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mercredi 30 janvier 2008

384. journalisme littéraire & "Blogosphère".(4) "Moi, Kerviel, trader d'exception. par Zoé.

Moi, Kerviel, trader d'exception.

Moi, Jérôme Kerviel, je suis un garçon poli et bien élevé. Fils cadet d'une famille ordinaire bretonne honorable, honnête et très respectée. Je suis né il y a 31 ans à Pont l’Abbé (Finistère), village de 8.000 habitants, où j'ai grandi dans la maison familiale rue du Menhir. Ma mère Marie-Josée Kerviel, y tenait un salon de coiffure, mon père était artisan forgeron-chaudronnier. Il est mort il y a deux ans. Des problèmes de coeur.

J'ai soigné le mien. Je faisais beaucoup de sport, j'aime le sport comme mon grand frère. Du football, de la voile. Du judo aussi, j'en ai fait pendant cinq ans. Mon professeur s'appelait Philippe Orhant. Il me trouvait gentil et serviable. Il disait que j'avais "bon fond". Sûrement, je lui disais toujours "oui" quand il me demandait de participer à des animations, de donner un coup de main ou d'encadrer les enfants. Je suis resté longtemps au club. Je suis fidèle et réservé. C'est ma nature.

J'allais au lycée Laënnec de Pont-l’Abbé. J'allais beaucoup au cinéma, à Quimper avec mon frère. J'étais fasciné par Tom Cruise. On me disait que j'en avais des "faux airs". Mais moi, ce qui me fascinait ce n'était pas sa belle gueule. Non. C'est qu'il était toujours le meilleur. Tout reposait sur l'intelligence. Les héros sont toujours intelligents. Alors j'étudiais l'intelligence de ses personnages. J'ai vu tous les films dans lesquels il a joué. Outsiders, Risky Business, Top Gun, j'étais môme. C'est là que tout a commencé. Et puis, La Couleur de l'argent, Des Hommes d'honneur, et la Firme. Mon préféré celui-là. J'ai presque failli faire du droit à cause de lui. Mais l'économie me fascinait. J'ai passé un bac Economie et social. C'est devenu une passion. Alors j'ai poursuivi sur cette voie. Je suis allé à la fac à Quimper puis à Nantes à la faculté. Et petit à petit, j'ai découvert l'univers de la finance. Noblesse de l'économie. Là, évoluaient les vrais maîtres du monde, ceux qui détenaient le pouvoir et en usait dans l'ombre à tirer les ficelles du destin des hommes. C'est là que j'entendais mettre au défi ma matière grise, bien soigneusement entretenue. J'avais mon plan, bien secret. Je ne l'avais dit à personne. Ma première victoire, la première marche de mon ascension fut mon Master d’opérations de marché, décroché en 2000 à l’université Lyon-II. J'y arriverais, j'en étais sûr, je serais le meilleur. Aucun doute. Un jour...

Mais c'était encore modeste, une simple formation de «contrôleurs de back et de middle office, pas des traders de front office». C'est Valérie Buthion, la responsable du département ingénierie économique et financière de l’université qui s'est fait un malin plaisir à me le rappeler. La garce. A croire qu'elle avait deviné ce que j'avais en tête. Mon secret. Celle-là, elle aurait mérité que je l'écorche, cette niaise. Elle m'avait collé une appréciation qui m'avait empêché de dormir pendant des semaines : «bon étudiant, ni brillant ni moyen». Et encore aujourd'hui... Bah !

- "Tu verras vieille carne, un jour, t'entendras parler de moi saleté ! C'est moi qui te le dis !", je m'étais dit ça, entre les dents, tout bas, en la fixant d'un air bien humble, presque soumis.

Et j'avais répondu : "Je sais".

C'est vrai aussi, que les paroles de cette punaise ont résonné longtemps notamment quand on m'a recruté en back office à la SocGen. Enfin j'approchais de mon graal, j'étais dans les murs, le Saint des Saints. Enfin pour le moent... ! Ils allaient voir ce qu'ils allaient voir. Un jour ce sera l'Amérique. Je serais pote avec Tom Cruise, tiens ! Et l'autre schnock se sera bien foutue le compas dans l'oeil. A l'idée de cette parfaite petite pointe pénétrant son oeil de vache, une vague de plaisir me submerge.

Il m'aura fallu cinq ans. Cinq longues années à trimer comme un malade, à faire des courbettes à tous ces abrutis même pas fichus de comprendre comment fonctionne leur ordinateur. Moi, l'informatique je maîtrise, j'ai vite compris que je ne pouvais pas négliger cette science. Dans mon plan, l'outil informatique, comme ils disent, figurait parmi mes toutes premières priorités. Quand tu connais, tu te ballades partout, plus personne n'a de secret pour toi. Je regardais mes collègues, les forts en gueule, les stars des Tours, et je me disais que je pouvais les faire chanter si je voulais. Enfin, sauf que j'avais d'autres ambitions, d'autres chats à fouetter. Escroc ? Non, mais tu m'as vu. Non. Moi, je vais être l'empereur des traders. Je vais mettre la finance internationale à genoux.

Cinq ans, je disais. Trader ! Bingo ! Les amis, me voilà... !

Bon, le premier entretien de 2005 m'a rappelé l'autre sorcière. Désagréable. Ils m'ont bien fait sentir que j’étais moins bien considéré que les autres au regard de mon cursus universitaire et de mon parcours personnel, professionnel. J'ai mis le paquet. Ils ne le regretteraient pas, leur ai-je fait comprendre. Je saurais atteindre les objectifs. Je me suis retenu de leur dire qu'ils ne se doutaient même pas à quel point mes ambitions étaient impressionnantes. Ils allaient voir ce qu'ils allaient voir. Salles des marchés du monde entier : maintenant, vous allez trembler ! J'étais dans les starting-blocks. De "Junior" à "Empereur". La star de la salle, avec sa particule, son X et son bonus d'un million d'euros, n'a qu'à bien se tenir. Le petit Breton avec son menhir et son Master va lui faire ravaler un peu de sa superbe.

Je n'ai pas pris de vacances depuis deux ans. Juste quelques petits week-end prolongés passés en Bretagne à faire de la voile avec mon frère et de vieux copains. Je vis à Neuilly-sur-Seine. De chez moi, je vois les deux Tours. Je les ai à l'oeil !

A la fermeture des marchés, je continue à travailler, pendant que les autres vont faire les marioles avec leurs Porsche ou leur Audi XT pour lever les filles. C'est simple, je suis toujours le dernier parti et le premier arrivé. Et quand je rentre chez moi, je m'installe à la console de mon ordinateur d'où je continue à suivre mes positions. Mon bon compagnon, ma belle bécane. J'ai mis au point un bijou de système, le coeur de mon plan. Si le monde savait ! Bon, je vais me faire une toile bien sûr de temps en temps. Je poursuis l'étude des héros.

Le monde des traders, c’est comme le sport de haut niveau : il y a quelques champions aux revenus faramineux, et les autres joueurs, avec des salaires élevés mais moindres.

Moi, ce qui me motive à passer ces opérations est de différents ordres, j'y reviendrai, mais avant toute chose, j’ai en tête de faire gagner de l’argent à ma banque, c’est ma première motivation, en aucun cas m’enrichir personnellement.

Il faut être clair. Je me fous d'être riche, je veux être un trader d'exception !

Par Zoé. Le 29.01.08.

vendredi 25 janvier 2008

373. Mél secret (1bis) de Marc Benda à la jeune femme qui court les bibliothèques

Re-bonjour :

Dans un sens, je suis heureux de voir que vous n’hésitez pas à faire plusieurs bibliothèques, y compris la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Savez-vous que j’étais là quand ils ont installé les tourniquets et imposé la carte magnétique ? De là à dire que c’est pour ça que je n’ai jamais réussi à devenir professeur, non. C’était avant tout, je crois, une question de quotient intellectuel.

Dans un autre sens, petite sœur née sans doute après moi, je ne peux m’empêcher de me demander si vous ne devriez pas relire avec plus d’attention les premières pages des « Règles de l’Art » de Pierre Bourdieu. Mais ne le faites pas, car si vous le faisiez, vous changeriez sans doute de travail. Et j’ai déjà assez à faire avec l’autre qui s’obstine à ne pas corriger les fautes qui parsèment mes phrases. Comme ces phrases sont courtes, ça ne devrait pas lui coûter cher et puis je rappelle que c’est sa maison d’édition qui me publie.

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mardi 22 janvier 2008

361. ''Mél secret (1) de Marc Benda à la jeune femme qui court les bibliothèques''

Bonjour :

Je vous envoie ce mél pour vous dire combien je suis content de voir que vous vous intéressez à Calaferte. C’est en effet un auteur très intéressant et il est urgent qu’on en parle plus. J’ai moi aussi entendu ce lieu commun qui voudrait que Calaferte soit un Céline illisible. Remarquez, vous enlevez les trois points à Céline et vous trouvez Proust si vous voulez mon avis. Quant à Proust, j’ai toujours pensé que c’était un Huysmans qui avait réussi.

Oui, ça me fait chaud au cœur. On parle trop souvent du caractère éphémère et fragmenté de l’édition traditionnelle d’après-guerre sans y apporter de vrais remèdes. Peut-être pourrions-nous nous rencontrer pour en parler ? Maintenant que je suis comme de la maison. Samedi dernier, j’étais très content, en un seul courriel j’ai réussi à faire corriger une faute d’accent après une journée de publication. Oui, même si j’avais choisi un autre titre (« Sans titre »), je suppose qu’il y a là dans « mél ouvert (2) » un jeu de mots des années 1970 que je n’ai pas vu. Oui, tout va bien finalement. Vous vous renseignez, moi je dis ce que j’ai envie de dire. Évidemment, il y aurait bien la Silicon Valley sans les dollars, mais j’ai déjà donné. Quant à la maîtrise, on va dire que c’est une question de syntaxe… Oui, pour ce qui est de tenir la corde, j’étais à Berlin-Est en 1988, j’y construisais le socialisme : je peux dire que je saurai me démener.

Vous savez, j’ai longtemps hésité avant de sauter le pas. À l’automne dernier, je pensais proposer à la Revue littéraire bis des critiques des livres qui paraissaient. J’avais en tête Vincent Delecroix (« Une chaussure sur le toit »), Hughes Jallon (« Zone de combat »), Hélène Frappat (« Agent de liaison »)… Les avez-vous lus ? De très bons livres soit dit en passant, j’ai vu qu’ils avaient tous à peu près mon âge et je me demandais ce qu’il disaient peut-être. Pour ce qui est de moi, j’ai renoncé au roman en 1998 à un Salon de Bordeaux. Trop de gens intelligents et professionnels. J’y ai vu de loin Richard Millet, Raphaël Sorin, Marie Nimier, Martin Winckler, un des frères Debré, une vraie princesse turque. En attendant que le talent me tombe dessus, j’ai publié deux fois un texte, en particulier « La Dernière américaine » dans le numéro de juin 2004. C’est bien aussi le « nrf », vous savez, même s’ils n’ont pas voulu du « Muezzin blanc ». Dans ce numéro de juin 2004, un texte de moi, certes. Mais aussi un texte de Marie Nimier (le début de « La Reine du silence »), des études sur cet Argentin dont j’ai oublié le nom…

Mais je ne suis pas là pour vous déballer mon CV ni pour vous raconter mes histoires d’ancien combattant. Je vais vous laisser vous renseigner dans les bibliothèques et je vais me renseigner sur la Toile. J’ai vu que cet hiver un nouveau site a été lancé, un site qui laisse les auteurs parler. Évidemment, il faut passer la barre de l’ouvrier qualifié. Mais j’ai vu qu’il y avait aussi une interview de Marie Nimier. Roger Nimier, pour moi c’est toute la frivolité, la légèreté, les Aston Martin DB4, bref comme l’a dit un jour au début des années 1980 la chef d’entreprise Nicole Garcia en parlant du sous-secrétaire d’Etat socialiste Samy Frey : « Il incarne tout ce que je déteste… »

Affectueusement,

Marc

samedi 19 janvier 2008

352. Mél ouvert (2) de Marc Benda à propos d "Une guerre sans fin" de Bertand Leclair.

En exclusivité pour la blogosphère, une suite sur l’armée, le père, la guerre avec pour prétexte le roman « Une guerre sans fin » de Bertrand Leclair (paru cet hiver aux Éditions Libella Maren Sell qui, comme nous, travaillent pour que la mémoire soit vivante grâce au livre).

Mél ouvert… Tu parles… Courriel monopolisé, oui… Échanges parce que Di Nota l’a bien voulu… Mais, au cœur de mon entreprise, l’hubris… Et l’autre qui en sourit sans doute encore derrière son Mac… L’autre qui reste silencieux… Qui ne réagit pas… Sans doute trop occupé à relire cet idiot d’Althusser… Une relecture d’Althusser and co., mais c’est quand tu veux… Sauf que je n’ai pas le temps pour ces niaiseries… En tout cas, à la fin du dialogue, j’ai posté un commentaire allusif et indirect très clair… Enfin… On verra ce qu’on verra… Mais… oui… ça a mal commencé… je suppose que ça ne pouvait que mal commencer...

Du coup, je suis allé voir comment font les autres. J’ai découvert que la semaine dernière, à peu près au moment de mon dialogue avec Di Nota sur la mémoire de la Guerre de Bosnie, Bertrand Leclair, auteur d’un roman sur la Guerre d’Algérie paru ces jours-ci, discutait avec des lecteurs d’un quotidien en ligne.

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jeudi 10 janvier 2008

337. Mél ouvert à ce frère aîné virtuel qui aurait préféré que je tue des gens

Voici une nouvelle approche de la critique littéraire dans la blogosphère.

De : Marc Benda, ancien caporal volontaire service long de l’armée française, médaillé de la paix de l’ONU et titulaire de la Reconnaissance de la Nation

À : David Di Nota, écrivain

CC : Tous Objet : « J’ai épousé un Casque bleu » et « Sur la guerre » de David Di Nota parus dans un même volume aux Éditions Gallimard lors de la rentrée d’hiver 2008. Pièce jointe : Aucune

Bonjour :

Je me permets de t’écrire ce mél ouvert parce que je suis tombé vendredi dernier sur ton volume dans une librairie du 6ème arrondissement de Paris. C’est le titre principal (« J’ai épousé un Casque bleu ») de ce volume qui a accroché mon regard. Tu penses : j’ai été Casque bleu moi-même, je me suis demandé ce que ma femme aurait peut-être dit de moi si, comme je l’avais envisagé sérieusement, je m’étais marié au début des années 2000 dans cette église catholique bâtie au sommet d’une pyramide aztèque au cœur du Mexique.

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mercredi 9 janvier 2008

335. "B" Nicolas Jones-Gorlin : "Mérovée" par A.D. pour "J'irai cracher sur vos blogs".

La banlieue, c'est mo-rose?

Une banlieue parisienne, de nos jours. Une banlieue poisseuse, où l'on ne peut rien attendre de la vie. Les commerces de proximité ont baissé le rideau. Les bus ne s'y aventurent plus après dix-huit heures. On y boit jusqu’à la lie le calice des jours sans but. On casse du flic, aussi.

Les flics, parlons-en. Pas des anges. Un commissaire carriériste, obnubilé par les statistiques. Des beaufs qui se prennent pour l’inspecteur Harry, ou attendent la relève sans remuer une seule phalange.

Une banlieue ? Un péril permanent. Ça peut craquer à tout moment. D’ailleurs, les personnages sont déjà en passe d'être rayés de la carte. Ils n’ont même pas de nom de famille, juste une initiale, interchangeable.

A quoi se raccrocher, quand on est un jeune flic, quand on débarque du Limousin ?

Scène d’ouverture : Jean, le « bleu », a vendu son âme à quelques collègues. Les seuls qui ont pris de ses nouvelles après une agression. Des durs, suintant le racisme, loi du Talion en bandoulière. Il les a rejoints au sein du Groupe Mérovée, une sorte de police parallèle qui règle son compte aux racailles - mais après le service, en cagoules, arme (au numéro de série limé) au poing, parce que la justice ne passe pas assez vite à leur goût. Mais voilà, lors d’une de leurs expéditions punitives, Jean tombe amoureux d’un témoin gênant. Qu’il laisse filer. Et prend le risque de revoir.

Une histoire d’amour entre un Rachid et un Jean, entre un beur des cités un brin voyou et un flic débutant pas très clair, est-ce bien raisonnable ? Oui, quand c’est écrit par Nicolas Jones-Gorlin. Pas de poncifs pathétiques sur les gays, la police, les jeunes de banlieue, la misère sociale, l'embrasement des "quartiers". Des phrases brutes, coupantes. Un vrai sens du rythme. Et surtout pas de manichéisme. La lumière et les ténèbres, Roméo et Mérovée se donnant la main tout en se roulant une pelle. Un livre vif, brûlant, violent, captivant. Apre et juste. Un grand livre. Qui marque aussi, saluons-le, le retour aux affaires de Nicolas Jones-Gorlin, cinq ans après Rose bonbon.

Par A.D. le 09 janvier 2008 (N.J.G.)

dimanche 6 janvier 2008

326. Écriture/Net. par Antoine Moreau.

Je reprends ici sous la forme d'un billet les trois derniers commentaires d'Antoine Moreau dans "Jean Bottéro"(N°316), qui constituent, avec leurs liens, une remarquable introduction à la réflexion sur les enjeux du Net en regard de l'histoire de l'écriture.

"Sur l'histoire du net, il y a bien sûr ARPANET, mais aussi et surtout la contre-culture américaine très en vogue dans les campus. Des principes de libertés et d'autorités multiples (autorités dans le sens d'être auteur, c'est à dire, non seulement une autorité reconnue, mais aussi et surtout un "augmentant" , quelqu'un qui par sa création augmente le bien commun. C'est ce que veut dire "augere" qui a donné (avec "auctor") le mot auteur.

Laurent Chemla explique très bien cette histoire de l'internet entre armée et utopie . Ce sont les principes de décentralisation techniques et éthiques qui ont propulsé le net, plus que la fonction d'un réseau maillé pour répondre à la peur de recevoir une bombe sur un serveur central. Ceci est l'anecdote, le pré-texte. Le texte et toutes les écritures qui vont venir s'y inscrire et fournir le corpus même du réseau des réseaux sont de l'ordre de cette nouvelle dogmatique appliquée au numérique. Trouver, inventer techniquement-éthiquement le "récit des rêves et des visions" et l'entreprendre vivement.

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