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samedi 29 août 2009

1083. L'épopée mediatique de Conquistadors d' Éric Vuillard

Je pense qu'on va beaucoup entendre parler de Conquistadors le roman de Éric Vuillard et qu' une autre épopée, celle que connaîtra le livre dans les media, commence aujourd'hui avec l' article de JEAN-CHRISTOPHE BUISSON dans le Figaro Magazine qui a trouvé ces trois bonnes raisons de lire cet ouvrage exceptionnel.

L'HISTOIRE La folle quête de l'or des conquistadors espagnols au Pérou et au Chili au XVIe siècle. Comment ils tuèrent des milliers d'Indiens puis s'entretuèrent avec la même allégresse pour garder pouvoir, richesse et territoire. Des Andes glaciales aux lacs de sel en passant par la forêt amazonienne et les plages du Pacifique, un récit aux éclatantes couleurs sang et or.

LES PERSONNAGES Tu es une civilisation mais au fond, tu es seul... Comme dans le film hallucinant de Werner Herzog Aguirre, la colère de Dieu, derrière leurs casques et leurs armures de fer, les frères Pizarre (et leurs compagnons) souffrent d'être éloignés de leur terre, de leur famille et des valeurs chrétiennes qu'ils sont supposés incarner. L'érudit Eric Vuillard creuse avec beaucoup de finesse leur psychologie, comme celle des empereurs des civilisations locales écrasées sous les sabots des chevaux de ces Huns d'Espagne égarés chez les Incas.

LE STYLE Alternant scènes de bataille parfois dantesques et errances propices aux réflexions mi-amères mi-mélancoliques et aux remords, Conquistadors n'est pas un roman historique « classique ». Plutôt une balade littéraire : pas, trot, galop, les ruptures de rythme sont nombreuses et parfois déroutantes. Mais quel souffle !

1082. Gilgamesh en 6e

C'était mon objectif. Selon Vincent Mespoulet, il semble qu'on soit en train de l'atteindre. Comme il ne le fait pas, je signale la reprise en Librio de mon texte pour moins de 2€. Je pense quand même qu'avant de mettre en ligne gratuitement mon texte, il aurait pu me demander l'autorisation, ainsi qu'à Librio et, pour le même prix, respecter l'orthographe de mon nom en n'oubliant pas le -c-. Il faudrait peut-être livrer à l'analyse cette ablation du -c-, peut-être -c- comme coucou (le syndrome). .

1080. Des coups de coeur Oranges pour Les Seditions de Karl Mengel.

Le 6e livre de la collection M@nuscrit : Les Séditions de Karl Mengel qui vient de sortir en librairie, reçoit un très bon accueil et d'excellents retours de lecture. Si vous ne l'avez pas lu, je vous recommande le billet de Alex in Wonderland : Who the fuck is Karl Mengel ?. Un autre coup de coeur : celui de la librairie l' Orange Bleue (à Orange), dont je reprends ici (après LeChoixDesLibraires) la note de présentation en forme de coeur pour ce premier roman de M@nuscrits dans une "rentrée littéraire".

"Le français n'a pas de mot pour qualifier ce que je suis. En hébreu, on me dit Orev. En anglais, Raven. Les Russes m'appellent Voron. Les Arabes ne me nomment pas. Dans certains Etats d'Europe de l'Est, on me qualifie encore de Romeo. Une image pour plusieurs légendes. C'est là que je me trouve."

C’est ainsi que se présente Aloïs Hiller -espion sibyllin - en exergue de son journal de bord.

Recruté par la DGSE – en deux scènes d’anthologie qui feront pouffer de connivence ceux un jour confrontés au front bas du planton administratif de service - ce premier de la classe, polyglotte (arabe persan, anglais et français) et polysexuel (filles, garçons;-), vend également ses services au MI5, à la CIA et au Mossad comme une prostituée ses charmes. La comparaison n’es pas anodine, car avec Hiller la petite mort précède à coup sûr le grand saut dans l’au-delà. Orfèvre en matière de "krav ha-mitah (art martial israëlien) que l’on pourrait traduire par – j’adore - baston sur un lit", Hiller est une arme à double tranchant – le côté pile et le côté face donc – qui endosse les identités comme de simples chemises sur ses tatouages géants.

Héritier complètement barré des maîtres qu’il s’est choisi - Clancy, Le Carré - Karl Mengel nous montre le portrait de son agent double comme éclairé par un néon déglingué qui clignoterait bzz bzz alternant noir total et éblouissement de sa lumière crue. Il bâtit son intrigue en cercles concentriques - alternant introspection et action - en une succession de scènes sous haute tension qui téléportent le lecteur des quais de la Tamise à Park Avenue, en passant Nairobi, l’Ukraine et … la Normandie. Mengel brouille sans cesse les pistes car la vérité ne saurait être nue. Qui est Aloïs Hiller ? N’est-il pas lui-même en quête de sa propre identité ? S’il se cherche, il prend un malin plaisir à ne pas se trouver. Et nous avec. Placé par l’auteur sous les auspices d’Epiménide, le devin dont la peau tatouée était synonyme de "chose cachée" – une sorte de double antique (encore un !) - Aloïs Hiller ne cesse de montrer ce qu’il veut cacher et embarque le lecteur dans sa danse hallucinée des 7 voiles.

Attention, Aloïs Hiller est Krékré Méfant ! Et ton spyware, lecteur, inopérant."

La Librairie Orange.

jeudi 27 août 2009

1078. Un été de Don Lorenjy.

Sur son blog : L'Aria des brumes, Don Lorenjy publie un billet : Un été chez Léo Scheer dans lequel il fait le bilan de sa mise en ligne dans M@nuscrits de trois textes : Sale temps, Dégradations et Publimonde.
Je trouve ça intéressant, mais un peu prématuré pour un bilan dans la mesure où cette interface automatique est dans sa phase beta-test, sans son habillage définitif, comme celui de M@nuscrits de la phase 1. (couverture, annonce toutes les semaines, etc). Il faudra reprendre le bilan quand Tony aura fini ce travail.

mardi 25 août 2009

1077. Unplugged. Alexandra Varrin (3) La Revue des ressources.

Très intéressant article, aujourd'hui, 25 août 2009 de Robin Hunzinger dans La Revue des Ressources.

Unplugged d’Alexandra Varrin : Voyage au bout du web.

"Le net est une énorme révolution. Après la musique, la littérature est aujourd’hui touchée de plein fouet : Kindle, blogs, auto-édition via lulu.com. De jeunes écrivains tentent aujourd’hui leur chance sur internet via un blog ou des sites communautaires littéraires. C’est ce qu’a bien compris l’éditeur Léo Scheer via son blog, et la collection de livres "m@nuscrits" virtuelle, puis papier. Le livre d’Alexandra Varrin raconte le parcours de la narratrice, Priscilla, qui écrit, et qui va vivre au cœur d’une communauté virtuelle d’aspirants écrivains ses premières expériences, réellement, physiquement.

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jeudi 20 août 2009

1075. Les métiers de l'édition vus par Le Monde . Attaché de presse. Portrait d'Anne Procureur par Christine Rousseau.

Après : Au commencement est le lecteur, Le Représentant : le "maquignon" de l'édition, Le stakhanoviste du stylo rouge, L'Editrice, guide et chasseur de textes, Le Monde des Livres de ce 20 août consacre, sous le titre : Attaché de presse, l'ultime maillon son 5e article sur les métiers de l'édition, il est signé par Christine Rousseau.

Attaché de presse, l'ultime maillon.

Après vingt-cinq ans passés à exercer un métier aussi ingrat qu'exaltant, rien ne semble avoir émoussé l'enthousiasme d'Anne Procureur. Tout juste l'attachée de presse des éditions Léo Scheer est-elle intimidée par la perspective d'un entretien, d'ordinaire réservé à ceux qu'elle défend : aujourd'hui, c'est à son tour de passer à la question pour évoquer une profession qui lui a ouvert de multiples univers et permis d'assouvir sa passion pour la littérature, la peinture et le cinéma. Une passion transmise dès l'adolescence par ses parents.

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mercredi 19 août 2009

1074. Billet de l'éditeur. N°1.

Saphia Azzeddine, Mon père est femme de ménage, Editions Léo Scheer, 2009, 176 p., 17€.

Après Confidences à Allah, Saphia Azzeddine nous propose pour son deuxième livre, un roman semblable au premier dans sa forme et pourtant à l’opposé dans le ton. C’est tout de même la certitude d’un véritable plaisir de lecture. Si ce n’était pas aussi commercial, mais aussi, pourquoi pas, pop, je dirais : « Vous avez aimé Confidences, vous adorerez Mon père est femme de ménage. » Jbara est très éloignée de Polo, leur récit et leur point de vue à des années lumière l’un de l’autre, et pourtant ils s’expriment, se racontent de la même manière, à la première personne, moins un monologue qu’une interpellation. Je suis là, et je vous parle, à vous qui me lisez. Ecoutez mon histoire. Polo n’est pas une pute berbère qui devient la femme d’un Imam respectueux, seule sa foi en Allah lui ayant permis de surmonter la dureté de sa vie. Mon père est femme de ménage est moins brutal et plus tendre que Confidences à Allah. Polo lit de la littérature pour apprendre chaque fois un nouveau mot, et devenir meilleur, plus beau, s’évader de son destin, dans les bibliothèques, le soir, quand son père fait le ménage. Du coup, il découvre les grands auteurs.

Avec une énergie identique, Polo avance d’une façon droite et directe dans la vie, comme Jbara qui n’a honte de rien de ce que le monde lui inflige. Polo veut aimer une fille qui serait une fée pour lui. Polo adore son papa mais ne se fait aucune illusion sur ce qu’il est, et donc sur qui il est lui-même. C’est vraiment drôle, les réflexions de Polo, les dialogues avec son père, avec sa copine Priscilla, super jolie et qui l’aime beaucoup, mais pas pour sortir avec lui, quoique. Polo a beaucoup de charme, il est adorable et sans détours non plus. Il balance les choses comme elles viennent, son honnêteté morale et sa force de caractère, malgré la gentillesse, sont à recevoir tel quel. Polo est un garçon ordinaire qui voudrait bien, à sa mesure, transcender son milieu, sa filiation, et devenir un homme bien, comme son père, quelqu’un sur qui on peut compter. Changer dans le prolongement, la continuation comme meilleure façon de rompre avec les siens, tout en douceur, mais mine de rien. Et si Polo était très précoce pour un garçon de 13 ans, et était déjà un préado ? Ces garçons qu’on a tous connus, timides et en même temps pleins de ressources.

Mon père est femme de ménage est une sorte de roman sur l’adolescence. La quête identitaire est comme pour Jbara, le moteur principal qui anime les personnages.

« La prof m’a choisi un autre compagnon de travail. Cosmin. J’étais maudit. Autant Tamimount pue le henné, autant Cosmin pue la merde. Toujours. Tout le temps. Après quelques heures, l’odeur devient insoutenable. A la fin du cours j’ai craqué : – Putain mec, tu chlingues ! Il m’a accusé d’avoir dit « un ketru cistra sur l’odeur des Roms ». Moi, je n’avais fait que lui dire qu’il puait. Lui. Pas tous les Roms. Cosmin ne se lave pas souvent. Et il fait beaucoup de sport. Et il pisse encore au lit sans se changer le matin. Donc, il pue. En cours de mathématiques, on appellerait ça une équation à zéro inconnue. Mais dans ma bouche de Blanc, ça s’appelle du racisme. »

Des teen-story, il n’y en a pas qu’au cinéma, autant que les teen-movie, j’adore les teen-novel, souvent écrits par des femmes, Laura Kasischke, Carson McCullers, Sylvia Plath. Et Colette aussi, pour les Françaises. Ah, les Claudine… Quel souvenir de jeune fille ! Ici, Saphia Azzeddine parle à la place d’un garçon, et il nous plaît. Polo est un garçon de rêve.

lundi 17 août 2009

1073. Retour.

Deux semaines sans blog ce n'est pas désagréable, mais les ELS rentraient aujourd'hui,(ce qui n'est pas désagréable non plus). Nous allons consacrer quelques billets aux livres de l'automne, aux nôtres et aux autres. Merci à ceux qui étaient préoccupés par notre "disparition".

samedi 1 août 2009

1072. Blackbird

Blackbird

Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life
You were only waiting for this moment to arise.

Blackbird singing in the dead of night
Take these sunken eyes and learn to see All your life
You were only waiting for this moment to be free.

Blackbird fly Blackbird fly
Into the light of the dark black night.

Blackbird fly Blackbird fly
Into the light of the dark black night.

Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life
You were only waiting for this moment to arise
You were only waiting for this moment to arise
You were only waiting for this moment to arise.

Je voulais en faire un commentaire pour Diogène, mais comme ça ne marche pas, j'en ai fait un billet.

1071. Aldus : Le phénomène de l'auto-édition.

Chez Aldus, comme toujours, on suit :

Phénomène de l'auto-édition
Scheer est revenu récemment sur le phénomène de l'auto-édition dans deux billets (ici et ici). "Un livre auto-édité peut faire l'objet d'une lecture critique intéressante puisqu'il tend à devenir un livre comme les autres et que la frontière entre les deux formes d'édition est en train de disparaître." Le problème est surtout de repérer ces livres dans l'offre qui ne cesse de croître de manière exponentielle. Et vous, en avez-vous repéré d'autres?

Oui, cher Aldus, c'est la question : comment remplacer le système de repérage des livres devant cette offre dont la croissance est exponentielle ? À mon avis la réponse est à chercher du côté de la croissance exponentielle de ceux qui peuvent en parler et devenir peut-être un jour, eux aussi, des références, c'est tout l'enjeu du Net, ce n'est plus une question de "masse critique" mais d' "affinités sélectives".

1070. En rire. par Ouam-Chotte

Chez Zouam : Un petit texte à rire chez leo, il s'agit du dernier M@nuscrits de Ouam-Chotte.

Je ne suis pas du genre à rire toute la journée, et de moins en moins.

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1069. B.C. N°15 déposé par Nicolaï Lo Russo.

Le roman français : entre l'enclume anglo-saxonne et le marteau asiatique.

Ces temps-ci, blogs et magazines littéraires bruissent d'une douleur sourde, qui s'infiltre, envahit lentement les âmes, comme une longue plainte ; disons le tout net : Les auteurs franco-français CRIENT FAMINE : ils ne vendent plus, ou mal, c'est même, ne craignons pas les mots, franchement la cata , dépossédés qu'ils sont de leur pain au sésame par des hordes d'écrivains copieusement étrangers, multi-traduits, pour la plupart nordiques, sud-américains, états-uniens, ou, pire, extrême-orientaux. Par Sainte-Rita !

C'est préoccupant.

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