques.

dimanche 6 janvier 2008

328. Confidences à Allah. Saphia Azzeddine

Le premier roman de Saphia Azzeddine : "Confidences à Allah", ayant commencé à susciter, à partir de sa lecture d'un extrait, de nombreux commentaires dans la blogosphère, et l'auteur acceptant de dialoguer ici à propos de son livre, je le reprends avec les premières discussions apparues sur ce blog.

Je ne reprends pas les discussions qui se déroulent sur d'autres sites.

Voici la lecture par Saphia d'un extrait de son roman effectuée la semaine dernière dans nos bureaux.

Vous pouvez également lire en ligne le début de Confidences à Allah.

325. FRESH

L'actualité de FRESH THEORIE en janvier c'est...

  • URBAN GAMES, avec Valérie Châtelet, Ivo Flammer et HeHe, le lundi 7 janvier à la Fondation d'Entreprise Ricard. 19h. Entrée libre.
  • "Une forme d’urbanisme apparaît dans laquelle la notion d’Open Source prend de plus en plus d’importance : les technologies de l’information et de la communication permettent de définir de nouvelles structures du contrôle des projets architecturaux et urbains où le libre accès à l’information, l’autodétermination et la liberté sont privilégiés." V.C.
  • Fondation d'Entreprise Ricard, 12 rue Boissy d'Anglas, 75008 Paris. Métro Concorde.

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samedi 5 janvier 2008

324. Dialogue Ferraille - Dahlia à partir de la légende

Sur le blog de Ferraille ("Sans Queue ni tête" dans M@nuscrits) à propos de l'article de Dahlia sur "Il entrerait dans la légende." sur Strictement confidentiel.

"Dahlia dans la légende

Chère Dahlia,

Je n’ai pas lu le livre que vous commentez, et j’aurais, pour cette raison, le plus grand mal à en juger. Vous m’invitez toutefois à le mettre en parallèle avec mon texte, dont le sujet vous semble similaire à celui abordé par Skorecki, cela pour que je vous livre mon avis sur le lynchage symbolique dont vous avez pensé être l’objet ; je reviendrai là-dessus : je veux dire, sur ce parallèle implicite avec mon propre texte.

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vendredi 4 janvier 2008

323. Il entrerait, enfin, dans la légende?

Trop occupée à l'époque (2002) à essayer de "flinguer" un nouvel éditeur, la presse avait fait l'impasse sur la critique littéraire du livre ''Il entrerait dans la légende''. Six ans après, je vois apparaître, grâce à Strictement Confidentiel le premier article qui lui soit véritablement consacré. Merci à Dahlia pour ce geste et pour cette belle lecture.

jeudi 3 janvier 2008

321. Rupture.

L'année 2008 commence avec une rupture de stock générale sur les différents modèles de lecteurs numériques mis en vente de par le monde pendant les fêtes de fin d'année. De mon côté, j'ai appris très vite à lire nos M@nuscrits et les commentaires sur le iPhone qu'on m'a offert (j'aimerais bien, évidemment pouvoir tourner les pages du "flash" avec le doigt). Ce qui me plaît le plus dans cet objet, c'est de pouvoir passer de la lecture verticale à l'horizontale, celle où on retrouve le format rectangulaire de la double page. 2008 sera l'année de la rupture.

mercredi 2 janvier 2008

318. Ecrivainternet.

J'ai suivi la recommandation de R.A. à partir de la lumineuse réflexion de Thierry Kron dans "Qu'est-ce qu'un blog?" et je suis allé visiter Mickaël Soler (rien que pour ça) et les "Écrivainternet" sur lessentiersd'lagloire; yad'l'idée.

P.S. Un ultime commentaire de Ferraille, c'était en 2007.

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