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mardi 31 mars 2009
Par Florent Georgesco,
mardi 31 mars 2009
Jean-Clet Martin nous a envoyé, en commentaire, ce beau texte sur Son absence de Stéphane Darnat ; je le tire des flots, et le mets au fronton de ce blog : il le mérite bien.
Hommage à Stéphane Darnat pour Son absence
Il y a sans doute des sujets impossibles comme le montre l’échec de Valéry relativement à son conte Agathe : texte raturé, devenu impensable en raison d’une disparition de la pensée dans la pensée, laissant trop de traces de son effacement, si bien qu’aucune écriture ne saurait la suivre sans déranger ce qui s’efface. On n’éclaire pas une disparition sans la faire apparaître...
Agathe, récit avorté de Valéry montre l’endormissement progressif de toutes les facultés comme en un conte où la belle jeune fille glisse dans le sommeil pour un siècle. Comment suivre la lente décrépitude du souvenir ? Comment entendre ce qui s’efface et le laisser parler ? On voit par là que le sujet est plus difficile que celui d’une métamorphose. Kafka nous avait habitués aux mutations de celui qui n’est plus reconnu, au point de se muer d’ailleurs en cloporte. Et on pourrait bien suivre le crissement de ses élytres descendus dans les rets de la matière, les interstices du bois qu’il se mettrait à manger en le rayant de ses mandibules. Mais ce ne serait pas en cela toucher au rien de « son absence ».
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lundi 16 mars 2009
Par Florent Georgesco,
lundi 16 mars 2009
Gabriel Matzneff vient de mettre en ligne sur son site la chronique suivante :
LE LIVRE ULTIME
Depuis le mercredi 11 mars, mon nouveau livre, Carnets noirs 2007-2008, publié aux Editions Léo Scheer, est en librairie. Il aurait dû y être depuis le 4 mars, mais une jeune femme qui alors partageait ma vie, apprenant que je m’apprêtais à publier ce journal intime, a fait appel à un avocat, et pas n’importe lequel, une grosse légume d’avocat, pour me mettre des bâtons dans les roues.
Cette misérable tentative a échoué. Avec un retard de quelques jours (le temps de faire lire le manuscrit à mon propre avocat qui m’a confirmé que tout était parfait et m’a donné le feu vert), voici donc en librairie ce nouveau livre : plus de cinq cents pages, vingt euros !
Que des ex-amantes telles que Vanessa et Aouatife, qui n’ont plus de passion pour moi, qui renient celui qui fut le grand amour de leur adolescence, qui mènent à présent des existences bourgeoises et ont soif de respectabilité, payent des avocats pour écrire à mes éditeurs des lettres menaçantes, c’est dégueulasse, indigne d’elles et de ce que nous avons vécu, c’est triste et décevant, mais vu le peu de goût qu’ont les femmes pour leur passé amoureux, vu que leur rêve secret est d’être lobotomisées, c’est, hélas, explicable et plutôt banal.
En revanche, qu’une fille qui sort à peine de ton lit, qui a encore sur la peau l’odeur de la tienne, qui se prétend folle amoureuse de toi, se précipite chez un célèbre avocat pour lui faire écrire une lettre recommandée à ton éditeur et tenter de te censurer, c’est le nec plus ultra de la dégueulasserie, c’est le baiser de Judas.
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vendredi 13 mars 2009
Par Florent Georgesco,
vendredi 13 mars 2009
J'apprends la mort, hier 12 mars, de notre cher Pierre Bourgeade. Pierre était l'auteur d'une œuvre importante, étrange et forte sur laquelle nous aurons, je l'espère, l'occasion de revenir. C'était également un homme exquis, spirituel, dont tous les amis garderont la nostalgie. Il avait tenu, pendant la première année de La Revue Littéraire, un Bloc-notes tout à fait réjouissant ; j'en copie ci-dessous un épisode, parmi les plus réussis. Lire la suite
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mercredi 11 mars 2009
Par Florent Georgesco,
mercredi 11 mars 2009
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lundi 9 mars 2009
Par Florent Georgesco,
lundi 9 mars 2009
Gabriel Matzneff était hier soir l'invité de l'excellente émission d'Olivier Germain-Thomas, "For intérieur", sur France Culture, parfaite introduction à la lecture des Carnets noirs 2007-2008 (en librairie après-demain) : Matzneff au naturel, c'est-à-dire vif, drôle, émouvant, joueur, passionné, passionnant. Vous pouvez l'écouter ici.
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vendredi 6 mars 2009
Par Florent Georgesco,
vendredi 6 mars 2009
Merci à Ipso facto pour le lien vers l'article que Mathieu Lindon a consacré hier au roman de Sibylle Grimbert, Toute une affaire. Ce texte est un modèle d'intelligence critique. Un écrivain ne peut rêver d'être mieux lu. Je n'y résiste donc pas : je le recopie :
GRIMBERT : SUICIDE, MODE DE NON-EMPLOI
Un désespoir peut-il être ridicule ? Quel lien entre un état sentimental et une approche prétendument rationnelle des choses ? Dès l’entame de son cinquième livre, Sibylle Grimbert s’attaque en quelque sorte à la valeur littéraire de l’accablement et la désolation. Première phrase de Toute une affaire : «Il y a quelque temps au téléphone, j’ai annoncé à mon père que je voulais me suicider.» On imagine aussitôt sur quel ton va se dérouler le roman. Mais la deuxième phrase change le point de vue, introduisant une distance et un humour que la précédente n’annonçait pas : «Evidemment il a hurlé, car il sait que lorsque j’aperçois une perspective d’avenir je la cultive le plus longtemps possible.» Le suicide cesse immédiatement d’être un acte et, en tant que rêverie, perd aussi sec de sa solennité. L’héroïne prend l’allure d’une Madame Bovary moderne qui aurait conscience de l’ironie des drames de son existence. Le personnage de la déprimée prend l’aspect comique de qui trouve un raisonnement justifiant la moindre de ses conduites quand bien même il passe sans cesse d’un extrême à l’autre. Il s’agit d’abord pour la narratrice de convaincre son père de l’aspect judicieux de son suicide. Elle s’y emploie avec un succès mitigé, n’arrachant pas tant l’adhésion de son géniteur que d’elle-même. «D’ailleurs, maintenant que je me penchais sur le sujet avec attention, j’étais frappée par la rigueur de ma décision.» Son crime serait-il tout simplement de ne pas avoir d’enfants ? «Sous l’effet de la honte j’ai oublié un instant vouloir mourir et me suis mise à chercher encore une fois un événement inédit susceptible de nous ramener dans le corps normal de l’existence, c’est-à-dire celui de la succession des générations, pour enfin nous rendre pareils aux autres familles. Si je me dépêchais, je pourrais peut-être tomber enceinte cette semaine.» Lire la suite
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lundi 2 mars 2009
Par Florent Georgesco,
lundi 2 mars 2009
Anisée s'inquiétait de ne pas voir Jean-Clet Martin parmi nos vidéos ; Marie l'a découvert ; je vous félicite pour votre rapidité : entre-temps, je m'apprêtais à la mettre en ligne sur ce blog. C'est chose faite. Je suis heureux de pouvoir, parfois, satisfaire votre curiosité, surtout quand elle porte sur un entretien aussi intéressant que celui que Jean-Clet a bien voulu m'accorder.
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