1310. Dandy alone in Barcelone : Sacha Ramos dans Chronic'art
Par general, lundi 3 mai 2010 :: #1310 :: rss
Ne ratez pas le nouveau numéro de Chronic'art, disponible aujourd'hui. Sacha Ramos, avec Le Complot des apparences, y fait l'ouverture d'un passionnant dossier sur "Les Nouveaux Rebelles", où figurent également Benoît Duteurtre, Philippe Muray, Olivier Maulin, Jérôme Leroy, Fabrice Pliskin, Pierre Jourde ou François Taillandier, et dont voici le chapô : Ils ne sont ni bien-pensants, ni écolos, ni engagés, ni anti-quoi que ce soit. Leurs romans portent un regard caustique et lucide sur la grande pouponnière marchande qu'est devenu l'Occident. Ce sont les nouveaux rebelles, le contraire des rebellocrates officiels. On respire.
L'entretien avec Sacha commence comme suit. Nous vous laissons en découvrir la totalité en kiosque.
Dandy alone in Barcelone
Propos recueillis par Romaric Sangars
Avec Le Complot des apparences, Sacha Ramos débarque sur la scène littéraire en mode offensif, hilarant et radical pour se livrer au sac de Barcelone, capitale de l'empire du Bien et de l'armée des clones...
Afin de redonner le sens du réel à un couple d'artistes bobos, le héros du Complot des apparences, Igor Ramirez, suspend leur fille dans le vide. Sentant qu'il devient fou, il décide de retourner vivre un moment à Barcelone, sa ville natale. Ironie du sort : une fois sur place, il découvre que celle-ci est devenue le symbole même de ce qu'il déteste, l'horreur indifférenciatrice contemporaine. Dans une succession de saynètes corrosives, Sacha Ramos déroule ainsi la chronique de la plongée d'Igor dans Barcelone, véritable laboratoire de l'enfer moderne, paradis de l'homo festivus... En appliquant avec talent les théories de Philippe Muray, Ramos offre des jeux littéraires jubilatoires où dominent l'humour et la stupéfaction, et amorce au passage une typologie des genres d'individus actuels (il les appelle les "clones"), des hordes percées aux sectateurs de Bob Marley en passant par les idéologues du "cool". Férocement drôle. Entretien avec un égorgeur de mutins de Panurge, digne continuateur de Muray.
Chronic'art : Vous avez vécu à Barcelone. Avez-vous cru y devenir fou, comme votre narrateur Igor ?
Sacha Ramos : Non, j'ai plutôt pensé que c'était cette ville qui était folle, et qu'il fallait sans plus tarder faire un roman de cette folie. Cela dit, il semble en effet que devenir fou soit, un peu plus chaque jour, la seule alternative qu'il reste à ceux qui ont le mauvais goût de ne pas s'éclater comme des bêtes dans cette immense pouponnière hystérique et ravie d'elle-même qu'est devenu l'Occident.
Chronic'art : Peut-on considérer votre livre comme, entre autres, une étude de "clones", c'est-à -dire de ces néo-conformistes radicaux ?
Sacha Ramos : Seulement une ébauche. Je me suis contenté d'utiliser les types de clones qui servaient le mieux la construction du roman tel que je le voulais. Quelques exemples, pour le plaisir : le clone clouté (ou gueule de fer), le clone jongleur (j'ai les boules !), le clone sale (je pue, c'est mon choix), le clone bigleux (il faut lire le roman pour l'apprécier à sa juste valeur), le clone tu (son univers n'est peuplé que de frères super cool, de sœurs hyper fun, de brothers, de sisters et de camarades qu'il se fait, en toutes circonstances, un devoir - un devoir citoyen - de tutoyer)...
Chronic'art : Quels facteurs ont transformé Barcelone en ce havre de la bêtise moderne ?
Sacha Ramos : Les mêmes, je crois, qui ont transformé le reste du monde occidental en parc à thème pour touristes ectoplasmiques décomplexés à mort. On peut en fait réduire ces facteurs à un seul : une volonté démente d'en finir avec tout ce qui, dans l'humain, pose encore problème, au profit d'une vision exclusivement sentimentale de l'existence.
(...)

Commentaires
1. Le lundi 3 mai 2010 par Laurence
2. Le mardi 4 mai 2010 par Véra et sa ribambelle
3. Le samedi 8 mai 2010 par ben, quand même
4. Le samedi 8 mai 2010 par Polo
5. Le samedi 8 mai 2010 par Florent G.
6. Le samedi 8 mai 2010 par Paul
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