429. Petites annonces. (1) TEAKI.
Par Léo Scheer, mercredi 5 mars 2008 :: #429 :: rss

TEAKI. Roman. "Mon Baromètre du Bonheur"
"Les chanteurs, les poètes écrivent des odes aux femmes et à l'amour, moi, en tant qu'écrivain, j'ai choisi de parler des hommes à travers Viktor, l'anti-héros drôle malgré lui, stakhanoviste du bonheur à tout prix et forcément attendrissant..."
"Mon Baromètre du Bonheur" cherche un éditeur...A bon entendeur...
Biographie Française, née à Dakar (Sénégal) originaire des Iles Marquises (Polynésie Française), par ma mère. Bilingue en anglais, je parle couramment espagnol, j’ai des notions de portugais et j’ai pratiqué le japonais pendant deux ans. Diplômée de hautes études commerciales, j’ai aussi suivi l’enseignement théâtral du cours Florent à Paris. Enfant, j’ai vécu en Afrique et au Moyen-Orient (Angola, Algérie, Egypte, Tunisie, Gabon, Iran…). Depuis, j’ai habité et travaillé au Japon, aux Etats-Unis et j’ai choisi de revenir en France où j’ai alterné périodes d’écriture et entreprenariat. Le reste du temps, je voyage en famille.

Centres d'intérêt TEAKI.NET, Blog littéraire, blog roman, blog monde. J'évoque mes rencontres, je partage ma vision des Iles Marquises, de l'Afrique ou d'ailleurs... TEAKI.NET est mon laboratoire d'idées. Je cultive en ligne mon jardin d'idées. TEAKI.NET est ma serre dans laquelle j'essaie des nouveautés, je sème, bouture, marcote et patiente. Si l'idée prend, l'émotion touche, je les transforme et m'en inspire pour mes travaux au long cours. Aussi, n'hésitez pas, laissez des commentaires! Plus généralement, j’écris depuis l’enfance pour mieux approprier l’étrange, l'étranger. Quelle que soit la forme l’écriture est pour moi le mode d’expression premier, valorisant et potentiel de sagesse. Aller toujours plus loin dans la découverte de l’humain, raconter et rendre plus familières des contrées éloignées tant au niveau culturel que géographique, prtager, lier les mondes, voilà ce à quoi j’aspire profondément. Mon moteur d'écriture est aussi mon moteur tout court. Dans la vie, je suis à la lisière de plusieurs mondes, je préfère être libre qu'en sécurité. J'ai besoin de communiquer, de bouger, d'aller vers les autres, de regarder dans d'autres directions. Je suis "nomade de la pensée"... Ecrire est pour moi aussi naturel que parler. En écrivant, je me recentre, je prends du recul par rapport à mon environnement et j'en restitue mes sensations et convictions. J'écris aussi pour garder et exprimer la conscience des moments vécus. Ecrire, c'est faire acte de mémoire.
Extrait : (....)
j’étais viré du conseil d’administration. Là , j’ai arrêté de respirer. J’ignore encore les conséquences de cet arrêt respiratoire, si comme pour les nouveaux-nés, le manque d’air a eu un effet irrémédiable sur la vivacité de mes cellules. Toujours est-il que je me suis assis, le dos droit. Pendant des heures, je suis resté les yeux perdus dans la blancheur du canapé italien, attendant que mon destin se délite sous mes yeux, un téléphone mobile dans chaque paume ouverte vers le ciel comme si je récitais le Notre Père. D’un coup, je n’ai plus ressenti l’envie de marteler mes résultats comme autant de preuves de ma volonté à faire partie du flot consensuel. (...)J’étais comme l’alpiniste qui vient de recevoir un bloc de granit sur le front, chute de cinquante mètres, glisse dans une crevasse, entend l’hélicoptère des secours repartir, sent le froid crever l’épiderme comme des centaines d’aiguilles. Si Léonie reprenait la direction de l’usine de croquettes de Quimperlé, je pouvais dire adieu à ma source de liquidités et Kairos devait apprendre à vivre en autonomie. Ce qui, vu l’emplacement, la taille de ses bureaux, son personnel avenant et inefficace, était aussi probable que la venue du messie.
J’étais mort.
C’était la fin, ma fin. Moi qui détestais les fins de livres, de films, de rendez-vous, de réunions, j’étais désarçonné. J’ignorais que cette angoisse venait de mon père, qu’il l’avait posée là en partant, comme les américains laissaient des mines au Vietnam, sachant qu’un enfant avait plus de risque de marcher dessus qu’un régiment de rebelles communistes. J’étais tétanisé et j’allais payer cher pour comprendre la cause de ma paralysie. (…)En fait, je ne sentais rien. Pas d’accès dépressif ni de crise maniaque. Ni vide, ni tristesse, ni joie ! J’étais comme un bateau dont on a coupé le moteur. J’étais arrêté et j’attendais de repartir dans le flot consensuel.
Le flot consensuel, cela sonne comme un nom de secte mais la vie non décidée est-elle autre chose qu’un enfermement mental, une sorte de secte non identifiée, plus vaste et puissante que toute autre par son caractère diffus et multi-têtes, tel un dragon dont la tête repousserait même après l’avoir tranchée dix fois ? Exactement le genre de scène ridicule que l’on voit dans des films de kung-fu ou d’animation asiatique qui font un tabac dans nos contrées. Peut-être est-ce la preuve qu’ils résonnent en nous, illustrant un environnement hostile et tenace, tel un dragon invincible ?
Maintenant que j’ai échappé pour de bon au flot consensuel, je puis dire que la peur et ma médiocrité m’ont sauvés. Si j’avais eu la trempe d’un gagnant (allusion niaiseuse à mon patronyme G-A-G-N-E), j’aurais harcelé le mandataire judiciaire, emprunté pour remettre à flot Kairos, engrossé ma femme avec une aisance répétitive. Bref, si j’avais eu un tantinet de talent, j’aurais rebondi. Grâce à Dieu ou à ses supplétifs, j’étais médiocre donc j’ai failli au repêchage. (…)
La seule arme dont je disposais pour atteindre le Kairos était cette nouvelle volonté d’aller au-delà des contraintes, d’échapper à l’indifférence, au quotidien plat. Tel le randonneur en haute montagne, je voulais découvrir les vallées au-delà des cols, tracer de nouveaux itinéraires, braver la neige fraîche de l’aube, nourrir les pitons glacés de mon ambition virile, déclencher des remous dans le manteau blanc à force de tenter le sort. En suivant les diktats de Léonie, j’avais obtenu disgrâce, solitude et abandon. Je changeais les règles du jeu. Je devais aller au bout de ma logique.
Avec le Kairos, je tenais mon plan Marshall. Reconstruction revancharde en sept étapes.
Je n’avais rien à perdre."

Commentaires
1. Le mercredi 5 mars 2008 par George-s
2. Le mercredi 5 mars 2008 par léo
3. Le mercredi 5 mars 2008 par George-s
4. Le mercredi 5 mars 2008 par Emmanuel Tugny
5. Le mercredi 5 mars 2008 par TEAKI
6. Le mercredi 5 mars 2008 par TEAKI
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9. Le mercredi 5 mars 2008 par léo
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11. Le mercredi 5 mars 2008 par George-s
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16. Le mercredi 5 mars 2008 par stalkerina
17. Le jeudi 6 mars 2008 par stalkerino
18. Le jeudi 18 septembre 2008 par Daniel Fattore
19. Le jeudi 18 septembre 2008 par ratatouille
20. Le jeudi 18 septembre 2008 par Libellule
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