lundi 1 décembre 2008
886. Claude Chuzel : Or, matière à réflexion
Par Elodie Issartel, lundi 1 décembre 2008
Regarder les tableaux de Claude Chuzel nous met en mouvement. Car cette forme sur la toile née d’un geste rapide, d’une traite et sans repentirs, nous invite à nous déplacer, à osciller, à prendre du champ. À reproduire l’antique mouvement du peintre, afin de nous (re)trouver dans le passage de la lumière, celui de l’or au vert-de-gris. Celui du marron glacé à l’ocre rouge… Et à l’infini, ces déplacements éclairent (ou assombrissent) les nuances que le tracé contient, et qu’il nous appartient de faire surgir. Après que l’or s’étale et irradie en apportant une profondeur, apparaît un contraste qui impose la ligne, (re)saisit la forme, et nous donne à voir le geste comme processus d’assèchement et d’évaporation. Cette forme se révèle à mesure qu’elle se dérobe, car selon l’éclairage et selon notre position, elle est autant affirmée qu’amenée à disparaître. Lorsqu’on se déplace pour suivre le phrasé, ce qui vient d’apparaître s’efface au profit d’une transparence qui révèle la toile : radicalité du geste et humilité de la disparition cohabitent dans ce parcours qu’il est possible de refaire. À la manière du peintre jouant lui aussi sur la répétition (en évitant la série), puisque c’est aussi d’écriture qu’il s’agit.
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