jeudi 23 août 2007
120. Naissance des pieuvres.
Par Angie David, jeudi 23 août 2007
Je cherchais une bonne occasion pour commencer officiellement à écrire sur le blog des éditions LS. Elle est là, toute trouvée, c'est le premier film de Céline Sciamma, Naissance des pieuvres. J'avais tellement envie de le voir - encouragée sur ce point par Antoine de Baecque - que je suis allée au cinéma, alors que je ne vois les films qu'en DVD. Bien que le mot soit galvaudé, il n'y en a pas d'autres, j'ai adoré. Ce film avait tout pour me plaire (teenage et girly movie sur des jeunes filles découvrant les vertiges de la sexualité), mais il est plus que ça. Céline Sciamma évite les écueils du genre et donne un point de vue sensuel et original, elle est sans aucun doute une des nouvelles grandes cinéastes françaises. Son héroïne, Marie, lui ressemble sûrement beaucoup. Elle est garçon manquée, intelligente et déjà en mesure d'aimer comme une femme. Elle tombe amoureuse de Floriane, la bombe du coin, et est prête à tout pour elle, même à subir la rivalité des garçons (pas très intéressants, juste mignons). Elle délaisse quelques temps sa meilleure amie, celle qui est un peu grosse, mal dans sa peau, avant de la retrouver sur une certitude : elles savent ce qu'elles veulent et sont capables de tout pour réaliser leurs rêves. Floriane reste en eaux troubles, malgré la grâce qu'elle déploie dans les concours de natation synchronisée (où une bonne partie du film se passe, la piscine étant une des seules activités de cette petite ville de banlieue).
On découvre à la fois le talent discret, tout en économie et en justesse, de Céline Sciamma, mais aussi un nouveau visage. Adèle Haenel (qui joue Florianne) est une des filles les plus spectaculaires que j' ai vue depuis longtemps. Elle a cette beauté exhorbitante des adolescentes qui ne connaissent qu'en partie la force de leur pouvoir de séduction, le corps en éclosion, les manières rudes, l'attitude ambiguë. Elle pense être à même de donner tout l'amour du monde, et pourtant elle s'interdit de le faire (l'amour). Encore indéterminée dans ses choix sexuels, elle veut plaire à tout prix et pour ce faire, raconte des histoires. Marie, apparemment moins construite, est en réalité plus sûre d'elle. Elle aime Floriane et le lui prouvera par un acte aussi puissant que pudique. Mais je ne vous en dis pas plus. Il faut aller voir Naissance des pieuvres, au plus vite, et prier pour qu'il soit édité en DVD (ce qui me permetterait de l'intégrer à ma DVDthèque, entre L'Effrontée et Moi, toi et tous les autres).
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