873. Issartel ! Issartel ! par Ephémerveille.
Par Léo Scheer, samedi 22 novembre 2008 :: #873 :: rss
Cette fois ci, il faut bien l'avouer, l'article d'Ephémerveille sur Festino ! Festino ! est une merveille. Je me demandais pourquoi un tel article pouvait nous faire autant, sinon plus plaisir qu'une critique signée par une de nos grandes plumes de la presse littéraire. Je me répondais : l'évidente sincérité :
"A cette rentrée littéraire est sorti le premier roman d’Elodie Issartel : Festino ! Festino !, aux Éditions Léo Scheer.
Festino ! Festino ! Une injonction à l’égard d’un grand-père déjanté que la raison a quitté depuis longtemps, et qui multiplie les frasques les plus originales. Festino ! Festino !, ce que crient chacun leur tour les membres de la famille plutôt atypique qu’Elodie Issartel met en scène dans son roman. De Henriette, la cadette qui se trouve laide au point de porter un masque dans la rue, à Hélène, sa grande sœur, qui, en même temps que de découvrir les nuits parisiennes, la drogue et le sexe, entreprend la réalisation d’un film sur sa singulière smala, les personnages de ce roman s’animent frénétiquement, tentant constamment, avec une tendre maladresse, de se réajuster à une normalité qui n’est vraiment pas leur apanage.
La mère d’Hélène et Henriette, Mathilde, se voit perdre sa féminité, dépressive, cloisonnée entre les murs de sa chambre, tapissés de grands miroirs qui reflètent son visage dévasté par les larmes.
Tous affairés à leurs tracas existentiels, ils voient leur quotidien égayé par leurs attendrissants faux-pas, par Paris, ville qui leur ressemble dans son loufoque foisonnement, mais surtout par cette grande maison, personnage à part entière dont tous les recoins respirent un passé plus que vivant.
Parsemée de fragments de décors des films sur lesquels Festino avait travaillé, cette grande demeure est le réceptacle des fêlures de cette grande famille. Sagamore, le frère disparu, le père décédé… chacun tente de se construire, ou de se maintenir, dans le douloureux souvenir de ces deux êtres absents.
Le roman d’Elodie Issartel est original en tout point. La construction de son texte, fort intéressante, s’organise en plusieurs bribes successives des pensées ou paroles de ses personnages. Dans le chaos le plus total, les voix se suivent, se répondent et s’entremêlent parfois. Ponctuation audacieuse, phrases courtes ; cette extravagance textuelle fait le rythme du roman et le style de l’auteur qui, de sa plume vive et alerte, nous perd dans son livre comme on s’égarerait dans le métro parisien.
Multipliant les références cinématographiques (Chabrol, Godard, Bresson…), Elodie Issartel accentue l’intemporalité qui sied à ses personnages, bien que leurs préoccupations soient très actuelles.
Malgré l’absence de véritable histoire, de trame – le livre étant davantage une suite d’événements ne concernant souvent qu’un seul des protagonistes -, Festino ! Festino ! happe le lecteur par sa fulgurance et sa fantaisie.
Aussi marginal que ses personnages, ce roman martèle son décalage qui, déployé par tant d’ardeur et de talent, ne peut être que novateur.

Commentaires
1. Le samedi 22 novembre 2008 par Un pirate qui se la coule douce
2. Le samedi 22 novembre 2008 par Corsaire
3. Le samedi 22 novembre 2008 par Christian
4. Le samedi 22 novembre 2008 par Poum poum pa
5. Le samedi 22 novembre 2008 par regaindetension
6. Le samedi 22 novembre 2008 par Coccinele soumise
7. Le samedi 22 novembre 2008 par 6
8. Le samedi 22 novembre 2008 par Alain
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