Retenons notre attention sur le défilé du plus oriental de nos créateurs belges et flamands, Dries van Noten. Combinaisons et robes en soie imprimée de motifs chinois ou japonais (gravures et estampes). Parfois madras ou cachemire (comme les vieilles écharpes baba-cool). Des gros pull en mailles reprennent quant à eux les couleurs de Klimt, chamarré de rose et beige doré. Mon modèle préféré, une robe imprimée sous une veste en tweed (n°18/59), mais aussi les pulls brodés portés nonchalamment sur des jupons vifs. Droit, mais pas serré, les tenues de Dries van Noten sont toujours confortables (critère essentiel pour les porter ensuite). Dans le choc entre le froid du satin et la chaleur des fourrures, il nous emmène dans les montagnes du Pakistan. L'autre créateur, Riccardo Tisci pour Givenchy quitte les rivages de Corto Maltese (les ensemble pantalon et caban de l'année dernière étaient à mourir d'élégance), pour une allure plus punk. Fuseau noir ou pantalon vinyle, une kyrielle de chaînes et sautoirs en métal doré autour du cou, le caban juste posé sur les épaules. Plus féminin, moins androgyne, les doudounes vernies donnent un air upper-class (n°21/45). On est plus dans le Givenchy des années 60, que dans les silhouettes garçon manqué. Puis Karl Lagerfeld (pas chez Chanel) propose des tenues chics en noir, sobres, simplement soulignées de low-boots vernis à lacet. Un manteau bleu années folles (n°12/36). Moins de coup de coeur pour les blazers blancs avec noeud papillon noir. Mais la fin est sublime, robes fourreau rehaussées d'une veste courte et large en strass (n°33/36). Pour conclure, la tendance à retenir est le corps couvert de matières tendres, chaudes et moulantes, sur tous les bras et les jambes, avec par dessus des vestes amples et hivernales.