David Abiker poursuit ce matin sur France Info sa méditation sur la société de l'information. Il aborde ce paradoxe : au moment où l'on dénonce les dérives de l'information sur Internet, l'effet du N° 46 de Chronic'art qui est un "fake" démontre que c'est plutôt le mode de fonctionnement des media classiques qui est en cause. Voici sa chronique :

"Chronicart n°46, un faux repris dans cette chronique et révélé par internet..."

David Abiker

"Ce matin un canular signé Chronicart qui fait déjà saliver la toile et qui m’a empêché de dormir Le numéro 46 du magazine Chronicart aurait pu sortir en kiosque un premier avril. Mais non, il est sorti cette semaine et il a une particularité. Son contenu est entièrement faux. Faux reportage, fausse sortie de livre, fausses interviews. Faux mais plausible, tellement plausible que je relatais lundi matin dans cette chronique un événement faux : la traduction en Français du livre visionnaire d’un chercheur américain qui annonçait internet avec 50 ans d’avance. Problème : le chercheur est faux et le livre n’existe pas. En bidonnant son magazine de A a Z Chronicart a voulu faire réfléchir sur la société de l’information. VSD.fr, le Post.fr quelques internautes et Libération.fr ont révélé hier la supercherie. Ca tombe bien puisque Franck Louvrier conseiller presse de Nicolas Sarkozy dans une tribune publiée mercredi dans Libération mettait en garde l’opinion contre les dérives d’une information malmenée par internet. Et c’est le paradoxe de ce canular. Ce n’est pas Internet qui m’a roulé dans la farine, mais une publication professionnelle qui sort en kiosque et dont j’ai repris par le passé certaines infos comparables et fiables, celles-ci. Et cela intéressera Franck Louvrier, ce sont justement des internautes, des journalistes de la presse en ligne et des lecteurs de Chronicart qui les premiers ont eu la puce à l’oreille. Alors, c’est bien sûr un grand moment de solitude pour celui qui fait une revue de presse et de web que de lire dans un magazine sérieux une information fausse et c’est encore pire de la rapporter à ses auditeurs. Dans ce genre de cas on fait un erratum, on se rassure comme on peut en se disant qu’heureusement « y’a pas mort d’homme »."

Nous avions commencé à aborder ce sujet dans le billet N° 561 : De ce qui n'a pas lieu. du 23 mai 2008