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jeudi 8 mai 2008
Par General,
jeudi 8 mai 2008
Pour l'Evèque de Pont L'Évèque. Monseigneur, comme vous me l'avez demandé, voici la photographie du jeune Childéric que je confie à votre haute protection. Comme Madame Rebuse a dû vous en prévenir, cet adolescent court un grand risque en cette nuit de pleine lune. Puissiez vous, Monseigneur, l'en détourner.
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jeudi 1 mai 2008
Par General,
jeudi 1 mai 2008
Lorsque je leur avais annoncé la publication de mon premier roman, L'Amour impossible, aux Éditions Léo Scheer, dans la collection Melville, mes amis m'avaient prévenu qu'il risquait de passer inaperçu. Je leur avais répondu qu'il y avait là une remarquable attachée de presse, que j'aurais des articles partout et que ses amis journalistes avaient bien l'intention de me trompeter. Quelle ne fut pas ma surprise, chère Anne Procureur, de ne lire à son sujet que cette petite note anonyme dans une obscure revue : "L'Amour impossible est un petit roman très spirituel, très raffiné, très moderne. Il s'agit d'une femme à la mode, d'une lionne qui vole son amant à une autre femme de ses amies, et qui, pourtant, n'en profite guère ; car elle et lui sont blasés, et ils ont beau faire, ils ne peuvent s'aimer. Le style, le langage, le costume et les moeurs de ce roman sont du dernier moderne ; la mode y joue un grand rôle." C'est un peu court, ne trouvez-vous pas ? Et encore, je vous épargne les quelques gros mots d'indignation et de condamnation qu'on me rapporte, par-ci, par-là, et si gros, si gros qu'en vérité je me demande si nous sommes en province aussi bêtes qu'en Angleterre, de moralité hypocrite et ennuyeuse. Devrai-je, chère Anne Procureur, me résigner à ne rien apprendre d'une Critique qui ne prend la peine que de dire le peu que cela vaut ?
Votre Jules Barbey
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samedi 12 avril 2008
Par General,
samedi 12 avril 2008
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vendredi 28 mars 2008
Par General,
vendredi 28 mars 2008
En réponse à Véra qui lui disait :
@Christian. 1) Vu l'heure, j'espère que vous ne devez pas être sur pied dès "potron-minet", mais votre joker est trop puissant pour mon petit cerveau d'amateur dilettante... 2) Je croyais que c'était vous qui aviez gagné un difficile concours. Oui ou non était le seul indice possible car j'ai cru pendant une seconde que j'étais un peu medium !
Christian a répondu :
@Véra : de vos rêves orangés il faut que vous sachiez : vous êtes au quatrième échelon* de la nétocratie (du moins celle identifiant les machines et permettant que les flux d'information arrivent à bon port - ou non) :
Le premier échelon est occupé par l'Icann ; il s'occupe, pour ce qui nous intéresse, de toutes les adresses du www (toile de dimension mondiale), celles qui figurent après le fameux http:// ou http://www : s'il faut un nom pour le représenter c'est Paul Twomey.
De cette toile, l'Icann délègue une petite principauté à l'Afnic - deuxième échelon - nommons, tout de suite, Jean-Claude Gorichon. Cette principauté s'étend sur un domaine de petite taille mais de premier niveau nommé .fr. Ainsi toutes les adresses commençant par http:// ou http://www et se finissant par .fr relèvent de son pouvoir "régalien".
Pour quelques liards, les manants de cette principauté pourront se tailler un fief le temps qu'il leur faudra. Ainsi le fit Maximilian Niederhofer, il le nomma 20six, certainement parce que Stefan Glänzer avait un fief outre-Rhin nommé 20six. Ainsi toutes les adresses http://20six.fr/ et http://www.20six.fr/ relève de ce fief. Nous sommes au troisième échelon.
Pour faire vivre sa seigneurie et collecter quelque gabelle, il peut être intéressant que s'établissent et se sédentarisent quelques populations errantes : qu'elles cultivent leur jardin. Le vôtre, Véra, c'est hamadryades. Ainsi, si un passant - qui sera lui au cinquième échelon (le commentateur, par exemple) - vous demande le chemin de votre jardin indiquez-lui : http://hamadryades.20six.fr/ ou http://20six.fr/hamadryades ou, enfin, http://www.20six.fr/hamadryades. Ah mais, me direz-vous, nulle gabelle je ne dois. Détrompez-vous : c'est bien le cinquième échelon qui par un clic malencontreux sur une des annonces Google (aujourd'hui, j'y vois "blog coquin" et "blog rencontre") figurant au fronton de l'entrée de votre jardin permettra son affermage.
_* le net est très hiérarchisé, la vue horizontale n'est que coupe ; l'échelle est une mauvaise image ; la pyramide serait plus appropriée avec le mystère de ses chambres oubliées et de ses galeries aveugles.
1) tard et tôt font bon ménage, mais ils se vengent tôt ou tard,
2) ma réponse est non. Je ne suis pas joueur."
Si vous voulez en savoir plus, bientôt, à la FNAC, un débat avec les auteurs des Netocrates.
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mercredi 19 mars 2008
Par General,
mercredi 19 mars 2008
Martingrall, sur son blog, aujourd'hui.
"Un nouveau sigle Mi Ti.
L’Editeur Léo Scheer n’a pas fait salon, du livre, pour les autres avec des bulles ?
Et si le bougre avait encore raison. Ben.
Les salons en grandes nefs de grand-messes à incantations obscures et incompréhensibles sont voués à une mort certaine. Le livre électronique va détruire le livre. Ah bon?
Il en va ainsi de tous les morts ressuscités.
Pensez-donc un pied de nez de cette taille, voir Cyrano pour les adjectifs, ……une péninsule. Car Léo fait blog à part et ça pousse. Et l’herbe tout autant que les auteurs. Et depuis peu les libraires avec le nouveau prix "B" des libraires. Donc le sigle Mi To comme mythomane, rien n’est moins sur dans l’usage du ii grec toujours très féminin.
Mais Que Léo Scheer préfère internet au salon ! Ca c’est Mi To.
En chtit cela ferait Mi et Ti très bonne correspondance de la conversation, moi et toi, un Editeur-un Lecteur. Un Auteur-un Lecteur, Un Auteur-un Editeur (Vous avez vu j’ai mis une majuscule à tout le monde)"
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dimanche 16 mars 2008
Par General,
dimanche 16 mars 2008

À Léo Scheer, éditeur à Paris.
George-s voudrait vous envoyer un non-manuscrit qu'il voudrait non-publier. Il hésite encore entre 3129 pages et une (1) page (la page de titre). De plus, il hésite à en parler, ne serait-ce qu'ici. Qu'en dire, en effet, qui n'ait pas été dit mille fois ? Comme je sais que vous n'allez pas manquer de me demander quel est le titre de ce non-manuscrit, je vais répondre préventivement à la question. Ce manuscrit s'intitule "Non." (Il y a un sous-titre : "Et encore, c'est trop dire.")
Pensez-vous qu'il soit possible de me non-publier, dans un délai raisonnable ? S'il devait par extraordinaire advenir que vous décidiez de me non-publier, je ferais évidemment mon possible pour tenir mes engagements, c'est-à-dire d'écrire ce non-manuscrit, à la main, sans aucune intention, sans aucun sujet, et bien entendu sans la moindre phrase.
Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire, résumé, synthèse, commentaire, que vous voudrez bien prendre soin de me demander un peu à l'avance, car vous vous rendez compte, j'en suis sûr, qu'il s'agit là d'un travail tout à fait considérable, et d'une ampleur jusque ici inconnue des éditeurs de (oui-)littérature.
Je vous adresse, Cher Monsieur, Cher Léo Scheer, toute la considération nécessaire à laquelle je joins un peu de particulière sympathie.
George-s
Cher George-s,
Oui.
Léo Scheer
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Par General,
dimanche 16 mars 2008

Le Théorème d'Almodovar, l'horreur en beauté
"Le destin m'a fait le cadeau de me tuer très tôt pour que je commence à vivre", confie Antoni Casas Ros, dans son "Théorème d'Almodovar", dont il est à la fois l'auteur et le narrateur, marqué à tout jamais, dans sa chair, dans son âme par un accident de la route survenu une nuit de joie et d'ivresse alors qu'il traversait la forêt en 4L vingt ans plus tôt. Cet accident lui aura ravi la jeune femme qu'il aimait, aura anéanti les rêves qu'il bâtissait, dérobé son image, arraché son visage, et façonné tout son être en "marge du monde". Et pourtant de cette "première rencontre avec Newton", ce jeune mathématicien à l'avenir contrarié, parvient à composer un "Théorème" poétique et onirique par lequel il établit qu'"il suffit de regarder assez longtemps pour transformer l'horreur en beauté".L'horreur s'est inscrite sur le visage d'Antoni Casas Ros alors qu'il évitait cet obstacle dressé sur son chemin en cette nuit affreusement irréparable, alors qu'il épargnait ce cerf majestueux au regard doux comme le velours et fixé à jamais en beauté en son esprit. Ce bel animal mythique, symbole de sa mort et de sa résurrection, il l'accueille dans son salon, sans rancune aucune, avec tendresse même, d'autant qu'il lui reconnaît le rôle le plus crucial de son existence, à l'origine dramatique de la plus profonde des rencontres, celle de sa propre "substance" qui "toute entière", affirme-t-il, "réside dans ce livre". Lire la suite
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samedi 15 mars 2008
Par General,
samedi 15 mars 2008

Claro parle, sur son blog, (Le Clavier Cannibal) du passage de Raymond Federman à la Librairie LIBRALIRE hier.
"Raymond Federman, de passage à Paris, lisait un extrait de son nouveau livre, Chut, paru ces jours-ci chez LaureLi. Ça se passait à la librairie Libralire, rue Saint-Maur, dans le onzième. Avant sa prestation, Federman, très en forme, nous a régalé d'une ou deux anecdotes, du temps où il déjeunait régulièrement avec Beckett, rue de la Gaieté, le grand Samuel lui donnant ce conseil "don't ever compromise your writing". Il a évoqué aussi son nez (le nez de Raymond, décrit dans cet autre livre, Mon corps en 9 parties, paru en 2004 chez Al Dante/Léo Scheer) qui, me dit-il, le faisait rire chaque matin ; le roman The Alphabet Man, de Richard Grossman, qu'il connaît, qui paraîtra bientôt en Lot49; son succès en Allemagne; mais surtout, RF m'a expliqué que chaque fois qu'il se traduit (du français vers l'anglais), il modifie le texte, le laisse croître de l'intérieur, le phénomène d'expansion pouvant aller jusqu'à doubler le texte original. Ce qui nous a laissé rêveur…"
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vendredi 14 mars 2008
Par General,
vendredi 14 mars 2008
Plantons le décor de l’anecdote.
Donc, le dimanche 9 mars, pour sacrifier à la coutume de l’office du Grand Pardon orthodoxe, me voilà quittant mes pénates par un vrai temps de c… Bien que nourrie d’un tas de bonnes intentions, je suis en retard. Premier agacement. Heureusement, l’église est bondée, je parviens à me faufiler discrètement. Petit à petit, le recueillement des fidèles, les effluves de l’encens et la chaleur des bougies me réchauffent. Me voilà calmée et prête pour un bon grand coup d’aspi. A mon âme.
Quelques instants après, un super bébé cadum aux yeux ravageurs se met à hurler quand le prêtre s’approche avec l’encensoir. Un autre bébé qui dormait dans son moïse s’empresse alors d’imiter le premier bébé. Un troisième bébé, à quatre pattes cette fois, se faufile entre les nôtres, de pattes, et trouve son nouveau jeu amusant. Il n’est pas le seul… Pas grave. On a l’habitude. Mais ce n’est que lorsque le chœur a entonné un tropaire avec des voix de chèvres corses* que je me suis dit que le diable avait décidé de venir faire un petit tour à la fête. (Plus tard, j’ai appris que la basse et le baryton étaient grippés. Or, je préfère les chœurs orthodoxes mâles).
Des fourmis dans les mollets, les genoux souffrant le calvaire à chaque génuflexion, très nombreuses en cette Fête, j’étais en pleine crise d’acédie* telle que la définit Matzneff dans le Taureau de Phalaris. Pour une préparation au Grand Carême, c’était loin d’être gagné. Ainsi, pendant l’homélie, ne tenant plus, je suis allée m’asseoir sachant que ce père là affectionne des prêches interminables.
C’est au même moment - ô Lucifer ? - que j’ai soudain été prise d’une envie de fou rire en repensant aux irrésistibles et fameuses grognes de @Stalker ainsi que de son digne bretteur @Ferraille ! J’ai dû me cacher sous mon châle mohair couleur rouille, ce qui m’a chatouillé le nez. Mais, bizarrement, après cet interlude insensé toute ma lassitude s’était envolée.
Moralité : moi qui détestais les blogs et autre fourbi du genre, ce matin, après avoir lu l’extrait sur l’anathème lancé par J-M. R. repris dans le présent billet, je me suis demandée si l’attrait du blog ELS ne serait pas dû à la liberté de ton que l’on y rencontre, que ce soit dans les sujets sérieux ou les billets plus «doux », mais surtout parce que l’humour y est fort présent ? Une démarche qui n’est pas sans me rappeler ce qui se fait en Belgique à la Ligue d’Impro - elle fêtera son 25 e anniversaire en 2009 - qui sont des joutes entre comédiens confirmés ou amateurs et dont @Léo serait l’arbitre.
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mercredi 20 février 2008
Par General,
mercredi 20 février 2008

Je reçois cette note de lecture de Sylvie, que je ne connais pas, sur Mérovée. de Nicolas Jones-Gorlin. Sylvie n'est pas critique littéraire, elle n'écrit pas de romans, elle n'a pas de blog. C' est une lectrice. Elle a lu un livre qu'elle a aimé, elle a eu envie de nous le dire. Je trouve que c'est bien, et qu'il y a de bonnes intuitions dans ce qu'elle dit.
"Le héros de Mérovée est un Roméo des temps modernes mais s’il s’appelle Jean, sa Juliette s’appelle Rachid. Leur histoire est encore plus improbable que celle des amants de Vérone car ils appartiennent à deux mondes qui non seulement se détestent, mais sont diamétralement opposés et murés dans l’incompréhension réciproque. Sauf sur un point, leur mépris pour les “pédés” : Le monde des keufs et le monde des rebeus.
Car Jean est flic et leur amour voit le jour non pas dans un somptueux château italien de la Renaissance, mais dans le parking d’une des cités les plus violentes de la banlieue parisienne.
Et pourtant, la beauté transcende cet univers glauque, beauté des corps, l’un brun et doré, l’autre blond et pâle, mais tous les deux jeunes et musclés, beauté des paysages et des scènes filmés par Rachid qui préfère voir la vie à travers l’objectif de la caméra qui ne le quitte pas.
Point d’angélisme dans cette histoire. Oui, il y a de la “racaille”, des dealeurs, des violeurs, des casseurs. Oui, il y a des flics ripoux, des fascho, des lâches. Mais il y a aussi des purs, comme le père de Rachid, homme à la foi inébranlable, et des braves types qui, comme Jean, sont entrés dans la police pour fuir leur campagne et se retrouvent propulsés sans aucune préparation dans ces zones de guérilla urbaine.
Tous les ingrédients d’un bon roman sont réunis: de l’action, du sexe, du sentiment, de l’émotion, et aussi beaucoup d’humour.
Si j’étais réalisatrice, j’en ferais un film. Je prendrais comme acteurs deux beaux mecs mais j’édulcorerais les scènes de sexe, très crues dans le livre. Il ne faudrait pas que ça devienne un porno gay, ce serait dommage car cette histoire est tellement plus que ça. C’est beau, c’est drôle et c’est émouvant. En un mot, c’est humain car c’est avant tout une histoire d’amour."
Sylvie
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mercredi 30 janvier 2008
Par General,
mercredi 30 janvier 2008
Moi, Kerviel, trader d'exception.
Moi, Jérôme Kerviel, je suis un garçon poli et bien élevé. Fils cadet d'une famille ordinaire bretonne honorable, honnête et très respectée. Je suis né il y a 31 ans à Pont l’Abbé (Finistère), village de 8.000 habitants, où j'ai grandi dans la maison familiale rue du Menhir. Ma mère Marie-Josée Kerviel, y tenait un salon de coiffure, mon père était artisan forgeron-chaudronnier. Il est mort il y a deux ans. Des problèmes de coeur.
J'ai soigné le mien. Je faisais beaucoup de sport, j'aime le sport comme mon grand frère. Du football, de la voile. Du judo aussi, j'en ai fait pendant cinq ans. Mon professeur s'appelait Philippe Orhant. Il me trouvait gentil et serviable. Il disait que j'avais "bon fond". Sûrement, je lui disais toujours "oui" quand il me demandait de participer à des animations, de donner un coup de main ou d'encadrer les enfants. Je suis resté longtemps au club. Je suis fidèle et réservé. C'est ma nature.
J'allais au lycée Laënnec de Pont-l’Abbé. J'allais beaucoup au cinéma, à Quimper avec mon frère. J'étais fasciné par Tom Cruise. On me disait que j'en avais des "faux airs". Mais moi, ce qui me fascinait ce n'était pas sa belle gueule. Non. C'est qu'il était toujours le meilleur. Tout reposait sur l'intelligence. Les héros sont toujours intelligents. Alors j'étudiais l'intelligence de ses personnages. J'ai vu tous les films dans lesquels il a joué. Outsiders, Risky Business, Top Gun, j'étais môme. C'est là que tout a commencé. Et puis, La Couleur de l'argent, Des Hommes d'honneur, et la Firme. Mon préféré celui-là. J'ai presque failli faire du droit à cause de lui. Mais l'économie me fascinait. J'ai passé un bac Economie et social. C'est devenu une passion. Alors j'ai poursuivi sur cette voie. Je suis allé à la fac à Quimper puis à Nantes à la faculté. Et petit à petit, j'ai découvert l'univers de la finance. Noblesse de l'économie. Là, évoluaient les vrais maîtres du monde, ceux qui détenaient le pouvoir et en usait dans l'ombre à tirer les ficelles du destin des hommes. C'est là que j'entendais mettre au défi ma matière grise, bien soigneusement entretenue. J'avais mon plan, bien secret. Je ne l'avais dit à personne. Ma première victoire, la première marche de mon ascension fut mon Master d’opérations de marché, décroché en 2000 à l’université Lyon-II. J'y arriverais, j'en étais sûr, je serais le meilleur. Aucun doute. Un jour...
Mais c'était encore modeste, une simple formation de «contrôleurs de back et de middle office, pas des traders de front office». C'est Valérie Buthion, la responsable du département ingénierie économique et financière de l’université qui s'est fait un malin plaisir à me le rappeler. La garce. A croire qu'elle avait deviné ce que j'avais en tête. Mon secret. Celle-là, elle aurait mérité que je l'écorche, cette niaise. Elle m'avait collé une appréciation qui m'avait empêché de dormir pendant des semaines : «bon étudiant, ni brillant ni moyen». Et encore aujourd'hui... Bah !
- "Tu verras vieille carne, un jour, t'entendras parler de moi saleté ! C'est moi qui te le dis !", je m'étais dit ça, entre les dents, tout bas, en la fixant d'un air bien humble, presque soumis.
Et j'avais répondu : "Je sais".
C'est vrai aussi, que les paroles de cette punaise ont résonné longtemps notamment quand on m'a recruté en back office à la SocGen. Enfin j'approchais de mon graal, j'étais dans les murs, le Saint des Saints. Enfin pour le moent... ! Ils allaient voir ce qu'ils allaient voir. Un jour ce sera l'Amérique. Je serais pote avec Tom Cruise, tiens ! Et l'autre schnock se sera bien foutue le compas dans l'oeil. A l'idée de cette parfaite petite pointe pénétrant son oeil de vache, une vague de plaisir me submerge.
Il m'aura fallu cinq ans. Cinq longues années à trimer comme un malade, à faire des courbettes à tous ces abrutis même pas fichus de comprendre comment fonctionne leur ordinateur. Moi, l'informatique je maîtrise, j'ai vite compris que je ne pouvais pas négliger cette science. Dans mon plan, l'outil informatique, comme ils disent, figurait parmi mes toutes premières priorités. Quand tu connais, tu te ballades partout, plus personne n'a de secret pour toi. Je regardais mes collègues, les forts en gueule, les stars des Tours, et je me disais que je pouvais les faire chanter si je voulais. Enfin, sauf que j'avais d'autres ambitions, d'autres chats à fouetter. Escroc ? Non, mais tu m'as vu. Non. Moi, je vais être l'empereur des traders. Je vais mettre la finance internationale à genoux.
Cinq ans, je disais. Trader ! Bingo ! Les amis, me voilà... !
Bon, le premier entretien de 2005 m'a rappelé l'autre sorcière. Désagréable. Ils m'ont bien fait sentir que j’étais moins bien considéré que les autres au regard de mon cursus universitaire et de mon parcours personnel, professionnel. J'ai mis le paquet. Ils ne le regretteraient pas, leur ai-je fait comprendre. Je saurais atteindre les objectifs. Je me suis retenu de leur dire qu'ils ne se doutaient même pas à quel point mes ambitions étaient impressionnantes. Ils allaient voir ce qu'ils allaient voir. Salles des marchés du monde entier : maintenant, vous allez trembler ! J'étais dans les starting-blocks. De "Junior" à "Empereur". La star de la salle, avec sa particule, son X et son bonus d'un million d'euros, n'a qu'à bien se tenir. Le petit Breton avec son menhir et son Master va lui faire ravaler un peu de sa superbe.
Je n'ai pas pris de vacances depuis deux ans. Juste quelques petits week-end prolongés passés en Bretagne à faire de la voile avec mon frère et de vieux copains. Je vis à Neuilly-sur-Seine. De chez moi, je vois les deux Tours. Je les ai à l'oeil !
A la fermeture des marchés, je continue à travailler, pendant que les autres vont faire les marioles avec leurs Porsche ou leur Audi XT pour lever les filles. C'est simple, je suis toujours le dernier parti et le premier arrivé. Et quand je rentre chez moi, je m'installe à la console de mon ordinateur d'où je continue à suivre mes positions. Mon bon compagnon, ma belle bécane. J'ai mis au point un bijou de système, le coeur de mon plan. Si le monde savait ! Bon, je vais me faire une toile bien sûr de temps en temps. Je poursuis l'étude des héros.
Le monde des traders, c’est comme le sport de haut niveau : il y a quelques champions aux revenus faramineux, et les autres joueurs, avec des salaires élevés mais moindres.
Moi, ce qui me motive à passer ces opérations est de différents ordres, j'y reviendrai, mais avant toute chose, j’ai en tête de faire gagner de l’argent à ma banque, c’est ma première motivation, en aucun cas m’enrichir personnellement.
Il faut être clair. Je me fous d'être riche, je veux être un trader d'exception !
Par Zoé. Le 29.01.08.
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vendredi 25 janvier 2008
Par General,
vendredi 25 janvier 2008
Re-bonjour :
Dans un sens, je suis heureux de voir que vous n’hésitez pas à faire plusieurs bibliothèques, y compris la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Savez-vous que j’étais là quand ils ont installé les tourniquets et imposé la carte magnétique ? De là à dire que c’est pour ça que je n’ai jamais réussi à devenir professeur, non. C’était avant tout, je crois, une question de quotient intellectuel.
Dans un autre sens, petite sœur née sans doute après moi, je ne peux m’empêcher de me demander si vous ne devriez pas relire avec plus d’attention les premières pages des « Règles de l’Art » de Pierre Bourdieu. Mais ne le faites pas, car si vous le faisiez, vous changeriez sans doute de travail. Et j’ai déjà assez à faire avec l’autre qui s’obstine à ne pas corriger les fautes qui parsèment mes phrases. Comme ces phrases sont courtes, ça ne devrait pas lui coûter cher et puis je rappelle que c’est sa maison d’édition qui me publie. Lire la suite
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mardi 22 janvier 2008
Par General,
mardi 22 janvier 2008
Bonjour :
Je vous envoie ce mél pour vous dire combien je suis content de voir que vous vous intéressez à Calaferte. C’est en effet un auteur très intéressant et il est urgent qu’on en parle plus. J’ai moi aussi entendu ce lieu commun qui voudrait que Calaferte soit un Céline illisible. Remarquez, vous enlevez les trois points à Céline et vous trouvez Proust si vous voulez mon avis. Quant à Proust, j’ai toujours pensé que c’était un Huysmans qui avait réussi.
Oui, ça me fait chaud au cœur. On parle trop souvent du caractère éphémère et fragmenté de l’édition traditionnelle d’après-guerre sans y apporter de vrais remèdes. Peut-être pourrions-nous nous rencontrer pour en parler ? Maintenant que je suis comme de la maison. Samedi dernier, j’étais très content, en un seul courriel j’ai réussi à faire corriger une faute d’accent après une journée de publication. Oui, même si j’avais choisi un autre titre (« Sans titre »), je suppose qu’il y a là dans « mél ouvert (2) » un jeu de mots des années 1970 que je n’ai pas vu. Oui, tout va bien finalement. Vous vous renseignez, moi je dis ce que j’ai envie de dire. Évidemment, il y aurait bien la Silicon Valley sans les dollars, mais j’ai déjà donné. Quant à la maîtrise, on va dire que c’est une question de syntaxe… Oui, pour ce qui est de tenir la corde, j’étais à Berlin-Est en 1988, j’y construisais le socialisme : je peux dire que je saurai me démener.
Vous savez, j’ai longtemps hésité avant de sauter le pas. À l’automne dernier, je pensais proposer à la Revue littéraire bis des critiques des livres qui paraissaient. J’avais en tête Vincent Delecroix (« Une chaussure sur le toit »), Hughes Jallon (« Zone de combat »), Hélène Frappat (« Agent de liaison »)… Les avez-vous lus ? De très bons livres soit dit en passant, j’ai vu qu’ils avaient tous à peu près mon âge et je me demandais ce qu’il disaient peut-être. Pour ce qui est de moi, j’ai renoncé au roman en 1998 à un Salon de Bordeaux. Trop de gens intelligents et professionnels. J’y ai vu de loin Richard Millet, Raphaël Sorin, Marie Nimier, Martin Winckler, un des frères Debré, une vraie princesse turque. En attendant que le talent me tombe dessus, j’ai publié deux fois un texte, en particulier « La Dernière américaine » dans le numéro de juin 2004. C’est bien aussi le « nrf », vous savez, même s’ils n’ont pas voulu du « Muezzin blanc ». Dans ce numéro de juin 2004, un texte de moi, certes. Mais aussi un texte de Marie Nimier (le début de « La Reine du silence »), des études sur cet Argentin dont j’ai oublié le nom…
Mais je ne suis pas là pour vous déballer mon CV ni pour vous raconter mes histoires d’ancien combattant. Je vais vous laisser vous renseigner dans les bibliothèques et je vais me renseigner sur la Toile. J’ai vu que cet hiver un nouveau site a été lancé, un site qui laisse les auteurs parler. Évidemment, il faut passer la barre de l’ouvrier qualifié. Mais j’ai vu qu’il y avait aussi une interview de Marie Nimier. Roger Nimier, pour moi c’est toute la frivolité, la légèreté, les Aston Martin DB4, bref comme l’a dit un jour au début des années 1980 la chef d’entreprise Nicole Garcia en parlant du sous-secrétaire d’Etat socialiste Samy Frey : « Il incarne tout ce que je déteste… »
Affectueusement,
Marc
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samedi 19 janvier 2008
Par General,
samedi 19 janvier 2008
En exclusivité pour la blogosphère, une suite sur l’armée, le père, la guerre avec pour prétexte le roman « Une guerre sans fin » de Bertrand Leclair (paru cet hiver aux Éditions Libella Maren Sell qui, comme nous, travaillent pour que la mémoire soit vivante grâce au livre).
Mél ouvert… Tu parles… Courriel monopolisé, oui… Échanges parce que Di Nota l’a bien voulu… Mais, au cœur de mon entreprise, l’hubris… Et l’autre qui en sourit sans doute encore derrière son Mac… L’autre qui reste silencieux… Qui ne réagit pas… Sans doute trop occupé à relire cet idiot d’Althusser… Une relecture d’Althusser and co., mais c’est quand tu veux… Sauf que je n’ai pas le temps pour ces niaiseries… En tout cas, à la fin du dialogue, j’ai posté un commentaire allusif et indirect très clair… Enfin… On verra ce qu’on verra… Mais… oui… ça a mal commencé… je suppose que ça ne pouvait que mal commencer...
Du coup, je suis allé voir comment font les autres. J’ai découvert que la semaine dernière, à peu près au moment de mon dialogue avec Di Nota sur la mémoire de la Guerre de Bosnie, Bertrand Leclair, auteur d’un roman sur la Guerre d’Algérie paru ces jours-ci, discutait avec des lecteurs d’un quotidien en ligne. Lire la suite
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jeudi 10 janvier 2008
Par General,
jeudi 10 janvier 2008
Voici une nouvelle approche de la critique littéraire dans la blogosphère.
De : Marc Benda, ancien caporal volontaire service long de l’armée française, médaillé de la paix de l’ONU et titulaire de la Reconnaissance de la Nation
À : David Di Nota, écrivain
CC : Tous
Objet : « J’ai épousé un Casque bleu » et « Sur la guerre » de David Di Nota parus dans un même volume aux Éditions Gallimard lors de la rentrée d’hiver 2008.
Pièce jointe : Aucune
Bonjour :
Je me permets de t’écrire ce mél ouvert parce que je suis tombé vendredi dernier sur ton volume dans une librairie du 6ème arrondissement de Paris. C’est le titre principal (« J’ai épousé un Casque bleu ») de ce volume qui a accroché mon regard. Tu penses : j’ai été Casque bleu moi-même, je me suis demandé ce que ma femme aurait peut-être dit de moi si, comme je l’avais envisagé sérieusement, je m’étais marié au début des années 2000 dans cette église catholique bâtie au sommet d’une pyramide aztèque au cœur du Mexique. Lire la suite
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