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vendredi 28 mars 2008

489. Les échelons de la Netocratie par Christian.

En réponse à Véra qui lui disait :

@Christian. 1) Vu l'heure, j'espère que vous ne devez pas être sur pied dès "potron-minet", mais votre joker est trop puissant pour mon petit cerveau d'amateur dilettante... 2) Je croyais que c'était vous qui aviez gagné un difficile concours. Oui ou non était le seul indice possible car j'ai cru pendant une seconde que j'étais un peu medium !

Christian a répondu :

@Véra : de vos rêves orangés il faut que vous sachiez : vous êtes au quatrième échelon* de la nétocratie (du moins celle identifiant les machines et permettant que les flux d'information arrivent à bon port - ou non) :

Le premier échelon est occupé par l'Icann ; il s'occupe, pour ce qui nous intéresse, de toutes les adresses du www (toile de dimension mondiale), celles qui figurent après le fameux http:// ou http://www : s'il faut un nom pour le représenter c'est Paul Twomey.

De cette toile, l'Icann délègue une petite principauté à l'Afnic - deuxième échelon - nommons, tout de suite, Jean-Claude Gorichon. Cette principauté s'étend sur un domaine de petite taille mais de premier niveau nommé .fr. Ainsi toutes les adresses commençant par http:// ou http://www et se finissant par .fr relèvent de son pouvoir "régalien".

Pour quelques liards, les manants de cette principauté pourront se tailler un fief le temps qu'il leur faudra. Ainsi le fit Maximilian Niederhofer, il le nomma 20six, certainement parce que Stefan Glänzer avait un fief outre-Rhin nommé 20six. Ainsi toutes les adresses http://20six.fr/ et http://www.20six.fr/ relève de ce fief. Nous sommes au troisième échelon.

Pour faire vivre sa seigneurie et collecter quelque gabelle, il peut être intéressant que s'établissent et se sédentarisent quelques populations errantes : qu'elles cultivent leur jardin. Le vôtre, Véra, c'est hamadryades. Ainsi, si un passant - qui sera lui au cinquième échelon (le commentateur, par exemple) - vous demande le chemin de votre jardin indiquez-lui : http://hamadryades.20six.fr/ ou http://20six.fr/hamadryades ou, enfin, http://www.20six.fr/hamadryades. Ah mais, me direz-vous, nulle gabelle je ne dois. Détrompez-vous : c'est bien le cinquième échelon qui par un clic malencontreux sur une des annonces Google (aujourd'hui, j'y vois "blog coquin" et "blog rencontre") figurant au fronton de l'entrée de votre jardin permettra son affermage.

_* le net est très hiérarchisé, la vue horizontale n'est que coupe ; l'échelle est une mauvaise image ; la pyramide serait plus appropriée avec le mystère de ses chambres oubliées et de ses galeries aveugles.

1) tard et tôt font bon ménage, mais ils se vengent tôt ou tard,

2) ma réponse est non. Je ne suis pas joueur."

Si vous voulez en savoir plus, bientôt, à la FNAC, un débat avec les auteurs des Netocrates.

mercredi 19 mars 2008

475. Toi & Moi et Ti & Mi. Petit tête-à-tête avec Martingrall.

Martingrall, sur son blog, aujourd'hui.

"Un nouveau sigle Mi Ti.

L’Editeur Léo Scheer n’a pas fait salon, du livre, pour les autres avec des bulles ?

Et si le bougre avait encore raison. Ben.

Les salons en grandes nefs de grand-messes à incantations obscures et incompréhensibles sont voués à une mort certaine. Le livre électronique va détruire le livre. Ah bon? Il en va ainsi de tous les morts ressuscités.

Pensez-donc un pied de nez de cette taille, voir Cyrano pour les adjectifs, ……une péninsule. Car Léo fait blog à part et ça pousse. Et l’herbe tout autant que les auteurs. Et depuis peu les libraires avec le nouveau prix "B" des libraires. Donc le sigle Mi To comme mythomane, rien n’est moins sur dans l’usage du ii grec toujours très féminin.

Mais Que Léo Scheer préfère internet au salon ! Ca c’est Mi To.

En chtit cela ferait Mi et Ti très bonne correspondance de la conversation, moi et toi, un Editeur-un Lecteur. Un Auteur-un Lecteur, Un Auteur-un Editeur (Vous avez vu j’ai mis une majuscule à tout le monde)"

dimanche 16 mars 2008

465. NON par George-s

À Léo Scheer, éditeur à Paris.

George-s voudrait vous envoyer un non-manuscrit qu'il voudrait non-publier. Il hésite encore entre 3129 pages et une (1) page (la page de titre). De plus, il hésite à en parler, ne serait-ce qu'ici. Qu'en dire, en effet, qui n'ait pas été dit mille fois ? Comme je sais que vous n'allez pas manquer de me demander quel est le titre de ce non-manuscrit, je vais répondre préventivement à la question. Ce manuscrit s'intitule "Non." (Il y a un sous-titre : "Et encore, c'est trop dire.")

Pensez-vous qu'il soit possible de me non-publier, dans un délai raisonnable ? S'il devait par extraordinaire advenir que vous décidiez de me non-publier, je ferais évidemment mon possible pour tenir mes engagements, c'est-à-dire d'écrire ce non-manuscrit, à la main, sans aucune intention, sans aucun sujet, et bien entendu sans la moindre phrase.

Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, résumé, synthèse, commentaire, que vous voudrez bien prendre soin de me demander un peu à l'avance, car vous vous rendez compte, j'en suis sûr, qu'il s'agit là d'un travail tout à fait considérable, et d'une ampleur jusque ici inconnue des éditeurs de (oui-)littérature.

Je vous adresse, Cher Monsieur, Cher Léo Scheer, toute la considération nécessaire à laquelle je joins un peu de particulière sympathie.

George-s

Cher George-s,

Oui.

Léo Scheer

464. Antoni Casas Ros. Le Théorème d'Almodovar. par Zoé Balthus

Le Théorème d'Almodovar, l'horreur en beauté

"Le destin m'a fait le cadeau de me tuer très tôt pour que je commence à vivre", confie Antoni Casas Ros, dans son "Théorème d'Almodovar", dont il est à la fois l'auteur et le narrateur, marqué à tout jamais, dans sa chair, dans son âme par un accident de la route survenu une nuit de joie et d'ivresse alors qu'il traversait la forêt en 4L vingt ans plus tôt. Cet accident lui aura ravi la jeune femme qu'il aimait, aura anéanti les rêves qu'il bâtissait, dérobé son image, arraché son visage, et façonné tout son être en "marge du monde". Et pourtant de cette "première rencontre avec Newton", ce jeune mathématicien à l'avenir contrarié, parvient à composer un "Théorème" poétique et onirique par lequel il établit qu'"il suffit de regarder assez longtemps pour transformer l'horreur en beauté".L'horreur s'est inscrite sur le visage d'Antoni Casas Ros alors qu'il évitait cet obstacle dressé sur son chemin en cette nuit affreusement irréparable, alors qu'il épargnait ce cerf majestueux au regard doux comme le velours et fixé à jamais en beauté en son esprit. Ce bel animal mythique, symbole de sa mort et de sa résurrection, il l'accueille dans son salon, sans rancune aucune, avec tendresse même, d'autant qu'il lui reconnaît le rôle le plus crucial de son existence, à l'origine dramatique de la plus profonde des rencontres, celle de sa propre "substance" qui "toute entière", affirme-t-il, "réside dans ce livre".

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samedi 15 mars 2008

462. Claro parle de Raymond Federman. (Chut)

Claro parle, sur son blog, (Le Clavier Cannibal) du passage de Raymond Federman à la Librairie LIBRALIRE hier.

"Raymond Federman, de passage à Paris, lisait un extrait de son nouveau livre, Chut, paru ces jours-ci chez LaureLi. Ça se passait à la librairie Libralire, rue Saint-Maur, dans le onzième. Avant sa prestation, Federman, très en forme, nous a régalé d'une ou deux anecdotes, du temps où il déjeunait régulièrement avec Beckett, rue de la Gaieté, le grand Samuel lui donnant ce conseil "don't ever compromise your writing". Il a évoqué aussi son nez (le nez de Raymond, décrit dans cet autre livre, Mon corps en 9 parties, paru en 2004 chez Al Dante/Léo Scheer) qui, me dit-il, le faisait rire chaque matin ; le roman The Alphabet Man, de Richard Grossman, qu'il connaît, qui paraîtra bientôt en Lot49; son succès en Allemagne; mais surtout, RF m'a expliqué que chaque fois qu'il se traduit (du français vers l'anglais), il modifie le texte, le laisse croître de l'intérieur, le phénomène d'expansion pouvant aller jusqu'à doubler le texte original. Ce qui nous a laissé rêveur…"

vendredi 14 mars 2008

454. Les Anecdotes de Dourak-Dourakine (1)

Plantons le décor de l’anecdote.

Donc, le dimanche 9 mars, pour sacrifier à la coutume de l’office du Grand Pardon orthodoxe, me voilà quittant mes pénates par un vrai temps de c… Bien que nourrie d’un tas de bonnes intentions, je suis en retard. Premier agacement. Heureusement, l’église est bondée, je parviens à me faufiler discrètement. Petit à petit, le recueillement des fidèles, les effluves de l’encens et la chaleur des bougies me réchauffent. Me voilà calmée et prête pour un bon grand coup d’aspi. A mon âme.

Quelques instants après, un super bébé cadum aux yeux ravageurs se met à hurler quand le prêtre s’approche avec l’encensoir. Un autre bébé qui dormait dans son moïse s’empresse alors d’imiter le premier bébé. Un troisième bébé, à quatre pattes cette fois, se faufile entre les nôtres, de pattes, et trouve son nouveau jeu amusant. Il n’est pas le seul… Pas grave. On a l’habitude. Mais ce n’est que lorsque le chœur a entonné un tropaire avec des voix de chèvres corses* que je me suis dit que le diable avait décidé de venir faire un petit tour à la fête. (Plus tard, j’ai appris que la basse et le baryton étaient grippés. Or, je préfère les chœurs orthodoxes mâles).

Des fourmis dans les mollets, les genoux souffrant le calvaire à chaque génuflexion, très nombreuses en cette Fête, j’étais en pleine crise d’acédie* telle que la définit Matzneff dans le Taureau de Phalaris. Pour une préparation au Grand Carême, c’était loin d’être gagné. Ainsi, pendant l’homélie, ne tenant plus, je suis allée m’asseoir sachant que ce père là affectionne des prêches interminables.

C’est au même moment - ô Lucifer ? - que j’ai soudain été prise d’une envie de fou rire en repensant aux irrésistibles et fameuses grognes de @Stalker ainsi que de son digne bretteur @Ferraille ! J’ai dû me cacher sous mon châle mohair couleur rouille, ce qui m’a chatouillé le nez. Mais, bizarrement, après cet interlude insensé toute ma lassitude s’était envolée.

Moralité : moi qui détestais les blogs et autre fourbi du genre, ce matin, après avoir lu l’extrait sur l’anathème lancé par J-M. R. repris dans le présent billet, je me suis demandée si l’attrait du blog ELS ne serait pas dû à la liberté de ton que l’on y rencontre, que ce soit dans les sujets sérieux ou les billets plus «doux », mais surtout parce que l’humour y est fort présent ? Une démarche qui n’est pas sans me rappeler ce qui se fait en Belgique à la Ligue d’Impro - elle fêtera son 25 e anniversaire en 2009 - qui sont des joutes entre comédiens confirmés ou amateurs et dont @Léo serait l’arbitre.

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