"Je serai à Paris ce vendredi, mais comme j'ai pas mal de rendez-vous prévus, j'aimerais en savoir un peu plus sur votre proposition de publication (si proposition il y a).

Merci de garder ce message pour vous, du moins dans un premier temps, afin de faciliter la discussion.

Vous savez que mon blog a une bonne audience: pour moi, ce n'est donc pas intéressant de mettre l'intégralité de mon premier roman sur votre site. Si vous décidez de publier une version papier, je n'ai aucun problème à ce que ça soit dans la collection Manuscrit. Je n'ai pas non plus d'objection à ce que des extraits de mon roman apparaissent sur votre site, mais pas l'intégralité du roman.

D'autre part, j'aimerais savoir si vous comptez assurer une promotion de mon livre dans la presse. Vous savez comme moi qu'un auteur qui n'habite pas à Paris et ne connait pas de journaliste n'aura pas d'articles dans la presse. On peut bien sûr espérer que la blogosphère sera intéressée par CTUC, "le manuscrit le plus célèbre du web" selon vos propres mots :) Mais, encore une fois, je peux tout à fait engendrer ce genre d'attention avec mon seul blog.

Si CTUC sort en version papier, j'espère qu'un budget sera alloué à sa promotion dans la presse. Une telle promotion servira bien sûr mon livre, mais aussi l'image de votre maison auprès des wannabes. Vous savez, par exemple, que Lire publie chaque année un guide "comment se fait éditer": autrement dit, une pub dans Lire touchera directement le public des wannabes.

Ces propositions vont probablement vous sembler absurdes, surtout de la part d'une auteure qui n'a encore rien publié. Mais je suis persuadée que CTUC peut toucher un public, s'il est bien mis en valeur dans la presse.

Merci de me dire ce que vous en pensez."

b) Réponse de Léo Scheer, le même jour:

"Chère Lise Marie,
Je quitte Paris samedi, nous n’aurons donc probablement pas le temps de nous rencontrer. Reparlons de tout ça à la rentrée si vous le voulez bien, et si vous n’avez pas trouvé un accord avec un autre éditeur.
Bien à vous.
léo"

c) Le lendemain (mardi 30 juin), Léo Scheer annonce sur son blog que "Crevez-tous, useless cunts" est disponible online. Bien sûr, ce n'est pas lui qui a ouvert le site qui héberge le vrai/ faux CTUC. Non, non! Une telle démarche serait illégale, comme l'a rappelé Becdanlo en citant le code de la propriété intellectuelle. Or chacun sait que Léo Scheer est un éditeur honnête et vertueux...

Quand j'ai envoyé mon manuscrit à des éditeurs, je n'ai même pas pensé que mon texte puisse être piraté et pastiché sans mon autorisation. Or c'est bien Léo Scheer ou son entourage qui se sont emparés de mon texte pour en extirper des "extraits" parodiques. Ces escrocs sont d'ailleurs presque à visage découvert, allant jusqu'à reprendre la formule de mon email ("le plus célèbre manuscrit du Net", voir commentaire n°99)

Une telle démarche est lamentable. Comme je le disais à Becdanlo, je ne pensais même pas commenter cette dérive "égoûts du web". Mais je ne veux pas qu'une telle mésaventure arrive à mes lecteurs. Surtout, n'envoyez pas votre manuscrit à cet éditeur. Soyez conscient que Léo Scheer joue sur le flou juridique du web. Un exemple? L'absence de cadre juridique de la collection Manuscrit.

En clair, sachez que si vous confiez votre roman à LS, il en fait ce qu'il veut: l'ignorer (la plupart du temps), le copier et le parodier si ça lui chante. Comme me le disait un auteur publié chez LS, "je ne sais même pas comment je vais pouvoir trouver un autre éditeur après être passé chez eux". Une remarque que tout wannabe ferait bien de méditer...