Par Léo Scheer, dimanche 4 mai 2008 :: #531 :: rss
1. Le dimanche 4 mai 2008 par Dahlia
Merci Léo! Je viens de faire une petite recherche d'après le nom et je tombe là -dessus, ça donne une bonne xplication du tableau (tout en bas de la page). Visiblement, il est maintenant au Louvre, dommage que le Musée Ingres n'ait pu le récupérer ^^
2. Le dimanche 4 mai 2008 par léo
@Dahlia. Une femme qui laisse tomber son livre pour un simple baiser sur la joue; un fantasme d'éditeur.
3. Le dimanche 4 mai 2008 par Dahlia
Croyez-vous qu'elle était vraiment en train de lire? A sa façon de baisser les yeux, je pense que ce n'était qu'une posture... Et puis il ne fait pas qu'un baiser sur la joue, regardez un peu la main sur la nuque, enfin sur l'épaule disons... (ceci dit, il serait instructif de savoir pourquoi M.T. a choisi ce tableau plus qu'un autre)
4. Le dimanche 4 mai 2008 par léo
@Dahlia. Non, je pensais à Wrath et à la raison pour laquelle elle ne laisse pas tomber son livre. M.T. ne fréquente pas les blogs, il est contre. Je suppose qu'à cette époque où Ingres a dessiné et peint tant de fois ce thème, qui était aussi celle ou Barbey d'Aurevilly écrivait ce premier livre et vivait une relation dont il était le reflet au point de l'avoir dédié à celle qui l'inspira, le thème de l'amour impossible était particulièrement présent dans les esprits et les oeuvres. Que ce soit un roman d'amour courtois qui provoque cette passion et qui, par sa chute, symbolise son accomplissement fatal et sa damnation, constitue une belle mise en abîme.
5. Le dimanche 4 mai 2008 par si je puis faire ma pédante
... le livre ne fait pas que tomber : si je me souviens bien, c’est à cause du roman courtois qu’ils étaient en train de lire ensemble (Lancelot je crois) que Paolo et Francesca cèdent à leur penchant l’un pour l’autre, s’embrassent, sont poignardés par le frère et mari jaloux, et, ayant commis le péché de chair, envoyés direct dans le 2e cercle de l'Enfer, chez Dante
6. Le dimanche 4 mai 2008 par Véra
Pédante ? Une tésorière, vous voulez dire. Cela fait un bout de temps que je voulais demander quel pouvait bien être ce livre ?
7. Le dimanche 4 mai 2008 par Véra
@Dahlia. Sur votre lien, le tableau est inversé. Non ? NB. Quant à votre lien initial, si précieux, du Billet de Gabriel Matzneff la vidéo a disparu.
@Dahlia. Sur votre lien, le tableau est inversé. Non ?
NB. Quant à votre lien initial, si précieux, du Billet de Gabriel Matzneff la vidéo a disparu.
8. Le dimanche 4 mai 2008 par léo
@Véra. J.D.I. a réalisé de nombreuses versions de cette scène, le lien que Dahlia a proposé pour l'expliquer concerne cette version. L'inversion du livre lâché par la main droite permet de représenter celui qui va les envoyer dans le deuxième cercle de l'Enfer.
9. Le lundi 5 mai 2008 par léo
@Véra. « Amor, ch'al cor gentil ratto s'apprende, prese costui de la bella persona che mi fu tolta; e 'l modo ancor m'offende. Amor, ch'a nullo amato amar perdona, mi prese del costui piacer sì forte, che, come vedi, ancor non m'abbandona. Amor condusse noi ad una morte. Caina attende chi a vita ci spense." Queste parole da lor ci fuor porte. » D.
@Véra.
« Amor, ch'al cor gentil ratto s'apprende,
prese costui de la bella persona
che mi fu tolta; e 'l modo ancor m'offende.
Amor, ch'a nullo amato amar perdona,
mi prese del costui piacer sì forte,
che, come vedi, ancor non m'abbandona.
Amor condusse noi ad una morte.
Caina attende chi a vita ci spense."
Queste parole da lor ci fuor porte. »
D.
10. Le lundi 5 mai 2008 par Véra
Cher Léo, le mot merci a envahi ma souris dans toutes les langues ! Depuis deux jours, j'ai une réflexion qui me taraude - à propos des gentils et des méchants de Lacan à propos de la critique que vous évoquez dans un autre Billet - mais je vais retrouver. Superbe la pub de Bruno A. à l'accueil. Mais quel site que ce Site des ELS. La vie est trop passionnante, il FAUT qu'il y ait une re-vie survie, ABSOLUMENT!
Cher Léo, le mot merci a envahi ma souris dans toutes les langues !
Depuis deux jours, j'ai une réflexion qui me taraude - à propos des gentils et des méchants de Lacan à propos de la critique que vous évoquez dans un autre Billet - mais je vais retrouver.
Superbe la pub de Bruno A. Ã l'accueil. Mais quel site que ce Site des ELS. La vie est trop passionnante, il FAUT qu'il y ait une re-vie survie, ABSOLUMENT!
11. Le lundi 5 mai 2008 par francus
Aussi cette version, post-mortem. http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/ba/1835_Ary_Scheffer_-_The_Ghosts_of_Paolo_and_Francesca_Appear_to_Dante_and_Virgil.jpg/800px-1835_Ary_Scheffer_-_The_Ghosts_of_Paolo_and_Francesca_Appear_to_Dante_and_Virgil.jpg
12. Le lundi 5 mai 2008 par Véra
@francus. Sublime ! Cela laisse sans voix, aussi. Dans le lien de @Dahlia 1*, Baudelaire évoque "ce tempérament énergique qui fait la fatalité du génie".
13. Le lundi 5 mai 2008 par Dahlia
Ohlà là la pose outrageusement romantique du type qui semble hurler de désespoir la main sur le front... Notez que Francesca et Paolo ont tous deux l'entaille au niveau du coeur mais qu'elles ne saignent pas...
14. Le lundi 5 mai 2008 par jcm
@Dahlia Il faut noter, me semble-t-il, que le tableau d’Ingres n’est pas visible dans son intégralité, mais nous dérobe le regard pernicieux d’un observateur extérieur qui assiste à la scène, placé derrière un rideau : instant volé depuis ce point occulte d’un assistant, présent à la scène sans en témoigner. Inclus dans le tableau sans y apparaître autrement qu’à la dérobée, on a le sentiment que l’œil insistant d’un voyeur (le père ?) s’ouvre au regard fermé, mis clos, absent, des amants. Un autre détail nous échappe, le point d’éclosion d’une fleur, à l’arrière gauche, très en rapport avec le grain parfait de la chair qui, chez Ingres, ne laisse jamais de rides, la peau étant lissée le long des doigts, sans nulle plicature de l’âge. Je dis cela pour rendre attentif au caractère intemporel de ce baisé volé, placé hors-temps… dans le « temps mort » de la chute, celle d’un livre en lévitation, posé dans l’instant indécidable d’un parcours interminable, à jamais figé dans sa course, néanmoins entr’ouvert sur un page unique et singulière, ne ressemblant à aucune autre. Comme ventilé par le temps, le nappage du livre, dont chaque folio nous met en présence d’un autre instant, en laissera plusieurs en concurrence (on devine, par la tranche, que d’autres pages sont déjà sur le point de se tourner légèrement). Ingres nous met ainsi devant la pulsation ou sous le rythme de la lecture la plus anonyme : l’effeuillement des nappes du temps que la lectrice abandonne à sa chute dans l’extase des joues effleurées. Un petit peu de temps à l’état pur, en somme…
15. Le lundi 5 mai 2008 par jcm
mauvais temps aussi à en juger par l'épée du père (mari?) qui va clore sans doute le chapitre par le meurtre des amants, dans le noir brutal, avant que le livre n'ait touché le sol...
16. Le lundi 5 mai 2008 par véra
@jcm. je me demande si @Dahlia ne parle pas de l'autre tableau, celui mis en lien par @francus ? @Léo. I'm sorry (?)
@jcm. je me demande si @Dahlia ne parle pas de l'autre tableau, celui mis en lien par @francus ?
@Léo. I'm sorry (?)
17. Le lundi 5 mai 2008 par jcm
@vera c'est possible, mais c'était pour porter le regard sur la chute du livre (qu'on voit souvent dans les natures mortes. Le côté "stilles leben" se retrouve un peu ici dans l'atmosphère de meurtre qui plane sur l'oeuvre mise en exergue)
18. Le lundi 5 mai 2008 par véra
@jcm. Oh ! je vous prie de m'excuser, vraiment. Je suis toujours émerveillée du regard attentif que l'observateur d'un tableau peut apporter, comme si l'oeuvre d'un artiste ne lui appartenait plus tout à fait en ouvrant tous les champs du possible. A tous les rêves ! Mais je craignais d'avoir été trop impulsive dans mon admiration pour le *11
19. Le lundi 5 mai 2008 par véra
Et surtout la hantise de me disperser en m'éloigant d'un billet accusant le travail d'attaché de presse qui ne semble pas être une sinécure lui non plus ! Et en tant que lectrice curieuse, j'avoue être chaque jour "sidérée".
20. Le lundi 5 mai 2008 par jcm
@Véra. Le tableau auquel renvoie @francus, concerne le même motif sans doute, mais avec un air de résurrection, comme si la mort qui vient faucher ceux qu'Eros avait unis pouvait les éterniser dans l'instant de leur chute, un hors-temps en lequel le livre du premier tableau trouve son supens (son temps-mort...)
21. Le lundi 5 mai 2008 par véra
Merci. J'avoue que le talent de certains peintres me donne souvent le tournis, lui aussi !
22. Le lundi 5 mai 2008 par Alain Baudemont
Le sage, enseignait Epicure, s'il se trouvait par malheur en train de rôtir à petit feu dans le ventre de cet ardent animal, (un taureau d'airain incandescent) s'écrierait : "Que ceci est agréable ! Que j'en suis peu ému !" Gabriel : un homme d'esprit qui saute par-dessus les barrières que dressent les imbéciles. Matzneff : Un orthodoxe prompt à la transgression Rions un peu, amusons-nous, enfin, la liberté de dire, quoi... Paolo : Ah ! salope, tu crois te satisfaire de ce que tu as. More ! Tu veux être baisée, espèce d'amoureuse ! Tu veux être sautée, biaiseuse, va ! Tu veux coïhabiter avec moi, concubine, va. Déjà mariée ! Paillasson ! Francesca : Pauvre couille molle de vieil étudiant, mendiant ! Tu te flattes, hein, de me niker, hein, pauvre turpitudeur de ma belle fente ! Tout Paris m'a grimpé dessus, devant, derrière, et si je te refilais le sida, hein. Ton petit ami en a une plus grosse que la tienne ! La question est de savoir si les jeunes lycéennes lisent encore et "sans se cacher" (évolution oblige) le salamandrin à l'image chauve de Casanova qui est fier parce qu'il n'est rien. Mais, qu'on ne s'y méprenne pas, et pour le dire hors de l'anonymat, j'ai lu Maîtres et complices de Gabriel Matzneff, avec une certaine gourmandise, qui me révéla encore bien des choses, qui me confirma mon amour de la lecture, bref, l'amour, sinon du prochain, du moins, des livres. Oui, je sais, ça ne me ressemble pas supra... Respectueusement et clin d'oeil à Gabriel Matzneff,
Le sage, enseignait Epicure, s'il se trouvait par malheur en train de rôtir à petit feu dans le ventre de cet ardent animal, (un taureau d'airain incandescent) s'écrierait : "Que ceci est agréable ! Que j'en suis peu ému !"
Gabriel :
un homme d'esprit qui saute par-dessus les barrières que dressent les imbéciles.
Matzneff :
Un orthodoxe prompt à la transgression
Rions un peu, amusons-nous, enfin, la liberté de dire, quoi...
Paolo : Ah ! salope, tu crois te satisfaire de ce que tu as. More ! Tu veux être baisée, espèce d'amoureuse ! Tu veux être sautée, biaiseuse, va ! Tu veux coïhabiter avec moi, concubine, va. Déjà mariée ! Paillasson !
Francesca : Pauvre couille molle de vieil étudiant, mendiant ! Tu te flattes, hein, de me niker, hein, pauvre turpitudeur de ma belle fente ! Tout Paris m'a grimpé dessus, devant, derrière, et si je te refilais le sida, hein. Ton petit ami en a une plus grosse que la tienne !
La question est de savoir si les jeunes lycéennes lisent encore et "sans se cacher" (évolution oblige) le salamandrin à l'image chauve de Casanova qui est fier parce qu'il n'est rien.
Mais, qu'on ne s'y méprenne pas, et pour le dire hors de l'anonymat, j'ai lu Maîtres et complices de Gabriel Matzneff, avec une certaine gourmandise, qui me révéla encore bien des choses, qui me confirma mon amour de la lecture, bref, l'amour, sinon du prochain, du moins, des livres.
Oui, je sais, ça ne me ressemble pas supra...
Respectueusement et clin d'oeil à Gabriel Matzneff,
23. Le lundi 5 mai 2008 par véra
@Alain Baudemont. Mais qui êtes-vous donc, cher et si mystérieux Alain Baudemont ; vous qui semblez savoir tant de choses, alors que moi je ne sais presque rien ? De Gabriel Matzneff avez-vous lu d'autres choses ? L'amour du prochain est une noble cause. Très malaisée, c'est certain !
24. Le lundi 5 mai 2008 par Alain Baudemont
@23."Mais qui êtes vous donc" Je suis Alain Baudemont. "Très malaisée, c'est certain !"... Mais pourquoi, très malaisée ?... Je ne comprends pas... De Monsieur Matzneff, bien sûr, évidemment, j'ai lu beaucoup d'autres mots, de a à z, et de z à a, et davantage encore, et depuis un longtemps, enfin, pas d'hier, n'est-ce-pas, de ce très, et à mon goût, riche écrivain. Pour moi, Matzneff, est un écrivain, oui, un écrivain qui "sait" ce que veut dire écrire. Il écrit, Matzneff. Il y en a tellement peu qui savent faire ça. Matzneff, il n'y a aucun doute, écrit comme Ingres peint. C'est vous dire, Dans La Caracole, en 1969, je crois, je ne suis pas sûr, Matzneff (qui décidément ressemblait en dégaine déjà à un autre écrivain que j'aime - Jean Genet - écrivait "Si je pèche, c'est par défaut de doctrine". Plus sincère, on peut pas être... J'avais 21 ans, la beauté idem, j'étais Alain Baudemont, enfin, quoi, j'aimais déjà les étrangères, et d'embrasser les bergères dans la paille, sous la pluie, ah, la pluie, que déjà , Matzneff, focalisait juste. Ah, Matzneff ! J'aimais le lire à voix haute, la belle ne comptait plus ses brebis, Elle roucoulait... Non, ce n'était pas Angiolina, de la même pure merveille... C'est vous dire... Respectueusement, à Vous, Madame,
@23."Mais qui êtes vous donc" Je suis Alain Baudemont. "Très malaisée, c'est certain !"... Mais pourquoi, très malaisée ?... Je ne comprends pas... De Monsieur Matzneff, bien sûr, évidemment, j'ai lu beaucoup d'autres mots, de a à z, et de z à a, et davantage encore, et depuis un longtemps, enfin, pas d'hier, n'est-ce-pas, de ce très, et à mon goût, riche écrivain. Pour moi, Matzneff, est un écrivain, oui, un écrivain qui "sait" ce que veut dire écrire. Il écrit, Matzneff. Il y en a tellement peu qui savent faire ça. Matzneff, il n'y a aucun doute, écrit comme Ingres peint. C'est vous dire,
Dans La Caracole, en 1969, je crois, je ne suis pas sûr, Matzneff (qui décidément ressemblait en dégaine déjà à un autre écrivain que j'aime - Jean Genet - écrivait "Si je pèche, c'est par défaut de doctrine". Plus sincère, on peut pas être...
J'avais 21 ans, la beauté idem, j'étais Alain Baudemont, enfin, quoi, j'aimais déjà les étrangères, et d'embrasser les bergères dans la paille, sous la pluie, ah, la pluie, que déjà , Matzneff, focalisait juste. Ah, Matzneff ! J'aimais le lire à voix haute, la belle ne comptait plus ses brebis, Elle roucoulait... Non, ce n'était pas Angiolina, de la même pure merveille... C'est vous dire... Respectueusement, à Vous, Madame,
25. Le lundi 5 mai 2008 par véra
@Alain Baudemont. Ne serait-il pas bien de demander à @Léo et @Florent de transférer les *22,23,24 sur le billet de GM ? Qu'en pensez-vous ? Comment dit-on pour une femme dans la haute société ? "Vôtre, Monsieur ? Avec toute ma sympathie ? Matznèvement vôtre ? Je me demandais où vous étiez ?"
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Commentaires
1. Le dimanche 4 mai 2008 par Dahlia
2. Le dimanche 4 mai 2008 par léo
3. Le dimanche 4 mai 2008 par Dahlia
4. Le dimanche 4 mai 2008 par léo
5. Le dimanche 4 mai 2008 par si je puis faire ma pédante
6. Le dimanche 4 mai 2008 par Véra
7. Le dimanche 4 mai 2008 par Véra
8. Le dimanche 4 mai 2008 par léo
9. Le lundi 5 mai 2008 par léo
10. Le lundi 5 mai 2008 par Véra
11. Le lundi 5 mai 2008 par francus
12. Le lundi 5 mai 2008 par Véra
13. Le lundi 5 mai 2008 par Dahlia
14. Le lundi 5 mai 2008 par jcm
15. Le lundi 5 mai 2008 par jcm
16. Le lundi 5 mai 2008 par véra
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21. Le lundi 5 mai 2008 par véra
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