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mardi 13 janvier 2009
Par Laure Limongi,
mardi 13 janvier 2009
Les Éditions Argol ont publié il y a peu une « rencontre » entre Raymond Federman (l’auteur, notamment, de CHUT) et Marie Delvigne. Passionnante s’il en est. Samuel Lequette en parle ainsi dans Sitaudis :
« Je. Qui ça ? »
(X-X-X-X)
Imité du journalisme américain, le genre critique de l’entretien littéraire est né en France à la fin des années 20. Huitième de la collection Les Singuliers des éditions Argol, le livre de Federman et Marie Delvigne lui redonne souffle en introduisant une durée qui est un art de l’écoute ; il marque l’existence d’une œuvre incroyablement libre, qui pourrait bien compter parmi les plus importantes de notre époque.
Dialogue prolongé, organisé selon des thèmes précis – les parents et la ferme ; le départ pour l’Amérique ; le postmodernisme et la surfiction ; la Shoah ; les langues ; Samuel Beckett ; le théâtre ; le sport ; la guerre de Corée ; internet – et enrichi de nombreux extraits de textes et photographies, ce livre amène l’auteur à retracer la genèse, les voies et les détours de son écriture (incertitudes, doutes, incohérences). La connivence et l’amitié qu’entretiennent l’intervieweuse et l’interviewé permettent de construire une réflexion critique vivante et ironique, alternant conversation familière et discours théorique, fondée sur une connaissance approfondie de l’œuvre.
Federman hors limites pourrait être la véritable autobiographie d’un menteur : RAYMOND FEDERMAN OU L’ART DU MENTIR-VRAI. Il y aurait matière à disserter sur les paradoxes et les ressorts oxymoriques de la mimésis et de l’anti-illusionnisme romanesque. Mais dans ce livre, l’auteur est moins contraint par un prétendu « pacte autobiographique », que par l’intégration (feinte) d’un genre méandreux qui lui sert de prétexte, et dont il joue à maintenir les ambiguïtés : « Tu (Marie Delvigne) n’arrêtes pas de poser des questions sur ma vie, quand tu devrais me poser des questions sur les histoires que j’ai racontées sur ma vie. » On ne sait de Federman (comme de Cendrars, avec qui l’on pourrait sur ce plan faire apparaître de nombreuses affinités) que ce qu’il nous dit de lui-même dans son œuvre (et les commentaires qu’il souffle à la critique), qui est un livre des masques – une self-mythographie qui multiplie les hétéronymes (Namredef ; Moinous ; Hombre de la Pluma ; Penman ; Featherman ; Jules ; Boris) et utilise aussi bien la première personne, que la deuxième et la troisième personne pour parler d’un lui-même, qui semble n’avoir d’autre (zone d’) existence que vocale et fictionnelle. Lire la suite
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Par general,
mardi 13 janvier 2009

Magnifique article d'Alexandre Fillon sur La mort n'en saura rien de Georgina Tacou dans le dernier Figaro Madame :
C'est un livre résolument étonnant, qui ne ressemble à rien, mais dans le meilleur sens du terme. Composé d'une série de flashs qui vous éblouissent et vous questionnent La mort n'en saura rien se lit comme un puzzle dont on assemble peu à peu les pièces. La narratrice de ce coup d'essai hors norme a été une gamine maigrichonne. Elle a grandi en République d'Irlande, avec sa tourbe brûlée et ses falaises de jade. Autour d'elle, une mère fantôme, une mère ogre et atteinte d'une maladie incurable; un père Thaddeus, dont elle est la fille cadette. Des frères et soeurs nés d'une "première portée", mais aussi l'adultérin Gianni, dont elle découvre l'existence à quinze ans. Devenue adulte, à Paris cette fois, mademoiselle a désormais les traits d'une jeune femme pleine de vacarme. Elle connaîtra pourtant l'amour véritable avec "trois guerriers": Gabriel, Boucles d'Ombre et Eamon. Il faut se laisser porter par cette prose poétique qui vous emporte comme un torrent, recevoir ces phrases décochées comme des flèches. L'ensemble sonne baroque et électrique, lyrique et absolument pas formaté. La mort n'en saura rien est un ovni d'une puissance incroyable, Georgina Tacou un écrivain sidérant. Faites passer.
copyright photo : C. Vizzavona
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Par Léo Scheer,
mardi 13 janvier 2009
Pour des raisons historiques intéressantes, alors qu'il est un passionné de littérature, les textes écrits de Pascal Thomas sont devenus rares. Je reproduis ici intégralement un billet qui est paru partiellement dans la presse où Pascal évoque Claude :
Si je devais retenir une qualité chez Claude Berri, celle qui m’enchantait le plus, c’est son manque absolu de diplomatie. Dans ce métier où l’usage est de plaire, de séduire, il n’avait qu’une seule méthode, la méthode frontale. Il prenait d’assaut. Créant des situations irréparables, elles s’arrangeaient pourtant, même si parfois nous devions, François Truffaut, Jacques Rozier ou moi-même, d’autres encore, faire l’explication de texte. Lire la suite
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Par Léo Scheer,
mardi 13 janvier 2009
Gérard, dans son commentaire du 12.01.09 # 363 du billet sur la "modération" , cite ce passage de la Communauté inavouable de Blanchot, à propos du pseudo, tel qu'en lui-même, il cherche à exister.
« L’être cherche, non pas à être reconnu, mais à être contesté : il va, pour exister, vers l’autre qui le conteste et parfois le nie, afin qu’il ne commence d’être que dans cette privation qui le rend conscient (c’est là l’origine de sa conscience) de l’impossibilité d’être lui-même, d’insister comme ipse ou, si l’on veut, comme individu séparé : ainsi peut-être ex-istera-t-il, s’éprouvant comme extériorité toujours préalable, ou comme existence de part en part éclatée, ne se composant que comme se décomposant constamment, violemment et silencieusement »
Sur le Net, cette violence fait que souvent le pseudo surgit et éclate à la face de l'autre, un peu comme dans cette autre décomposition du mot : ek-sistere. Ce qui fait de la modération, quelle qu'elle soit, dans tous les sens possibles de ce terme, au mieux une illusion, au pire un contre-sens.
Y-a-t-il une communauté inavouable spécifique de l'écriture sur le Net ?
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