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802. La collection M@nuscrit et la Ligne Sigma

Par Laure Mazzega, mercredi 1 octobre 2008 :: #802 :: rss

La fabrication des ouvrages de la collection M@nuscrits a été confiée à l’imprimerie Laballery qui depuis quelques temps s’est équipée d’une machine numérique tout à fait adaptée à ce type de production : la ligne Sigma. Nous pouvons grâce à cette technologie, adapter au plus juste nos tirages : en cas de besoin de réassort, les livres peuvent être réimprimés en 3 jours, à des coûts très raisonnables.

Commentaires

1. Le mercredi 1 octobre 2008 par serge

Efficace !

2. Le mercredi 1 octobre 2008 par leo

@serge. Très. Ceci fonctionne un peu comme une Cameron mais qui ne sert qu'à des gros tirages. Là, avec notre imprimeur Laballery, (avec qui nous travaillons depuis la création des ELS et dont l'historique est très intéressant) nous entrons dans l'ère du livre à la demande à faible coût et rapide à fabriquer, donc parfaitement adapté à notre situation et à celle, future, de l'édition qui vient du Net.
Quand j'ai reçu le livre de Barberine, j'avais le sentiment de tenir entre mes mains une "révolution".

3. Le mercredi 1 octobre 2008 par Alain Baudemont

Un ou deux bons hommes, une machine, et l'affaire est dans le sac. Je me souviens, dans l'atelier de typographie, où j'ai découvert "la casse", ce casier où se rangeaient les caractères en plomb. Ces caractères avaient chacun une place bien spécifique où les lettres les plus utilisées se trouvaient au milieu de la casse, les lettres capitales se trouvaient sur la partie haute (haut de casse), et les minuscules sur le bas (bas de casse). De l'histoire qui est déjà du passé, sans compter l'odeur de l'encre, et le reste, j'apprenais le métier, travail de correcteur typographique... La machine que l'on voit dans ce documentaire est splendide et le responsable de l'imprimerie est beau comme un livre.

4. Le mercredi 1 octobre 2008 par marie lebrun

Quand le livre sera sorti en librairie, la première version sera-t-elle toujours disponible sur @manuscrits? En avez-vous parlé avec Barberine?

5. Le mercredi 1 octobre 2008 par Chester =^-.-^=

@Alain Baudemont. Songiez-vous à Dominique Haudiquet qui parle à la fin ? Si c'est oui, moi aussi j'ai trouvé qu'il avait le "bon visage" des gens du livre qui aiment leur métier. C'est curieux.

6. Le mercredi 1 octobre 2008 par francus

Bon moi j'ai toujours adoré les robots et les chaînes de montage, alors autant dire que je suis conquis ! Ça manque à mon avis d'un poil d'érotisme, mais peut-être ne suis-je pas d'humeur coquine.
Et puis, si c'est révolutionnaire...

7. Le mercredi 1 octobre 2008 par leo

@francus. C'est vrai que ça manque un peu d'érotisme alors que rien n'est plus excitant que l'imprimerie, je trouve. Pas autant que Anna-Lilith, mais un peu comme Judith avec Holopherne, le côté tranchant peut-être.

8. Le mercredi 1 octobre 2008 par Chester =^-.-^=

@Léo (2). "Là, avec notre imprimeur Laballery, (avec qui nous travaillons depuis la création des ELS// "et dont l'historique est très intéressant)/"

Pourquoi intéressant ? Mais j'anticipe peut-être sur votre biographie ?

9. Le mercredi 1 octobre 2008 par Alain Baudemont

@Chester =^-.-^= En effet, je pensais à ce Monsieur Dominique Haudiquet qui parle à la fin. N'est-ce pas qu'il est beau ! qu'il a le "bon visage" des gens du livre !

10. Le mercredi 1 octobre 2008 par Artno

Publicité intéressante, impressionnante même. Dommage pour la colle.

11. Le mercredi 1 octobre 2008 par Gaël

@Alain Baudemont. Oui, Monsieur Haudiquet semble apprécier les belles choses !

@Francus. Croyez-vous au potentiel érotique des robots ?

12. Le jeudi 2 octobre 2008 par Zoé

A mon sens, le mot "réassort" appartient au langage des marchands de yaourts... il est affreux ! Ne manque plus qu'une date de péremption... hum

13. Le jeudi 2 octobre 2008 par leo

@Zoé. Vous voyez comme les mots peuvent être trompeurs : "retour" est un si joli mot.

14. Le jeudi 2 octobre 2008 par martingrall

Toute une année de labeur W-E compris réduite à quatre minutes trente secondes. J'aime pas les ouvriers du labeur. Et puis il n'y a même pas le marquage à chaud.

15. Le jeudi 2 octobre 2008 par Don Lo

Imprimer les m@nuscrits... dommage.
Il doit y avoir un intérêt économique, mais on y perd le côté work in progress. Le papier fige. On change de catégorie, mais on perd le côté participatif : les commentaires suivant l'impression n'auront plus aucun effet sur le livre imprimé. Le patient est mort.

16. Le jeudi 2 octobre 2008 par leo

@Don Lo. Je ne crois pas que ce soit incompatible. Le M@nuscrit en ligne continue sa vie, tandis que le M@nuscrit papier entre dans les librairies pour vivre la sienne, celle d'un livre. Ce sont deux vies parallèles. Deux vies, c'est quand même mieux que le "zéro vie" d'un manuscrit papier.
J'ai écrit un petit texte pour la collection M@nuscrits où je propose l'image de la "planète Gutenberg" pénétrant dans l'état gazeux de la "Blogosphère".

17. Le jeudi 2 octobre 2008 par leo

@martingrall. Dans le même ordre d'idées que ci dessus, que pensez vous de "toute une année de labeur W-E compris réduite à"... rien ?

18. Le jeudi 2 octobre 2008 par OVN i

Bonjour, ça peut faire dans les combien un robot pareil s.v.p. ?

19. Le jeudi 2 octobre 2008 par Leo Nemo

je sens qu'on va surfer à nouveau sur le rien,là...

20. Le jeudi 2 octobre 2008 par Gaël

@Léo #16. Quand aurons-nous, cher Léo, le plaisir de découvrir votre petit texte sur la collection m@nuscrits ?

21. Le jeudi 2 octobre 2008 par Don Lo

"la "planète Gutenberg" pénétrant dans l'état gazeux de la "Blogosphère"
Oui, très bien : de quoi précipiter quelques jolies concrétions astéroïdes, comme dans une chambre à bulles...

Effectivement, vu comme ça, deux vies par la grâce des machines, c'est enviable. Et le côté économique de la chose n'a rien de sale, au contraire.

22. Le jeudi 2 octobre 2008 par OVN i

Plus les robots feront, plus il y aura du temps pour lire, non ?

23. Le jeudi 2 octobre 2008 par leo

@Gaël. Le 15 octobre 2008, dans toutes les bonnes librairies, en note de l'éditeur du livre Rater mieux de Barberine (Géraldine Barbe), le premier livre de la collection M@nuscrits aux Éditions Léo Scheer. Contact presse Anne Procureur aprocureur@leoscheer.com 01 42 66 63 44

24. Le jeudi 2 octobre 2008 par jcm

@Léo, cette double vie du livre, cette double version, à la fois solaire et lunaire, d'un texte dont la circulation n'est pas de même allure me paraîssent particulièrement heureuses. "Rater mieux" poursuivra son destin, enrichi par la vitesse de l'électronique et la lenteur du papier qui mobilisent d'autres façons de s'installer dans la lecture. Une double séance, double approche dans la marge desquelles ne passeront pas les mêmes regards, ni le même rythme. C'est évident pour la rédaction de "Bréviaire" dont je vous dois "l'installation" au sens pour ainsi dire plastique, dans sa valeur d'exposition spécifique. Et cela me paraît d'autant plus vrai que m@nuscrit montre une construction qui se cherche, intégrant les erreurs dans un ensemble en mesure de les rectifier, de jouer des hasards, des coquilles comme autant d'improvisations réussies tandis que, sur papier, les choses se calment et seront stabilisées par des mesures plus amples et des exigences différentes du point de vue du destinataire. J'avais un moment le désir d'imposer la version définitive de "La chambre" à m@nuscrit comme pour bénéficier d'une nouvelle cohérence. Mais cette cohérence est, de fait, entièrement hantée par les balbutiements constitutifs de la première mouture. Et donner à cette marge, à cette tension entre deux épreuves une existence littéraire, cela me paraît être l'enjeu de l'expérience que votre choix d'éditeur aura anticipée pour nous. Je pense que cela, cher @Léo, n'existe pas ailleurs. Un peu comme une bouteille jetée à la mer, avec le risque de la voir ramassée par des pirates, ce qui n'est pas pour déplaire à une véritable aventure d'écriture; non ? On attend donc -si j'ai bien compris, mais je ne sais- votre propre coup de dés dans la champ de cette distribution nomade...

25. Le vendredi 3 octobre 2008 par Choix

c'est étrange mais je me demande si c'est bien cela éditeur "livre à la demande" ?

26. Le vendredi 3 octobre 2008 par Saltimbanque

@Choix. Pourquoi pas ? C'est pas toujours une demande, les livres ? Editer, c'est éditer.

27. Le vendredi 3 octobre 2008 par Choix

Mince, et moi qui étais persuadé que c'était offrir, éditer, et surtout pas répondre à une demande. Zou, je vais chercher un autre taf dès aujourd'hui alors !

28. Le vendredi 3 octobre 2008 par Nicolaï Lo Russo

@Choix. Ne confondez-vous pas "éditer" et "sortir un livre" ? (c-à-d faire imprimer un livre, le mettre sur le marché, le publier, quoi.) Quand vous voyez parfois ce qui sort, dans les livres "publiés" justement, c'est à se demander s'ils ont été édités. Editer, à mon sens, c'est, pour le professionnel, se pencher sur un texte, tâcher d'en maximiser la qualité propre (et donc l'intérêt potentiel) par un travail d'édition. Au calme, et hors de la chaîne, du marché, du marketing. La "réponse à une demande" c'est dans un autre tiroir je crois. Ou alors c'est carrément avant d'écrire le livre en question — on peut dire, par exemple, que M.Lévy, A.Nothomb, B.Werber, etc. "répondent à une demande" (ou une attente de leur public)
Après, le "livre à la demande" est un des progrès du monde contemporain. Flux tendu entre prodution/consommation. Pas de stock, pas (ou moins) de pilon (ce mot me fait frémir). Et c'est bien de faire comme ça. De pouvoir se le permettre.

29. Le vendredi 3 octobre 2008 par Choix

C'est bien ce que je dis : je change de métier. Ceci est donc mon dernier jour où je fais l'éditeur : je laisse la place aux publieurs (ils l'avaient déjà prise, du reste, cette place).

30. Le vendredi 3 octobre 2008 par martingrall

Leo, 17, ce n'est jamais rien, surtout pour le Lecteur, enfin toujours. L'Editeur un peu, l'auteur lui ? S'il lui suffit d'écrire, et comme sur M@nuscrits, ne jamais y poser le mot fin.

31. Le vendredi 3 octobre 2008 par Don Lo

Ce travail "d'éditeur" semble de plus en plus négligé.
JM Laclavetine en parle dans son interview sur Bibliobs, en l'appelant "préparation de manuscrit".
Interview reprise et commentée par Irène Delse.

32. Le vendredi 3 octobre 2008 par Saltimbanque

@Choix (27). "persuadé que c'était offrir, éditer." Qu'entendez-vous exactement par "offrir" ? Un terme qui porte à confusion, il me semble.

33. Le vendredi 3 octobre 2008 par Salti

@Don Lo. Il n'est pas impossible que la maison Gallimard soit tellement soucieuse de s'éviter des procès qu'elle confie plus volontiers ses manuscrits à des avocats ?

34. Le vendredi 3 octobre 2008 par martingrall

Don Lo, furent-ils jamais des éditeurs ? Peut être Leo devrait-il en donner quelques principes, sans les clefs qui lui sont propres.

35. Le vendredi 3 octobre 2008 par Florent G.

@ Choix (25 et suivants) : vous jouez sur les mots. Parler de "livre à la demande" à propos de cette nouvelle machine, c'est parler de la demande d'un éditeur envers son imprimeur et non, comme vous l'insinuez, de la demande du public, des médias ou de telle autre entité tierce envers l'éditeur, qui réduirait à rien la fonction de ce dernier. Nous pouvons, grâce à cette Sigma, demander à notre imprimeur de tirer cent exemplaires supplémentaires d'un livre si les réassorts nous l'imposent, au lieu de retirer mille exemplaires dont neuf cents seraient pilonnés, comme il peut arriver avec le système courant (et dans ce cas, on peut choisir de ne pas retirer, d'où perte de cent lecteurs possibles). Cela ne met aucunement en cause le travail éditorial, que nous faisons ici avec un acharnement que vous ne semblez pas même imaginer, et que je voudrais bien, en effet, voir partager par l'ensemble du métier.

36. Le samedi 4 octobre 2008 par Véra

@Florent. " le travail éditorial, que nous faisons ici avec un acharnement que vous ne semblez pas même imaginer". Si je peux me permettre, cher Florent, de vous contredire un tantinet. Moi qui découvre le numéro 36 de La Revue Littéraire de plus de 400 pages, je pense que tel Léo et sans doute toute sa maisonnée, vous ne dormez tous que très peu ou jamais ? Cette revue est une pure merveille dans le genre. Les séances de Pierre Guyotat sont une vraie découverte. Je souhaite longue vie et succès à La Revue car elle a vraiment tout pour plaire !

37. Le samedi 4 octobre 2008 par Christian

Bien d'accord avec vous Véra. Lorsque j'ai lu - en le sachant - le premier ouvrage estampillé Léo Scheer, je me suis "amusé" à le regarder sous toutes ses coutures : c'est du bel ouvrage. Celui-ci est invisible mais crève les yeux. Qu'une équipe légère réalise ça est assez impressionnant. Cher Florent, foin de flagorneries, le Rater mieux je vais le tourner et le retourner et comptez sur moi pour ne pas distraire mes sens... critiques.

38. Le samedi 4 octobre 2008 par Thalie

@Christian. Mmm, j'en suis fort aise... Cependant, j'aurais plutôt envie de vous gronder...;) car votre "promenade" fut bien longue, à mon gré...

39. Le samedi 4 octobre 2008 par Clic

Thalie, dites à Véra que Christian s'en est maladroitement expliqué ici.

40. Le mercredi 22 octobre 2008 par LMarg

Cher Léo, avez-vous lu ça ?

“L’internet est l’infrastructure sur laquelle le futur du monde de l’édition dépendra, plus que l’impression offset. Eventuellement, la transition d’un business basé sur “l’impression et le stockage” à un “stockage de données et d’impression” fera plus pour diligenter l’arrivée des livres électroniques que tous les plus beaux readers du monde.”

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