- Sur le site Clarin (Argentine), la version sophistiquée: «Dégage, pauvre demeuré» («Rajá, pobre pelotudo»)
- Sur le site d’El Pais (Espagne): «Tire-toi de là, pauvre couillon!» («¡Pírate, pobre gilipollas!»)
- Sur le site de la BBC (Royaume-Uni), la classe toute britannique: «Va-t’en, espèce d’imbécile d’heureux» («Get lost then you bloody idiot, just get lost!»)
- Sur le site du New York Times (Etats-Unis), qui reprend la dépêche signée Associated Press: «Alors barre-toi, abruti fini» («Then get out of here, you total jerk»)
- Sur le site de «Times» (Royaume-Uni), une version édulcorée: «Va te faire bip, triple buse» («P*** off, stupid sod»)
- Sur le site de «Die Welt» (Allemagne): «Barre toi, tête de con» («Hau ab, du Dummkopf»)
Oui, Dummkopf est trop faible en allemand, d' ailleurs sur plusieurs sites allemands on a affaibli l' injure. L' équivalent réel serait "Verschwinde, du Arschloch !"
La "cartographie" de Dominique Cardon est très intéressante pour les échanges sur le net. En revanche pour l'affaire du Salon de l'agriculture, je ne suis pas certain que ce soit très opérant, parce que ce qui se passe entre le visiteur présidentiel et le visiteur lambda est finalement très physique (le contraire du web, donc, où les échanges les plus vifs et les plus prometteurs sont dans un premier temps désincarnés). C'est d'ailleurs étrange que les analystes dans les grands médias s'en tiennent à leur histoire de tension entre fonction présidentielle et impulsivité en négligeant le facteur à mon avis essentiel: tout se passe dans une foule mouvante et oppressante, NS et le visiteur sont à quelques centimètres, même en voulant s'éviter (?) ils se frôlent et se touchent, pendant quelques secondes ils sont prisonniers l'un de l'autre, le problème des mots qui "dérapent" vient surtout d'un problème de proximité physique insupportable, que traduit d'ailleurs maladroitement la double insulte ("touche moi pas"/"casse toi"). Quiconque se retrouve entravé, asphyxié, ralenti, ballotté, oppressé par une foule (même enthousiaste) est à cran: il ne faut qu'une étincelle pour que l'envie de meurtre apparaisse.
J'ai envoyé mon dossier, pour suivre Nicolas Sarkozy comme l'a fait Yasmine Reza mais dans un documentaire. Je serais la bonne personne ou en tout cas pas la plus mauvaise car je me sens neutre et que je ne vis pas en France. Je ne suis ni Pro ni Anti Sarkozy. Je vote vert. Mais dans un autre pays. Je me demande qui est vraiment cet homme. Dans mes visions, depuis avant même qu'il ne soit président, je le vois se faire tuer très vite, assassiné. Raison pour laquelle j'aimerais bien faire un documentaire. Pour garder des images, le plus vrai possible de la réalité. Pour le moment, il est encore vivant et suffisamment inconscient pour continuer des bains de foule. Dans le contexte actuel, c'est dangereux. Mais bon, c'est comme dans Dead Zone, peut-on oui ou non changer le futur... J'ai aussi un diplôme en sophrologie à part un classique BA, et mon argument était, engagez quelqu'un qui vous filme et qui vous RELAXE. Il devrait engager un relaxologue qui le suit partout. Ce qui est certain, c'est que ce type était assez proche pour lui planter un coup de couteau.
Dans ma vision, Sarkozy se fait assassiner par un Rachid de banlieue pensant sauver la France, pays qui en réaction prend le cap direct de l'extrême droite. Election à la va vite, duo Marine Le Pen, Ségolène. Marine l'emporte.
Mes visions sont souvent foireuses. Je rassure tout le monde.
Je fais un peu les même rêves que vous Léa c'est drôle... Vous pourriez aussi en profiter pour faire un docu sur Stalky l'affreux loup aigri, avant qu'il se fasse rompre (en Place de Grève ou ailleurs) par une foule vengeresse désireuse de faire revenir la vie sur la Terre :)
@Marco. L'effet du "bain de foule" que vous évoquez existe, bien sûr, mais il se passe autre chose dans la relation entre NS et la société, dont ce dérapage n'est qu'un symptôme, comme l'était celui avec les pécheurs, ou même l'affaire du sms. Dans l'analyse de Pierre Clastres que j'évoque à propos de la Couronne, le "Chef" est maintenu à distance de la tribu par toute une série de règles, y compris le "Grand Parler" qu'il est seul à pratiquer. Cela sert, en sens inverse, à la société, à se protéger du pouvoir. S'il y a transgression des règles de mise à distance de ce pouvoir symbolique, c'est vécu par la société comme une menace. (Le Roi est fou, il se prend pour le Roi). Il y a dans la fonction de "Chef" un aspect qui appartient à la sphère du "jeu de rôle" qui ressemble beaucoup à ce que décrit Dominique Cardon sur les "identités virtuelles" qui se forment sur le net. Le phénomène nouveau réside dans la "porosité" entre le réel et le virtuel. D'une part l'information circule immédiatement (3 millions de vues dans la journée, c'est l'équivalent d'une audience TV importante), mais surtout, le mode de relation qui s'établit entre "pseudos" devient la règle dans le réel. NS semble vivre comme un pseudo sur son blog et la nature des échanges qu'il produit avec la société prend cette forme, inter-individuelle, dans ce jeu de rôle. C'est ce qu'un député appelle des rapports "d'homme à homme". Là, nous sommes complètement sortis des règles du jeu du "pouvoir symbolique" et nous sommes dans l'affrontement direct entre la société et l'Etat où la société ne se sent plus protégée. (L'évocation du "bouton nucléaire" est caractéristique de cette angoisse). Donc, en sens inverse, il ne viendrait à l'esprit de personne de considérer que la phrase du "visiteur" est une "offense au Chef de l'Etat". Nous sommes dans un virtuel pur, pas très loin de notre "duel" Stalker/Ferraille, dont le principe est, effectivement, "qu'ils ne se touchent pas". Recevant hier les lecteurs du Parisien, et parlant de sa baisse dans les sondages, NS a expliqué en substance qu'il en avait vu d'autres dans sa carrière, que la vie politique est une succession de hauts et bas, ce qui semble évident. Mais on peut se demander si le phénomène n'est pas d'une autre nature, s'il n'y a pas un engrenage dans les jeux de rôles qui, à un certain moment, échappent aux joueurs et se mettent à obéir à des règles qui les dépassent.
@Léa/Anisée. Vos projections fantasmatiques me semblent justes. C'est bien de cet "imaginaire" là qu'il s'agit dans le "pouvoir symbolique" et dans la mise en scène de sa "fiction".
Ah, enfin de la littérature. :-)))) Cathelat mis à la sauce média tendance poux de la société. Para sites web 2. Le problème avec la cartographie de celui dont on parle, c'est de poser trois points
Oui, bien sûr, Arschloch = trou du cul, mais blöd ne traduit pas con. Je parle en niveau, en gravité de l' injure. Blödmann ou Dummkopf sont assez innocents... pour avoir travaillé un an à l' usine Mercedes je suis assez sensible au niveau des injures en allemand...
Donc un Sarkozy allemand aurait dit: "Verschwinde du Arschloch" pour "Casse-toi pauvre con !", c' est aussi méprisant.
Quand je pense que les Allemands ont trouvé Schröder vulgaire parce qu' il fumait des cigares à 50 Mark l' unité...
D' ailleurs je ne comprends pas pourquoi les agences de presse allemande édulcorent l' injure (sa gravité dans la bouche d' un homme d' Etat) quand on sait que les Allemands détestent déjà le personnage... sans doute ne veulent-ils pas en rajouter !
Si si Georges, elle me gêne, j'ai d'ailleurs écrit au Parisien une lettre envoyée à Léo (le connaissant, il va la mettre quelque part sur son blog, le coquin !).
Oui, ça c'est une évolution assez étonnante: que les gens insultent un haut responsable politique, ce n'est pas tout à fait nouveau; ce qui est nouveau en revanche, c'est que la plupart des gens estiment que c'est bien normal, rien d'étonnant aujourd'hui à voir insulter un Président de la République; mais on n'est pas encore habitué à ce qu'il réponde quoi que ce soit. Pour mémoire: Raymond Barre, déjà plus premier ministre, est amené à "dialoguer" avec une chercheuse d'emploi sur un plateau de télévision; dialogue de sourds, bien entendu, qui s'achève sur le départ de la jeune femme qui prend soin au préalable d'agiter une pancarte: "Gros cul" _ et le solennel Raymond Barre, plutôt que de répondre du tac au tac "et bien casse toi, sale poufiasse", préféra constater: "il y a une inscription"; rappelons également Jacques Delors, au sommet de sa gloire européenne, pressenti pour être le futur Président de la République (mais lui, pas fou, ne se présenta pas), eut droit à un entartage en règles, ce qui est quand même une agression physique particulièrement humiliante (après, il faut enlever la crème devant tout le monde, méthodiquement, c'est long et pénible etc.), et d'autant plus humiliante qu'elle était censée être ludique. Ce qui semble attendu du haut responsable politique est donc de se laisser cracher dessus avec le plus de distinction possible, de se faire lyncher sans y voir de malveillance, d'être traité comme une merde avec un sourire affable. De plus en plus on part du principe que l'élu politique n'est pas tout à fait légitime, qu'il doit des comptes, qu'il est privilégié, et donc que tout mécontentement peut et doit le frapper de plein fouet, lui, en premier lieu, et qu'il ne se plaigne pas! bien content de ne pas y laisser sa peau!... Il est certain que la personnalité et la rhétorique de NS (qui se plaît dans la confrontation et demande à être jugé) accélère le processus et le rend plus spectaculaire; mais ce processus existe en dehors de NS de toute façon.
Alors là cher Florent, je vous surprends en incroyable déni de mauvaise foi !
Pourquoi cela ne vous regarde-t-il donc pas, ce que dit ce couillon malpoli ? C'est un citoyen comme vous et moi et donc, par le fait, censé appliquer, à l'égard du plus haut représentant de la République, un minimum de politesse, non ? Ce que le premier crétin venu se croit le droit de dire à l'homme censé incarner votre pays ne vous regarderait donc pas ? Tiens tiens, drôle de conception que la vôtre !
Au contraire, cela vous regarde foutrement mon ami : parce que, pour le dire avec Pascal, vous êtes embarqué !
Alors même que des centaines de sites diffusent cette vidéo nullissime, que donc on se contrefout, EFFECTIVEMENT, du fait que vous ayez envie de la voir ou pas, on sollicite votre avis, mieux : votre réaction, de préférénce aussi brute que celle du Raoul.
D'ailleurs, votre avis : vous venez de le donner, voyez, vous n'avez pas su résister.
C'est donc un beau retournement que nous avons là : non, en effet, ce que dit ce couillon ne vous regarde pas. Ce que lui répond NS pas plus, car dans un sens comme dans l'autre c'est stupide... Le problème, c'est que c'est à vous que l'on demander de regarder.
Et vous l'avez fait Florent, comme tout le monde d'ailleurs.
La séduction de l'image est sans pareille : si le petit échange entre NS et Raoul n'avait pas été filmé, il n'aurait pas tenu plus de deux minutes sur les écrans de salles de rédaction, alors que là...
C'est bien le problème : notre incapacité à résister à la tentation de l'image, surexposée par la Toile et les techniques virales.
L'un et l'autre ne vous regardent pas : ils vous fixent et vous voici hypnotisé, prêt à céder, pour la millième fois dans la journée (une métaphore : je sais que vous ne faites rien d'autre que lire et poker Léa en retour) à l'appétit du serpent enjôleur.
Marco, vous raisonnez comme si le chef de l'État était insulté en tant que personne privée. Mais il ne peut l'être, n'étant une personne privée dans aucune manifestation publique. Est-ce que vous croyez, par exemple, que les honneurs qui lui sont rendus, en France ou à l'étranger, son rendus à sa personne ? Au nom de quelle supériorité naturelle ? Est-il plus beau, plus intelligent, plus cultivé que d'autres ? Réfléchissez un peu à ce que signifie représenter, mieux encore incarner, et revoyez les images du Salon de l'agriculture : vous ne serez pas déçu.
Et pour revenir au Salon de l'Agriculture: une scène d'une rare violence (et d'autant plus violente qu'elle se répète souvent), en marge du "dialogue" Président/quidam. C'est un homme qui veut être pris en photo avec NS; pour ce faire, il prend le Président par les épaules, d'un geste protecteur (il est bien sûr plus grand et costaud que lui), demande à une tierce personne de prendre la photo avec le portable, ce que ne parvient pas à faire la tierce personne; la séance se prolonge, NS "craque" (sans trop s'énerver encore) et reprend sa route incertaine dans la foule, la photo n'ayant pas été prise. Ce qui est intéressant, c'est que ce quidam, plutôt "favorable" à NS a priori, 1) ne cherche pas à obtenir une photo personnelle de NS, mais une photo sur laquelle on le voit, lui le quidam, en compagnie de NS, exhibé comme un trophée. 2) qu'importe les milliers de gens autour et le planing sans doute serré d'un Président de la République, le quidam est prêt à prendre la pose avec son président aussi longtemps que nécessaire, c'est un nouveau droit fondamental du citoyen, semble-t-il. On est loin, très loin, Léo, de ce que l'on appelait autrefois le "bain de foule", où un Président serrait prestement des mains tendues de gens regroupés derrière une ligne infranchissable, c'était déjà tactile, certes, mais furtif et organisé. A présent, un responsable politique est considéré comme la propriété de ceux qui l'approchent, qui le jugeront cool ou distant, serein ou nerveux selon la façon dont il subit cette nouvelle proximité bourrée d'imprévus et filmée non stop. Attention! Je ne dis pas: "pauvre Nicolas, il n' a pas mérité ça!", c'est sûr qu'il a tenu lui même à entrer dans ce jeu de la proximité tendue qui le dépasse à présent, comme vous le dites, Léo. C'est quand même une sacrée dérive sur le fond, qui touchera (au propre et au figuré) bien d'autres politiques.
Stalker, nos commentaires se sont croisés. Ce que je réponds à Marco vaut d'ailleurs pour vous. J'ajouterai que la stupidité dont vous me parlez ne me concerne pas quand il s'agit du couillon, avec qui je n'ai aucun lien d'aucune sorte, sinon d'être citoyen du même pays, mais ce lien-là est assumé par l'autre, symbole et garant de notre citoyenneté commune, et dont en conséquence la connerie me concerne. Je préfèrerais en effet superpoker Léa ou lire Casas Ros, mais que voulez-vous, je suis embarqué (dans le navire amiral, pas dans la barquette d'un inconnu).
@ Florent: mais précisément! il est insulté "en tant que personne privée"! Le joyeux promeneur qui ne veut pas être sali nie par sa parole (le tutoiement suffirait à l'attester, la véritable agression est là, en réalité) le statut présidentiel du Chef de l'Etat (alors que les "honneurs" rendus au Président de la République s'adressent sans ambiguité à la fonction, et pas à l'homme), c'est bien un homme et non pas un Président qui pourrait salir le monsieur très propre. La "faute" de NS, si vous y tenez, c'est d'accepter le terrain "privé" sur lequel s'est déjà placé son aimable interlocuteur (quelle était la bonne réponse, au fait, la réponse digne d'un Président de la République? le silence? un trait d'esprit?); je reviens à ma première idée, la proximité physique étouffante ne facilitait pas la "distance" de la réplique présidentielle. Et comme le dit le Stalker, on était loin d'un protocole officiel filmé en bonne et due forme.
Marco, je suis en retard ! A la hâte : il n'y avait que deux réponses possibles, le silence, bien sûr (si les gouvernants devaient répondre à toutes les insultes...), ou l'arrestation immédiate (mais je crois que le délit d'offense au chef de l'État a été supprimé du nouveau code).
(et je précise que je ne suis pas sarkozyste! merci de ne pas politiser l'interprétation de ces misérables images, qui me semblent être le symptôme d'un processus nettement plus large :)
Cédric GOUBET, chef de cabinet, aurait du accepter illico mon offre, il m' a répondu le 20 février une lettre que je n'ai pas comprise. le Cricri l'Elysou, on était voisin. Je pouvais commencer tout de suite. C'est novateur, on a jamais vu ça. Le shooting caméra relaxant. Sophro-production.
"Si si Georges, elle me gêne, j'ai d'ailleurs écrit au Parisien une lettre envoyée à Léo (le connaissant, il va la mettre quelque part sur son blog, le coquin !)."
Hé bien non, cher Stalker, pour le moment, bien que j'accepte votre "coquin", je ne mets pas en ligne votre lettre au Parisien, parce qu'elle prétend réduire le phénomène à un seul de ses aspects, alors que l'analyse que je propose d'en faire porte sur l'échange complet. C'est un peu comme si dans votre échange avec Ferraille on ne retenais que ses insultes et ses menaces sans tenir compte de vos propres commentaires. On ne comprendrait pas.
Ensuite, le champs de l'analyse. Ce billet s'inscrit dans un début de discussion avec Stubborn, qui nous a mis en lien avec la sociologue Dominique Cardon et une autre sociologue : Véronique Anger-de Friberg, qui intervenait dans la discussion sur "La paresia des blogs".
Je souhaite que nous restions dans la sociologie politique, j'ai même proposé un cadre théorique à cette réflexion (La société contre l'Etat. de Pierre Clastres) sur le fonctionnement du "pouvoir symbolique" qui me semble être l'enjeu de ce phénomène. Je ne vois pas l'intérêt de prendre parti pour ou contre qui que ce soit dans cette affaire sur un blog comme le notre. Nous avons lancé un certain nombre de collections qui sont des lieux de réflexion sur le monde actuel (Les Netocrates, Fresh Théorie, Non&Non dirigé par Catherine Malabou) Nous accueillerons prochainement des réflexions comme celles du philosophe Zizek, C'est à ce titre que je m'intéresse au phénomène et non pour "intervenir", prendre position, exprimer des opinions, donner des avis ou des conseils aux uns et aux autres.
Mais puisque vous aimez particulièrement lire des livres, lisez Pierre Clastres, mon cher Stalker, et nous reparlerons après.
A suivre : Selon le Directeur de la rédaction du Parisien, une petite phrase de "Mea Culpa" aurait été ajoutée par l'Elysée au compte rendu de l'entretien du Président avec les lecteurs de ce journal. Il s'agirait de la phrase suivante :
@Marco. Un incident, comme un acte manqué, peut être "significatif" ou non. Vous pensez que celui ci n'est que l'effet produit par le bain de foule, je pense que vous le réduisez, en l'isolant du contexte du "style" de gouvernement de NS et du phénomène de baisse dans les sondages. Comment interprétez vous cette dernière? Elle vous semble "normale"?
Justement, c'est çà qui est bizarre, une excuse de Sarko qui n'est pas de Sarko finalement; un texto qui n'est pas lisible, mais qu'On a vu.
Cà devient de plus en plus virtuel,ce n'est plus de l'info mais de l'impact d'info.
La politique roman: 3 à 6 mots et la toile explose en phantasmes, traduction en toutes langues, débats sociologiques. Pour un homme de média c'est passionnant, mais quelle brouille dans l'écoute.
Léo, la viralité, pour l'édition littéraire est plus qu'intéressant, non pour la copie du livre, mais pour la multiplicité de la critique et sa controverse.
Le livre passe dans un autre mode.
Pour la mission Olivennes, dont on dispose des premiers textes, cela devient risible. Tout ce que les outils font, les mêmes outils le défont.
Pour la sociologie politique, je crains que nos édiles décidant d'être soumis à l'image et au MKT du verbe, même fourchu, soient de plus en plus loin de cette donnée.
Constatons avec ce buzz l'obligation de produire des essais politiques. Cela devient presque un préalable à l'auteur lorsque l il écrit une fiction contemporaine.
Clastres, je connais, merci, je lui préfère les travaux d'un Pierre Legendre, que vous devriez lire, et nous en reparlerons après.
Depuis quand la sociologie est-elle une science, enfin, je veux, dire, selon la rigoureuse méthode expérimentale défine par Claude Bernard ?
No way très chère : ce n'est qu'une prétention de science, se déguisant sous un paletot pseudo-scientifique, à preuve, ce schéma très compliqué pour dire des choses très simples.
Et dire que l'on m'accuse d'intellectualisme ! Ah ! Elle est décidément bonne celle-là.
En lien, un exemple de cacographe pseudo-scientifique, aisément transposable au schéma ci-dessus.
Dites-moi, Léo, jusqu'à preuve du contraire, ni Jules Monnerot ni Raymond Aron n'ont eu besoin d'établir de petits schémas actantiels pour établir quelques blessantes vérités et sur les intellectuels, et sur leur fascination pour ce baratin sociologisant !
Non Léo, mon petit coup de gueule au Parisien n'analyse pas qu'un seul problème, mais bien le nerf (Florent ne m'a pas vraiment répondu là-dessus, ni vous, sur ce phénomène d'indicible et ultra-violente (oui, Marco) sidération), id est : l'image, sa distinction avec l'icône (Marion : lisez, vous verrez, c'est d'un autre niveau que le verbiage sociologique).
D'ailleurs, mon analyse personnelle : ce que tout le monde a vu, c'est la perte de la dimension sacrale dans le théologico-politique et, par capillarité, dans les arts (mon cheval de bataille). Cela fait quelques années (De Gaulle, le dernier ?) que le représentant de la France a perdo son statut icônique, au sens où il renverrait à un Invisible qui, maintenant, est considéré plutôt comme absent, voire mort avec le dernier homme de Nietzsche.
Sarkozy, encore plus que Chirac, a dégradé ce statut sacral de l'image royale (Kantorowicz, lisez !), statut qui suppléait aux défauts de la personne physique (en clair, le Roi ne se trompait jamais, l'homme incarnant la fonction si), désormais réduite au journalistique et dailymotionable statut d'image.
Il s'agit bien, donc, d'un problème intrinsèquement lié au média en tant que médium qui relie des beaufs (faisons vite) à... plus rien !
Il faudrait poser la question à un spécialiste de l'Islam : ce rapport à l'image, on le sait dans les cultures islamiques, très complexe et sujet à variations au travers des âges. Je doute qu'un Raoul arabe et musulman, dans pareille situation, se serait permis pareille insulte; et s'il l'avait fait, il y eût eu de bonnes chances qu'il terminât en charpie bonne à épandre sur un champ de betteraves...
Aïe, je me chantalise, je vous jure, CHER Léo, ne pas l'avoir fait exprès (sans pour autant que mon lapsus soit révélateur de quoi que ce soit) : No way très cher donc !
@martingrall. Vous avez raison pour la viralité / livre, mais aussi la "porosité" entre virtuel et réel qui est en croissance forte en ce moment. Ce qui m'intéresse, ce sont les "trous" par lesquels ça passe, c'est un peu ce qui manque dans l'approche "cartographique" par ailleurs passionnante de Dominique Cardon. Il faudrait une "topique" réel/virtuel, à la manière de la "théorie des catastrophes" de René Thom, pour dessiner ces "trous" comme des entonnoirs inversés, où par une "effraction" minuscule (cet échange, par exemple) s'engouffre une masse phénoménale de signes.
Rien de bien neuf dans cet échange entre une personne dans un foule et un président serrant des mains (Marco, des échanges comme ceux-ci, il y en a pléthore et ce, depuis que des inconnus existent).
Ce qui l'est : c'est d'y être embarqué par de petites vidéo malicieuses aisément accessibles.
Du coup, j'ai aussi - comme mon copain Raoul - visionné cette vidéo. Et là, j'ai été surpris par l'échange qui n'est pas du tout celui que l'on me rapporte.
Contexte : le président, gaillardement, met la main à un inconnu à moitié tourné (coincé dans la foule) :
L'Inconnu : Ah non, touche moi pas.
Le Président : Casse-toi, alors...
L'Inconnu : Tu me salis.
Le Président : Casse-toi, alors, pauvre con...
Cela n'a pas tout à fait le même sens.
Mais, pour moi la question demeure : comment se fait-il que notre esprit puisse être à ce point détourné par tous ces petits spectacles en trois minutes chrono.
@Stalker. J'aime beaucoup Legendre, depuis longtemps, mais ses écrits ne portent pas tout à fait sur le même sujet. Essayez de vous départir un peu de cette manie que vous avez de formuler des réponses définitives sur tout et sur rien, essayez, de temps en temps, de vous poser des questions, c'est un très bon exercice pour l'intelligence, et c'est peut-être aussi le début de la sagesse.
De ce point de vue c'est intéressant, comme un tableau de Braque ce qui est peint entre les objets est ce qui est perçu, ici l'abstrait c'est le réseau de sens "hors les mots".
Par contre cette chronologie du précipité a un effet spirale, en dehors du temps romanesque qui lui joue sur le mille-feuille du temps.
Ici l'immédiat supprime les distances, Sarko est réduit à l'image Sarko. Il perd sa fonction en parlant, car la parole révèle son inadéquation à la fonction. Son pouvoir repose uniquement sur l'idée que les hommes se font du chef depuis le temps de cavernes. Comme la vidéo où il est comme un gosse à reluquer le stylo Montblanc en Roumanie, le montage des scènes comme des vignettes BD's nous montre un bouffon à l'intérieur du roi.
Le "shame on you Barack Obama" de Madame Clinton qui tourne en même temps sur le net est très intéressant également. Mot image du diable.
Léo, Léo, votre parade, tsssss, est aussi visible qu'une colonne de chars d'assaut qui se découperait sur l'horizon où Drogo fixe le retour des Tartares.
Allons allons, oubliez mes piques sur la sociologie et répondez donc à mes observations, je crois qu'elles sont au moins aussi intéressantes que le baratin sociologisant susnommé, en sans l'aide du plus petit graphique, z'avez vu ?
Marion : pas de réponse.
Icône/distance vs. image/proximité : pas de réponse.
Force sidérative de l'image : pas de réponse.
Rapprochement démonologie/début de la mise en fiction de la fictionnalité, si je puis dire, donc le moment om la littérature commence à prendre conscience de ce qu'elle est : pas de réponse.
Perte de la verticalité symbolique garante de l'Ailleurs auquel renvoie l'icône : pas de réponse.
Perte de l'aura sacrale évoquée par Walter Benjamin : pas de réponse.
Substitution du médiatico-politique au théologico-politique : pas de réponse.
Vous voyez comme mes interventions sont denses et ne méritent pas l'a-peu-près et le dédain avec lequel vous les traitez ?
Non seulement je vous pose des questions, mais je constate surtout que vous n'y répondez pas. Surtout, vous êtes injuste, je n'ai ici fermé aucune porte : ce n'est pas ma faute, je le répète, si Florent préfère poker voire superpoker, Chantal se plonger sur les subtilités de la disctinction masculin-féminin chez le nasique à cul cendré d'Afrique équatoriale, et Léa nous entretenir de son projt de film narrativo-écologique, etc.
Pourquoi ? Parce que, mon cher, vous détestez abandonner vos petites grilles de lecture voyons, parole de grand lecteur !
@Stalker. Je ne vois dans vos propos que des affirmations, des réponses pour lesquelles vous attendez des "bons points" et je cherche toujours une question, une seule, mon cher Stalker.
@Léo : Désolée pour le décalage « horaire », mais je vis à l’heure du Canada ! « Votre nom n'est pas un pseudo ». Oui, en fait je connais les éditions Léo Scheer depuis des années. Ayant créé mon premier site web en 94, j'ai lu l'un de vos livres "La démocratie virtuelle" (je doute qu'il s'agisse d'un homonyme !).
A propos d’imprégnation du virtuel sur le réel, certains parlent déjà de « changement de paradigme social ». Je n’irais pas jusque là, bien que le dérapage verbal de M. Sarkozy ne devrait pas, à mon sens, être interprété comme un simple « dérapage » verbal. Sans le nommer, j’ai eu l’impression moi aussi qu’il s’agissait d’un effet de l’immersion du virtuel dans le réel. Je veux parler d’une des conséquences des mondes virtuels (qu’il s’agisse des blogs, des chats en direct, des jeux en ligne, des jeux de rôles…) : la perte des repères sociaux. Dans la communauté virtuelle, il me semble que le modèle de la « socialité » ne peut pas s’appliquer, contrairement à ce que les observateurs imaginaient lorsque les communautés virtuelles ont commencé à émerger.
Je vais prendre un exemple pour illustrer mon propos. La semaine dernière, je publiais un article intitulé « La fin de l’internet libertaire, ou quand la gratuité n’a pas le même sens pour tous… » (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=36191) sur un blog très fréquenté. En résumé, je posais la question de savoir qui, dans l’économie traditionnelle, accepterait que les seuls actionnaires d’une entreprise s’enrichissent grâce au travail d’un personnel non rémunéré ? Comment expliquer que des propriétaires de blogs vendus des millions d’euros soient les seuls à profiter de la valorisation du travail de leurs contributeurs sans que personne n’y trouve rien à redire ? Dans « l’économie de la gratuité », certains ont bien compris qu’ils pouvaient s’enrichir rapidement sans verser un centime à leurs fournisseurs de contenus. Je vous invite à lire cet article pour saisir le problème posé qui visait les très gros blogs. En réponse à ce texte, un blogueur sous pseudo a pris l’exemple d’une station service avec son pompiste et un client. Il a comparé le blogueur du virtuel à l’automobiliste qui fait son plein « pour avancer » dans la sté réelle. Il me semble pourtant que le blogueur est plutôt le pompiste qui donne ses infos (son essence) au client (l’automobiliste) qui fait son plein sous l’enseigne (le pétrolier propriétaire) d’une station service (AgoraVox, Rue89 ou tout autre grosse machine à forte audience) qui s’enrichit. Dans le réel, le pompiste et l’enseigne s’enrichissent mutuellement. L’automobiliste lui, paie pour un service ou un produit. Dans le virtuel, le blogueur est un pompiste non rémunéré… Dans l’économie traditionnelle, on a un actionnaire producteur (Exon par ex), un consommateur (qui remplit son réservoir pour avancer) et un intermédiaire salarié (le pompiste). Dans le blog, le consommateur (le client) est l’internaute qui va chercher de l’info gratuitement et s’enrichit intellectuellement ; l’enseigne est l’actionnaire-propriétaire du blog et l’intermédiaire (le pompiste) est le blogueur. Sans blogueur, pas d’intermédiation entre l’actionnaire du blog et la mise à disposition de l’information. Dans l’économie virtuelle, l’organisation et les modes de fonctionnement du réel disparaissent. Pourtant, tout n’est pas gratuit puisque le blog à très forte audience lui se valorise. J’en déduis que les blogueurs (les « accros », ceux qui ont une autre vie dans le virtuel) ne parviennent plus à se positionner. Ils perdent leurs repères parce que le virtuel n’est pas calqué sur le réel.
L’idée d’une communauté virtuelle « contre l’Etat », pour reprendre la définition de Pierre Clastres, voire sans hiérarchie pyramidale telle que les doux rêveurs ont pu imaginer le net libertaire ne peut pas, selon moi, fonctionner. Si le fondement social du groupe est l’égalitarisme, sans lutte de pouvoir ni possibilité d’avoir ou de consommer plus que son voisin et en cela, éviter les différences sociales, sur les blogs ou dans les jeux en ligne, une hiérarchie s’impose. Le plus fort, le plus populaire, est celui qui génère la plus forte audience, qui est le meilleur joueur ou qui rassemble le plus de contacts ou d’« amis ». On évolue dans un système régulé par la compétition et la quête de pouvoir. Et dans ce cas, ce sont plutôt les règles du réel, comme le suggère Véra S., qui envahissent le virtuel. J’ai d’ailleurs le sentiment qu’internet s’est définitivement éloigné de son « utopie libertaire » le jour où l’audience s’est vu imposer comme unique modèle économique.
Les utilisateurs du virtuel, en particulier les blogueurs, ont cru pouvoir créer un contre-pouvoir contre l’Etat, les multinationales et autres, et pensé parvenir ainsi à faire émerger cette fameuse « intelligence collective » évoquée dans les livres de Pierre Lévy et de Joël de Rosnay notamment. Une intelligence, voire une « conscience » collective (l’Etat, ce n’est pas des dominants qui agissent sur des dominés, mais bien tout le groupe qui joue collectivement le rôle de l’Etat au sens de Clastres) qui s’exprimerait comme un seul homme et serait assez puissante pour influer sur la politique de la société réelle. Au lieu de cela, les communautés virtuelles se sont fait transporter dans le monde du jeu de rôles où, sous pseudo dans le virtuel, n’importe qui peut se faire passer pour n’importe qui et tout le monde se situer « à égalité », devenu le seul rapport possible entre les individus. Le blogueur considère en effet que sa réflexion est tout aussi légitime que celle des experts et des sommités auxquels il s’adresse. On assiste ainsi à des « chats » surréalistes entre des individus sous pseudo, masqués donc, qui s’adressent à un Edgar Morin, Jacques Attali, à Axel Kahn ou autre personnalité qui elles, non seulement acceptent d’être les seules à s’exprimer à visage découvert et donc à assumer leurs propos, mais doivent également faire l’effort de répondre à des arguments parfois stupides ou à des provocations.
Pour moi, la réponse de Sarkozy au paysan illustre parfaitement cette perte de référence sociale. Dans la vraie vie, de plus en plus de gens se prennent pour des joueurs de Sim City… y compris le Président ! Le modèle social (le « dominant » à la tête de l’Etat face à ses citoyens) auquel nous sommes habitués dans le réel est perturbé par l’incursion de la belle Carla, la « people » (icône du virtuel en quelque sorte puisqu’on ne la connaît qu’à travers les médias et journaux people), par des déboires avec une ex-épouse belliqueuse un peu irréelle elle aussi (même raison). S’ajoutent à cela quelques insultes dans un cadre « hybride » (on ne se situe ni dans le réel, ni dans le virtuel, mais à la frontière des 2 finalement) où les règles de socialité ne sont plus respectées et où les repères habituels disparaissent.
Il suffirait peut-être que le président troque son look « bling-bling », pour reprendre l’expression consacrée, contre un look correspondant mieux au rôle et au comportement généralement attribués à un président de la République dans l’imaginaire collectif pour que tout se repositionne normalement dans le réel ?
Je ne sais pas si j’ai répondu à votre question, qui mériterait une réflexion plus approfondie et un développement de plusieurs pages, mais j’avoue que le temps me manque !
Là, je crois que vous vous moquez de moi, cher Léo : des bons points, vraiment ?
Le fait qu'il n'y ait pas de point d'interrogation à mes phrases n'en détruit absolument pas la portée symbolique : ce sont des sondes et j'attends que vous y répondiez, à tout le moins que vous m'expliquiez pourquoi, selon vous ô grand manitou, elles seraient inopérantes et ne s'aventureraient pas plus profondément que les vôtres.
Pourquoi, après tout, jouer sur votre terrain de jeu plutôt que sur le mien ? (question).
Bon, je vous laisse, vous me ferez signe quand vous aurez du mal à passer la barre des 100 commentaires...
Du pauvre con présidentiel au Arschloch d'un journal germanophone, il y aurait donc une dimunition de l'insulte? Je trouve le pauvre con moins vulgaire et plus exclusif que le trou du cul, ce qui est la traduction de Arschloch. Bon il y avait bien le rapport Kinsey dans les années 50 ou 60,mais je ne voudrais pas rentrer dans les détails de l'utilisation de l'un et de l'autre.
La fonction présidentielle ne semble pas mettre Nicolas Sarkozy loin des Français, il se fait traiter comme un chien enragé crasseux, il riposte sur le même ton. C'est le dialogue d'homme à homme dans un même language. La politesse exige de se mettre au même niveau que l'autre.
Et puis quelle idée de faire visiter cette foire peu pipeule sans avoir prévu de vider les lieux des visiteurs peuple? Fazit le président ne devrait prendre de bain de foule que dans les tribunes de Longchamp.
Léo, c'est en fait une théorie de modèles vivants non stables. Tous le contraire de la politique dont le sujet est matérialisé et figé une fois pour toute. Je pense qu'il faut rechercher les points durs permanents qui eux génèrent le mouvement, les transferts des jeunes vers le dynamique plutôt que le virtuel (enfants et ados entrepreneurs de leur passage d'état à un autre état) et la porosité des curieux et des butineurs. On sent une baisse massive de la demande en information superficielle, blogs, quotidiens papier, télévisuelles (Entonnoir des journaux courts) pour une information de fond. Les trous semblent se porter sur ce qu'il faut savoir et avoir lu. Livres compris.
@Véronique Anger-de Friberg. Votre article sur AgoraVox. Oui, votre analyse rend compte de la première partie de l'échange : "Dans la vraie vie, de plus en plus de gens se prennent pour des joueurs de Sim City… y compris le Président", pour les "gens", on comprend facilement le glissement, pour le Président, c'est plus compliqué. Sans aller chercher les racines de l'évolution des formes du pouvoir "Perte de l'aura sacrale évoquée par Walter Benjamin,
substitution du médiatico-politique au théologico-politique", comme le dit Stalker, mais qui s'applique à tous les hommes d'Etat depuis au moins un siècle, il me semble qu'il y a quelque chose de spécifique chez NS dans son "style" de gouvernement, dans sa manière de "conduire" en mordant régulièrement sur la "ligne jaune" du pouvoir symbolique. N'est-ce pas ce qu'exprime le commentaire de l'Elysée d'aujourd'hui, où il dit qu'il n'aurait pas du répondre. Qu'est-ce qui fait qu'il n'a pu s'en empêcher? En regardant la video, on n'a pas l'impression que c'est sous le coup de la colère, il n'y a pas de "pétage de plomb" comme pourrait l'évoquer le "rapport d'homme à homme", ce qui apparaît, c'est un rapport "intime" où les deux parties se croient bizarrement à l'abri du regard, et expriment tranquillement une vérité du rapport actuel entre l'Etat incarné et la société.
NS est-il encore un symbole de l' Etat républicain ? Pas sûr. Depuis au moins 5 ans il a bâti son accès au pouvoir sur une stratégie politique qui privilégie la haine sur un mode lepéniste, soit par la déclaration, soit par la décision. On est devant un autre genre de pouvoir et de rapport au pouvoir, profondément provocateur.
Le comparer aux présidents français avant lui (ce qu' ils auraient répondu ou répondaient dans de telle situation, etc.) n' a pas grand sens. NS liquide le républicanisme (enfin ce qu' il en restait en termes de symboles) plus que mai 68.
@Stalker. Les questions que vous soulevez s'appliquent à l'histoire générale du pouvoir, les analyses de Benjamin sur la perte du sacré sont passionnantes, mais ce que j'essaie de vous expliquer, c'est qu'il y a un rabattement constant de la pensée à vouloir en permanence tout ramener à des généralités. Il y a une partie dans le texte de Véronique qui vous concerne de près. Je reviens vers vous, si je n'arrive pas à 100. Promis.
@ tous,
ce que je vais vous livrer n'a rien à faire avec le sujet...
mais tout à faire avec la nature du blog de Léo
c'est pourquoi je m'autorise à vous faire parvenir ceci:
Une vraie découverte!
Un blog, en lien sur un autre, et ce texte sublime!
Un immense merci à écatarina sans laquelle je n'aurais jamais lu ces lignes qui , en ce moment plus que jamais, réveillent en moi une émotion absolue.
Je trouve non seulement l'écriture formidable mais l'intelligence du propos exceptionnelle.
Et en plus ça me parle...
De littérature, de génies, de dépression et de beauté...
Tout ce que j'aime...
Quand c'est dit comme cela!
Le texte est dans la suite de la note.
Je mettrais le lien après, c'est à dire plus tard!
Bonne lecture!
P.S: l'auteur de cette note est Ferdinand Bardamu
son mail: bartleby00@hotmail.fr
Bienvenus sur Saturne. William Styron, Face aux ténèbres et Robert Burton, Anatomie de la mélancolie.
William Styron, décédé une pneumonie en 2006, a survécu à la dépression nerveuse dont il a été atteint vingt ans plus tôt. Face aux ténèbres, sous-titré « Chronique d’une folie », est le récit, l’analyse de ce voyage vers le néant auquel il a réchappé. Il constitue le pendant moderne de l’Anatomie de la mélancolie de Robert Burton, ce dernier ayant lui aussi écrit à ce sujet après avoir été atteint de ce qu’on n’appelait pas encore la dépression, mais la mélancolie. Styron aurait pu faire siens les mots de son prédécesseur :
« je voudrais maintenant m’attacher, dans ce qui suit, à faire l’anatomie de cette humeur, la mélancolie, en ses différents constituants et genres, puisqu’il s’agit d’un comportement ou d’une maladie ordinaire, et d’en montrer les causes, symptômes, et divers traitements, philosophiques et médicaux, afin que l’on puisse mieux s’en prémunir. »
C’est lors d’un voyage à Paris en 1985 que William Styron prend soudainement conscience de son mal. Déjà dépressif, Styron se rend compte, en passant devant l’hôtel Washington où il a logé dans les années cinquante, que c’est peut-être la dernière fois qu’il vient à Paris ; la tentation du suicide s’imposant comme une évidence.
Ce sont les exemples d’autres suicidés qui vont permettre à Styron de se rendre compte du danger qu’il court. Il pense tout d’abord à Albert Camus. Bien entendu, l’auteur du Mythe de Sisyphe (dont la première phrase, rappelons-le, est : « Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. ») ne s’est pas suicidé, mais Styron pense que son attitude était suicidaire et que ce n’est pas pour rien qu’il a accepté de monter dans la voiture du fils de son éditeur, réputé pour être un fou du volant. Il s’agirait donc d’un suicide déguisé, indirect. Styron pense ensuite à certains de ses amis et plus particulièrement à Jean Seberg et à Romain Gary et retrouve chez eux tous les symptômes dont il est lui-même victime. Le cas de Gary l’intéresse plus particulièrement parce qu’il fut son ami intime. Styron qui reproche aux autres de ne rien avoir vu de son état, se reproche lui-même de n’avoir alors rien vu. En fait, le dépressif ne peut pas être compris, même par l’ami le plus vigilant, car il joue la comédie du bonheur. Romain Gary, écrivain, héros de la République et diplomate, se tirera une balle dans la tête après un banal repas entre amis. Le dernier écrivain auquel pensera plus tard Styron est Primo Levi. Rescapé d’Auschwitz, Primo Levi n’a pas survécu à la dépression et s’est jeté du haut d’un escalier à l’âge de soixante-sept ans. Personne n’a compris ce geste et c’est là un autre problème de la dépression : personne ne peut en comprendre la gravité. Seul le dépressif peut savoir ce qu’est la dépression. C’est d’ailleurs ce qui légitime le texte de Styron et ce qui légitimait celui de Robert Burton qui justifiait un énième livre sur la mélancolie en disant que le savoir de ses prédécesseurs « vient des livres, le mien de ma mélancolie. »
Les causes profondes de la dépression sont clairement dégagées par Robert Burton. Le dépressif est celui qui se rend compte que le bonheur est inaccessible, mais qui ne peut cependant pas admettre cette inaccessibilité. Le bonheur est impossible parce que tout, ici-bas, est soumis à la fluctuation, parce que rien n’est stable. Robert Burton s’inspire de la science aristotélicienne qui oppose à la stabilité du monde supra-lunaire, l’instabilité du monde sublunaire :
« Tout ce qui est sous la lune est sujet à la corruption, au changement ; et aussi longtemps que tu vivras sur terre, ne t’attends à rien d’autre. Tu ne trouveras pas ici des jours paisibles et joyeux, ni des moments de calme, mais des nuages, des orages, des trahisons, tel est notre lot. »
Si le malheur est notre lot, comment cela se fait-il que la dépression ne soit pas universelle ? Comment se fait-il qu’elle touche prioritairement les artistes, au point que, selon Styron, à peu près vingt pour cent d’entre eux finissent par se suicider ?
« Quelques-uns de ces artistes disparus, tous des modernes, suffisent pour constituer un triste mais brillant tableau d’honneur : Hart Crane, Vincent Van Gogh, Virginia Woolf, Arshile Gorki, Cesare Pavese, Romain Gary, Vachel Lindsay, Henry de Montherlant, Sylvia Plath, Mark Rothko, John Berryman, Jack London, Ernest Hemingway, William Inge, Diane Arbus, Tadeusz Borowski, Paul Celan, Ann Sexton, Sergei Essénine, Vladimir Maïakovski – la liste n’est pas close. »
Styron se livre d’abord à une analyse biochimique de la dépression qui n’est pas plus pertinente que l’analyse physiologique de son illustre devancier qui voyait dans « une cervelle trop humide », dans une sexualité excessive ou insuffisante, ou encore dans la constipation (sic) les causes d’une humeur mélancolique... L’analyse psychologique est plus intéressante et rejoint celle qu’en fait la psychanalyse lacanienne. Styron pense que les causes profondes de sa nature mélancolique remontent à sa petite enfance, à la perte de sa mère. Lacan parlait de « désêtre » et c’est cette idée que retrouve Styron. Selon lui, la perte de la mère l’a amené à se construire une personnalité ontologiquement défaillante. Le mélancolique manque d’être, manque de consistance. Cela expliquerait que lorsqu’il est gravement atteint, le mélancolique ne supporte pas la moindre perte d’un objet marqué du sceau du quotidien car ces objets sont signe de stabilité, ils sont des points d’ancrage et leur disparition est la promesse d’une autre disparition, celle de soi-même. Néanmoins, tous les dépressifs ne se suicident pas. La dépression est bien plus complexe que l’on aurait tendance à le croire parce qu’elle comporte des degrés. Robert Burton parle de la mélancolie comme disposition, celle-ci différant de ce qu’il appelle l’état mélancolique qui en est une aggravation, comme la congestion pulmonaire est une aggravation de la toux. L’état mélancolique est « une maladie durable et chronique » et il « sera pratiquement toujours impossible de la déraciner » car « c’est une fièvre brûlante de l’âme tout entière. » Styron prendra parfaitement conscience de ce glissement du tempérament à la pathologie :
« Mais lorsque j’eus recouvré la santé et fus de nouveau capable de réfléchir au passé à la lumière de mon épreuve, je commençai à voir clairement à quel point la dépression était, de nombreuses années durant, restée tapie à la périphérie de ma vie. Le suicide a toujours été un thème persistant dans mes livres – trois de mes personnages majeurs ont mis fin à leurs jours. Relisant, pour la première fois depuis des années, des extraits de certains de mes romans – des passages où mes héroïnes avancent en titubant par les chemins qui les mènent à l’abîme – je fus abasourdi de constater avec quelle minutie j’avais créé le paysage de la dépression dans l’esprit de ces jeunes femmes, décrivant avec ce qui ne pouvait être que l’instinct, jailli d’un subconscient déjà agité par des perturbations de l’esprit, le déséquilibre psychique qui les entraînait vers leur perte. C’est ainsi que la dépression, quand finalement elle me frappa, n’était nullement en fait une étrangère pour moi, pas même une visiteuse survenue inopinément ; depuis des décennies elle grattait à ma porte. »
Styron voit dans le fait d’avoir été obligé d’arrêter de boire la cause accidentelle du passage de son tempérament mélancolique à la dépression proprement dite. L’alcool l’a longtemps préservé de la maladie parce qu’il permet d’oublier et surtout de s’oublier en procurant de manière artificielle un sentiment de bien-être. L’alcool est un divertissement (au sens pascalien du terme) comme un autre et sa privation a obligé Styron à maintenir un regard désabusé et lucide sur sa condition propre et, de manière plus générale, sur la condition humaine. Parce qu’il pense, parce qu’il ne s’oublie pas dans les divertissements de masse, l’artiste est, plus qu’un autre, la proie de la dépression.
L’artiste est artiste parce qu’il se sent en marge du jeu social (l’atopia sur laquelle nous ne reviendrons pas) et il déprime parce que la création est tout simplement impossible. La création exige l’insatisfaction. Robert Burton reconnaissait déjà que la mélancolie frappait plus particulièrement les hommes de lettres qui sombrent dans le désespoir parce que « à force de vouloir exceller et de chercher à tout savoir, ils en perdent la santé, la fortune, la vie et tout le reste. » Le véritable artiste a une certaine idée de son art et son talent se juge à l’aune de l’idée qu’il s’en fait. Il est clair, par exemple, qu’un Gass ou qu’un McCarthy ne se font pas la même idée de la littérature qu’un Florian Zeller ou qu’une Amélie Nothomb… Cela explique pourquoi Styron, malgré sa gloire ne peut être satisfait de son travail. L’œuvre parfaite n’existe pas et c’est pourtant celle-là que cherche à créer l’artiste. Cette frustration conduit à la mélancolie et lorsque celle-ci est poussée à l’extrême, elle se transforme en bartlebysme : l’artiste ne peut plus écrire. Dans son Bartleby et Cie, Vila-Matas dresse le catalogue de tous ces écrivains au talent sclérosé : Walser, Kafka, Pessoa, etc. Il s’agit toujours pour ceux-là de disparaître : par l’isolement, par la folie, par l’ébriété, par la mort. Cela explique pourquoi William Styron, dans son taxi, estime, bien qu’il soit un écrivain reconnu ayant reçu le prix Pulitzer en 1968 pour les Confessions de Nat Turner, bien qu’il soit à Paris pour recevoir le Prix Mondial Cino del Luca, estime donc que sa vie n’est qu’un immense ratage… Comme pour ses prédécesseurs, seule la disparition semble être une solution :
« La folie de la dépression est, en règle générale, l’antithèse de la violence. Certes c’est une tempête, mais une tempête des ténèbres. Bientôt se manifestent un ralentissement des réactions, une quasi paralysie, une diminution de l’énergie psychique proche du point zéro. En dernier ressort, le corps est affecté et se sent miné, drainé de ses forces. »
Si, dès lors, le suicide paraît inévitable, c’est parce que le dépressif souffre de deux choses supplémentaires. Tout d’abord, il sait qu’aucun traitement ne saurait apaiser son mal. Styron se livre d’ailleurs à une analyse des différents antidépresseurs qu’on a mis à sa disposition et en montre la totale inefficacité. Le drame est que la médication n’a pas fait de progrès depuis le XVIIe siècle ; elle est tout aussi absurde que celle dont Burton se faisait échos et qui consistait à boire de l’eau (à la limite du vin blanc), à pratiquer un sport de plein air, à utiliser des sangsues « placées en particulier sur les hémorroïdes » ou à ingérer des « aliments qui sont humides, faciles à digérer et qui ne provoquent pas de vents, non pas frits ou rôtis, mais bouillis. » Quant aux traitements relevant de la psychothérapie, ils sont tout aussi inefficaces et Styron s’en moque. De plus, la dépression est une maladie dont la reconnaissance fait problème. Alors que le grippé peut rester au lit et se faire plaindre, le dépressif doit continuer d’affronter la réalité, d’avoir une vie sociale normale. Et s’il a le malheur de se plaindre, il risque de n’essuyer que des quolibets. C’est donc à la souffrance solitaire qu’est condamné le dépressif et seul le suicide lui permet d’y échapper.
Le suicide est la seule guérison. Le suicide met fin à une souffrance qui est toujours de plus en plus forte. Le dépressif ressent un sentiment de vide fondamental qui conduit à la haine de soi. Il y a bien sûr des moments répit, des moments d’allégresse, mais il s’agit toujours de faux répits car le désespoir qui s’ensuit est à chaque fois renforcé. Le dépressif connaît des phases de plus en plus fréquentes d’hébétude, il devient angoisse et en perd sa libido, son appétit et le sommeil. Il ne peut s’endormir qu’avec l’aube, lorsque le corps ne peut plus résister : il est condamné au sens propre et au sens figuré aux ténèbres auxquelles il doit faire face.
Puisque la dépression profonde semble avoir des conséquences irrémédiables, comment Styron a-t-il pu échapper au suicide ? Pourquoi son nom n’est-il pas venu agrandir la liste qu’il avait commencé à dresser ? Il y a eu un miracle et ce miracle porte un nom : Brahms.
Hagard au point de ne plus voir dans les couteaux de sa cuisine, dans les poutres de sa maison que les instruments de son futur suicide, Styron s’affale dans son fauteuil. Retentir soudain la Rhapsodie pour contralto :
« Cette mélodie, à laquelle comme à toute forme de musique – en fait, comme à toute forme de plaisir – j’étais dans ma torpeur resté insensible depuis des mois, me transperça le cœur comme une dague, et dans un flot de souvenirs rapides, je repensai à toutes les joies qu’avait connu la maison. »
Il n’y a que la beauté et plus particulièrement la musique qui peut sauver de la dépression. Le plus étrange est que c’est déjà ce que disait Robert Bacon qui consacre de longues pages à cet art. La musique est, selon lui, « une trompette contre la mélancolie » qui « guérit toutes les lourdeurs et les peines de l’âme », elle est « un remède souverain contre le désespoir et la mélancolie, et elle chassera le diable en personne » comme en témoigne l’histoire de Saül « soulagé par la harpe de David. »
Après avoir été touché aux larmes, Styron prend la décision de se faire interner. Comme nous l’avons vu, ce ne sont ni les cachets, ni les psychothérapies qui vont lui permettre de guérir, mais l’isolement. Lorsqu’après plusieurs semaines il sortira de l’hôpital, Styron aura retrouvé la joie de vivre et pourra comparer sa trajectoire à celle du Virgile de Dante. Après l’enfer de la dépression et le purgatoire de l’hôpital, Styron connaîtra le paradis de la guérison qui lui fera gagner « sérénité » et « joie ». Il conclut alors son petit livre par les vers de Dante :
LM, la structure politique de Nicolas Sarkozy ne peut être que complexe, il n'est pas l'âne bâté que l'on véhicule. Au diagramme anthropique de Dominique Cardon (ajustement fins de sa vocation physique) je préfère les droites de régression, beaucoup plus adaptées. Pour un objectif politique (inconnu) quelles actions médiatiques. Puis, de ces actions médiatiques, quelles politiques originelles.
Il n'en a peut-être pas. Il est peut-être une simple tâche, satisfait de l'être.
@ martingrall,
la note d'Assouline ce n'est pas à moi de la faire lire, surtout avec le commentaire, ailleurs que là où tu l'as lue...
Par contre si tu veux la faire lire, même ici, libre à toi...
Gillou le fou :
Oui elle cadre pas mal dans le sujet la note sur Gilles Rozier: le personnage sous des personnages
Ceux qui veulent lire n'ont qu'à cliquer sur-moi.
@ Léo du commentaire 32 (quelques heures plus tard): alors là, c'est vous qui me réduisez en parlant de ma réduction au "bain de foule": vous semblez être resté à mon commentaire 4, alors qu'il y a eu les 17, 21 et 24, où je prends du recul, précisément. Mais bon, vous devez répondre à 10000 commentaires en même temps (sans parler du reste, le hors-blog), je comprends bien que vous ne lisiez pas tout. Croyez moi alors sur parole: le bain de foule n'explique pas tout, je suis le premier à le penser. En revanche, vous me posez la question sur la baisse dans les sondages de NS: "comment interprétez-vous cette dernière? elle vous emble "normale"?". Alors là je vous réponds volontiers, parce que cette baisse dans les sondages est le phénomène le moins mystérieux de cette présidence. Il ne faut pas perdre de vue qu'en 5°République, il n'y a pas "seulement" un président, il y a un couple président/premier ministre, aussi bien dans l'action politique que dans la perception du citoyen lambda. De façon très mécanique, dès que les réformes impopulaires sont engagées, le premier ministre est systématiquement impopulaire tandis que le président, qui n'a que deux terrains privilégiés (les cérémonies et la politique étrangère _ dont se contrefoutent, à tort, les Français) est populaire. Le premier ministre apparaît d'ailleurs assez vite comme un fusible, que le président fait sauter au bout de quelques années. Là, NS a voulu inverser les rôles, ou, pire, il a voulu cumuler les deux rôles (de ce point de vue, il est bien de son temps: il veut tout tout de suite): il s'expose sans cesse, tandis que François Fillon est quasi invisible, ce qui assez comiquement suffit à le rendre sympathique, sérieux et intègre aux yeux de l'opinion publique. Encore une fois, c'est un jeu de balancier on ne peut plus mécanique. Pour aller dans votre sens, mais sans les outils de socio (on les a ou on ne les a pas): NS, pour l'instant, a pris un risque inconsidéré en se premier ministrant lui même, c'est à dire en se transformant aux yeux de beaucoup en fusible, ce que n'est jamais un président. On le traite comme on traite un premier ministre en sortie, pendant une crise. Voilà, à mon avis, son apport personnel, si l'on peut dire, dans la merdification de la fonction présidentielle (qui deviendrait donc salissante). Mais j'insiste, se focaliser uniquement sur NS serait faire preuve d'une singulière myopie. Il y aurait beaucoup à dire sur le changement de regard et d'attitude des gens (que l'on appellera Raouls, ou citoyens, ou électeurs, ou foule, ou peuple, chacun à sa convenance) depuis quelques années déjà. La totale inertie de Chirac lors de son second mandat n'a fait que masquer le phénomène: Chirac ne pouvait pas être agressé ou même paraître antipathique, puisqu'il n'existait pas.
@Gillou. Oui. Parfois le suicide est la seule guérison. Merci pour ce beau texte. J'espère, pour notre pays, qu'il n'y a qu'une coïncidence avec les déclarations du député UMP des Alpes-Maritimes Lionnel Luca qui a mis en garde lundi contre "la chasse au Sarko", en évoquant les suicides des hommes politiques socialistes Roger Salengro et Pierre Bérégovoy.
@Marco. Là, on se rapproche, mais le choix de NS de s'auto-proclamer 1er Ministre, comme dit notre Constitution, de définir et de conduire la politique de la Nation, vient-il de nulle part? Serait-ce juste une erreur tactique? Ou un phénomène plus radical de modification des rapports entre la société et l'Etat dans les mécanismes de défense des "Raoul" à l'égard du pouvoir?
Sin City, pas Sim City qui a un côté... ridicule.
Cher Léo, étonnant tout de même de vous lire affirmer que mes pistes sont des généralités. Elles le sont moins que celles que je lis pour le moment : car enfin, mes généralités ont tout de même pour vertu de subsumer les différentes tentatives d'analyse données à la saillie de NS, non ?
Parce que, si j'écris des généralités, je vous laisse deviner ce qui me vient à l'esprit lorsque je lis les "analyses" mille fois lues de Véronique Anger-de-Friberg...
Elles sont justes mais absolument pas originales : essayez plutôt de voir NS comme une réduction, une de plus, parmi, vous avez raison, des centaines de millions d'autres, de l'icône à l'image, avec abolition d ela distance symbolique et peur, si je puis dire, de la distance réelle (d'où cette volonté de fuire dans la sphère du virtuel), et je vous assure que nous dépasserons vite les petits graphiques avec plein de couleurs.
Ceci dit encore, vous dépasserez même sans moi les 100 commentaires, c'est exactement le genre de sujet "pubard" que tout le monde apprécie...
Au fait, la parution en Pléïade de Jünger me semble un événement autrement plus considérable qu'un dialogue entre Raoul, non ?
Autre sujet sans doute.
@Stalker. D'accord avec vous sur la publication de Jünger en Pléiade, c'est plus important, mais pas complètement éloigné, vous évoquiez ici même sa conception radicale du pouvoir. Les analyses sociologiques du net, qui sont devenues classiques, me semblent intéressantes si on les applique au monde réel. Comment expliquez vous, par exemple, les efforts que déploie NS pour se raccrocher au religieux?
@ Chantal,
ce que je disais à Martingrall c'est que ma note d'accompagnement du billet de Pierre est instructive...
Et pour la lire il n'y a qu' à cliquer sur ...moi!
S’il est une question que l’on devrait se poser, c’est celle de savoir si cet échange de gracieusetés revêt une réelle signification politique. À mon avis, il n’altère que marginalement la force de rayonnement de l’icône présidentielle, parce qu’il sera nécessairement retraité par l’imaginaire collectif (en faveur de la préservation de la figure du chef), et parce qu’il n’est, au fond, qu’un élément de plus dans la recombinaison, en sa profondeur, des forces gouvernant le champ politique. Le Président de la République n’est que porteur de parole, non pas seulement d’une classe, mais d’un système des classes qui n’existent les unes par rapport aux autres que par une tension. Autres sont les acteurs des actions réellement politiques. Ce n’est pas tant une dispersion déstructurante des points de contact avec le réel qu’un engagement plus profond encore des intériorités dans la matérialisation de leurs états intérieurs qui ressort de cette fabrication en continu de la noosphère. Le virtuel ajoute du réel au réel. Il est un surcroît de réel, qu’il faut domestiquer et politiser. Si le masque du monde réel est dédoublé par un masque virtuel, il s’en dévoile une couche d’âme sous-jacente qui participe d’une nouvelle disposition des zones de frottement et d’affrontement entre classes sociales et entre individus. Prenons un exemple : la question du pouvoir d’achat. On organise des contrôles ciblés des prix au niveau du détail, et un contrôle des prix au niveau des grossistes et des centrales d’achat. Pur artisanat que ce carottage. Il faudrait que la matérialisation des états comptables, des factures, bons de commande, des actes et des volumes d’achats dans les supports informatisés soit susceptible d’un contrôle par une sorte d’autorité du marché réel, pour, non seulement, que l’on parle réellement de ce dont il est question, mais aussi pour que la politique se réoriente, invente des contrepoids, ajuste la fiscalité à des objectifs, rénove le droit de la concurrence. L’impuissance même de l’image, malgré la puissance phénoménale du personnage, n’est que celle des organisations ayant le monopole de la violence légitime à se saisir, en sa globalité, du supplément de réalité que la virtualité ajoute désormais à la vie matérielle. De là cette lepénisation : fantasme de la cause exogène, mais signe fort de l’impuissance conceptuelle de l’action politique.
Nous avons affaire là, qu'à un tout juste "joyeux bordel", aurait dit Pierre Bourdieu, plutôt qu'à un "triste salon" de l'Agriculture, habité comme il se doit, ce salon, de veaux, de vaches et de cochons qui dans l'ordre ou dans le désordre bèlent, meuh, couinent, que sais-je encore. La belle affaire que ce moindre moment d'égarement... Et qu'on... ne s'y m'éprenne pas... Il y aurait eu déséquilibre, mais alors là, oui, vraiment disproportion caractérisée, si notre Président de la République Française, avait donné l'ordre, comme un dictateur l'aurait probablement fait, et fissa plus vite que ça, "d'arrestation immédiate", "d'emprisonnement immédiat", "de jetage à l'oubliette immédiat", de ce Monsieur-citoyen X qui, qu'on le reconnaisse ou non, a bien insulté, lui, "en premier", le Représentant de la France, Monsieur Nicolas Sarkozy, puisqu'il faut bien nommer, de son Nom, l'Un, le Premier Homme de France. C'est ainsi, qu'on me pardonne mon accélération, que le "Ne me touche pas, je ne veux pas être sali" vaut bien le "Casses-toi, alors, pauvre con"; et que l'échange, plus rapide en vérité et moins ennuyeux qu'une longue pisse de vache, s'il est vite fait (mal fait, j'en conviens) est quand même authentiquement réussi du seul point de vue de sa réalité, et qu'il est, surtout dans les têtes de tous autant que nous sommes, et grâce à des quidams de l'opportunité, redoutable et tel un logiciel dernier cri, fort bien installé. Or donc, ils ne se sont payé que de pauvres mots, nos deux qui ne se sont heurtés que par le hasard des choses, et l'aubaine, ah, l'aubaine du canal des mots dit, est pour d'autres, qui ne se pincent pas s'en rire de s'en servir à d'autres fins utiles et bien plus redoutables encore. Pierre Bourdieu, pour y revenir, non sans le saluer au passage, "Je te salue, Bourdieu, il y a Dieu dans ton Nom, et cela me plaît", nous parlait de L'HABITUS, lequel est un ensemble, disait-il, de dispositions durables et transposables, de structure structurée prompte à fonctionner comme structure structurante. De l'habitus, comme il s'agit d'incorporation des expériences, "de cette incorporation" qui permet alors à l'agent (X, et Président, et les autres, et moi même et Léo Scheer) de se mouvoir et d'interpréter le monde social. Le rôle des socialisations primaire, celle de l'enfance, de l'adolescence, et secondaire , celle de l'âge adulte est très important dans la structuration de l'habitus, sachant qu'il n'y a pas deux histoires individuelles identiques, il n'y a pas deux habitus identiques, bien qu'il y ait des classes d'expériences, donc des classes d'habitus. Ainsi l'habitus est matrice d'action. Les socialisations de chacun vont être incorporées, les expériences étant elles-même différentes selon la classe d'origine, et donneront les grilles d'interprétation pour se conduire dans le monde, structure structurante. L'habitus est alors la matrice des comportements individuels, et permet de rompre entre un déterminisme supra-individuel en montrant que le déterminisme prend appui sur les individus. "Ne me touche pas, tu me salis", n'est-il pas cet habitus porteur de l'indéniable horreur de ce qui peut contaminer, et plus loin encore, qui peut, peut-être tuer, quand par ailleurs le "ne me touche pas" est plus près d'un mystère pas encore élucidé, la résurrection des corps, tandis que le "tu me salis" est déjà inscrit du sang qui apporte le malheur, contamine l'intègre X, lorsqu'il est répandu, ce sang, par le corps que l'on tue, que l'on perce par l'épée, ou par la balle du fusil. Mais habitus aussi, le "casses-toi, alors, pauvre con". Casses-toi, comme l'on chante casser la voix, comme l'on casse en deux un couple qui se sépare, fait séparation, c'est encore dans la tête, comme on fout à la porte, foute le camp, fout moi le camp, le branleur qui branle rien, le glandeur qui glande, qui glane, qui glauque aussi et pourquoi pas fait habitus, le pauvre, qui est l'envers du riche, et qui vient, ce con de pauvre, et qui va et vient en travers du chemin, pauvre, salaud de pauvre qui prend la tête et qu'il me faut loger à tout prix mais les caisses sont vides comme la tête du pauvre qui plus est, est un con, comme est con, et ta soeur, qui d'ailleurs n'est pas ma soeur, et j'en ai rien à foutre de ce con, de ce pauvre con, qui est là et qui ne me reconnaît même pas, moi qui passe, alors casses-toi, de ma vue, casses-toi et ta soeur va voir si j'y suis, pauvre con. Le Chef, ne se sera payé que de mots et Monsieur X a de la chance, quand d'autres auraient usé de violence comme tout État qui possède le monopole de la violence physique légitime. Celle qui s'exprime, je le sais que trop bien, jamais pour le meilleur mais toujours pour le pire, je le sais par le fait que les hommes (et les femmes) de l'État consentent, soit par tradition ou par un désir d'égalité, à ce que l'État soit le seul pouvant, de façon légitime, exercer une violence sur une personne, sur son territoire, que ce soit par les forces policières, militaires ou juridiques. Disons le, le Président, pour le coup, et les "compagnons" ou les "associés" (sens de socius, socio) ont fait mur-protecteur pour le Président, (de tous les français) en le défendant unanimement, (faisant bloc légitime) le Président, dis-je, est plutôt bon enfant, il réplique, du tac au tac, et continu son chemin, et déjà, le "pauvre bougre" est oublié... Il y a tellement de choses et d'effets plus sérieux à régler et, pour en finir sur ce qui n'est pas même, à mon avis, un moindre événement, il faut savoir, il faut apprendre à savoir que la prétention est un mode d'être des Monsieur X (et futur Président) qui veulent passer, coûte que coûte, dans des champs sociaux dont ils n'ont pas le sens pratique du fait d'un habitus de classe inapproprié. C'est un des traits caractéristiques des Monsieurs X et des mesdames X, (les français en vérité) qui semble ainsi étroit, étriqué, emprunté, dans des situations sociales où le réflexe d'aristocrate d'origine se trouve à son aise, distingué, ample d'esprit et de geste. Tout prédispose les X à entrer dans la lutte de la prétention et de la distinction, cette forme de la lutte des classes quotidienne d'où il sort nécessairement vaincu, et sans recours, puisqu'en s'y engageant il a reconnu la légitimité du jeu et la valeur de l'enjeu. Au salon de l'Agriculture, je suis sûr que Monsieur X savait qu'en se comportant comme il l'a fait, l'adrénaline y jouerait son rôle comme d'une bonne ligne qu'il aurait sniffé s'il avait eu les moyens de se la payer. Se payer de mots est moins cher mais c'était quand même risqué. Ce n'était pas sans risque. Mais le Président est bon enfant, il faut le savoir, cela, est y réfléchir, et ne pas parler trop vite comme un Monsieur Hollande qui vitupère, un peu vite, à mon goût, comme une vipère crache son venin. Il y a la prétention, donc, mais il y a aussi la modestie. La modestie qui caractérise une gène acceptée par une louable modération dans l'appréciation de son propre mérite, en fonction d'une référence à l'aisance de ceux qui possèdent le capital culturel propre au champ social en question. Ainsi le paysan des villes et des champs, dans un milieu bourge, (on se croirait revenu au temps jadis déjà) se voulant modeste se sentira plutôt gauche, maladroit, timide, embarrassé, géné, quand le pipeul, celui, donc, qui est tendance, à la mode de chez nous, va développer en son sein un franc parler, une solidité virile propre à son habitus. Mais les cartes sont brouillées au salon de l'Agriculture et dans tous les salons par ailleurs. Qui est qui, on ne le sait plus désormais, et la virilité prônée comme valeur ne s'explique que par le fait que "l'ouvrier" n'est riche que de sa force de "travail plus pour gagner plus" et ne peut rien opposer aux autres, en dehors du retrait de cette force, que sa force de combat qui dépend de la force et du courage physiques de ses amis (es), de ses frères, ses compagnons, ses potes, ses copains et aussi de leur nombre, c'est-à-dire de leur conscience et de leur solidarité. Le Président est bon enfant... Souvenons nous en. Moi, je m'en souviens.
"L’impuissance même de l’image, malgré la puissance phénoménale du personnage, n’est que celle des organisations ayant le monopole de la violence légitime à se saisir, en sa globalité, du supplément de réalité que la virtualité ajoute désormais à la vie matérielle. De là cette lepénisation : fantasme de la cause exogène, mais signe fort de l’impuissance conceptuelle de l’action politique."
A Rimaille : vous êtes au courant d'un truc qui s'appelle la chute historique et mondiale du communisme (à l'exception de la France, de la Corée du Nord et de Cuba) ?
Il est vrai que, dans votre cas, la structure de déchiffrement est marxiste... Lisez donc Aron, son Opium des intellectuels est un solide décapant pour qui, en 2008 tout de même, croit encore aux fariboles de la lutte des classes.
Ah oui : il n'y a plus d'icône présidentielle, Mitterrand ayant peut-être bien incarné le dernier président auréolé d'une certaine aura.
Ah oui encore : l'imaginaire collectif se contrefout du Président, parce que l'imaginaire collectif français a toujours éprouvé une relation fusionnelle avec le grand homme qui demande d'elle des sacrifices.
Ah oui enfin : il n'y a plus aucune icône en France, que des images, sauf peut-être Henri Salvador, Carlos et Yannick Noah...
Sarkozy n'est évidemment pas Napoléon, certainement pas De Gaulle, je me demande même s'il dépasse quelque peu le niveau, honteux, du Chi.
Léo : ça, c'est une vraie question.
J'hésite à vous donner une seule réponse. J'ai comme l'impression qu'il y a une forme de désespoir larvé, de honte, de... mélancolie chez NS.
Je crois qu'il sait qu'il n'est absolument pas un homme de savoir, plutôt d'action (et le problème c'est que de l'action, à son poste, il n'en a pas) et le sait parfaitement : d'où cette volonté (attention, je suppose aussi qu'on lui souffle pas mal de choses dans l'oreillette) de remotiver les vieux mots d'un sacré collectif dans lequel la Nation, si elle existe encore, pourrait se sublimer.
Vous savez à qui me fait penser NS (histoire de revenir quelque peu à notre marotte, la littérature je crois) : au maire de Fenouille, dans le génial Monsieur Ouine (pas de Gavalda ni Zeller, Chantal). Un beauf assurément (ah oui, sur Raoul : je veux un droit d'auteur, vu que tout le monde se sert de mon Raoul, qui n'est pas une chose bordel !), mais un beauf qui, dans le dernier rcès de sa chair (pour parler comme Bernanos), éprouve une certaine nostalgie de ce qu'il a perdu : le sens de la verticalité.
Tout cela mélangé à des calculs politiques (encore que parler du religieux aux ânes batés du laïcardisme à la française lui attirera plus d'ennemis que d'amis...), d'indiscutables maladresses, un raoulisme étonnant (le texto durant son entrevue avec le Pape), le conseiller Guéan qui a lu certainement sur Stalker que le "médiatico-politique avait définitivement (?) remplacé le théologico-politique" et qu'il fallait faire quelque chose pour tenter d'inverser la vapeur, etc.
Or, rien ne peut être fait pour inverser la vapeur, rien, sinon attendre une catastrophe MAJEURE qui immédiatement redonnera un sens sacré aux gestes les plus simples (comme cela s'est vu après le 11 septembre ou les attentats de Madrid, il est vrai dans des pays beaucoup plus "religieux" que la France, encore que...).
Who knows ?
@ Guillou le Fou : tellement beau que cela fait battre le coeur «comme un tambour », mais je me demande s’il n’y a pas plus de lien qu’on ne le pense avec NS ? J’ignore pourquoi, mais je lui ai toujours trouvé un regard, précisément, assez «mélancolique». Je dis ça comme je dis rien. Ainsi que Léa et Anisée, il m’arrive aussi d’avoir des «visions »…Sauf que, cette nuit, c’était un «vrai » rêve. Comme disent les mômes.
J’ai donc rêvé que NS (ciel ! les mêmes initiales que notre seigneur) proclamait à la République devant une immense foule très bariolée, qu’il voulait se retirer très loin avec sa sublimissime. Une artiste. Qu’ayant depuis le plus bas âge voulu être Président à tous prix, maintenant qu’il avait réalisé son vieux rêve, il était rassasié et préférait ainsi rendre son tablier. Qu’après avoir été le premier jeune Président de la France, il ne voulait pas devenir le premier martyr d’Internet !
Ce matin, en vraie «hystérique », j’ai failli raconter ce rêve ici. Une «vision » un peu bizarre pour une habitante Belgo-russe*, mais j’ai préféré me concentrer sur des interventions bougrement plus intéressantes des autres acteurs.
NS rassasié, donc vidé, donc en danger ? Comme cette fameuse «petite mort » après une trop grande jouissance ? Je suppose qu’un écrivain, ou tout autre artiste, doit éprouver la même sensation de vide après avoir accouché d’un livre ? Mais Lacan a sûrement dû parler de tout ça dans un de ses séminaires.
A propos, comment les médias russes ont-ils traduit ?
@Stalker : c'est qui Gavalda et Zeller ?
Bon j'arrête de me faire plus cruche que je ne le suis, NS plutôt Monsieur Ouine que Monsieur Teste.
Le problème ce n'est pas NS, c'est la fonction qu'il occupe, s'il n'était que sous-préfet au champs, les "raouls" riraient de bon coeur.
Il se torcheraitt le museau et flanquerait des torgniolles au cul de vaches paisibles en mémorisant ses discours de Guano dans un petit bois de chêne vert.
Ici le citoyen le traîte comme de la merde, il lui répond au même niveau, c'est cela qui choque, pas une once de hauteur, d'esprit persifleur, vidéogag qui fait le tour du monde 30 minutes après.
Sinon prégnante, (mes tifs sentent sa clope), la vidéo de Marcel Moreau, un type qui a encore un peu de vocabulaire.
Bon je retourne à Mosquitos de Faulkner, comme c'est écrit en 1927 je me demande s'il a piqué à B Brecht son personnage de Fairchild en croisière sur le Nausicaa avec des petits bourgeois minables et simultanément commandant Fairchild alias Quinte de Sang dans la baie de Kilkoa avec l'armée de mercenaires pochetrons des Indes.
Malheureusement il n'y a pas de texto : "Galy Gay si tu reviens, j'annule la pièce".
Il y a tout dans la Zone; suffit de demander et hop, un texte sur Monsieur Teste, que je n'aime guère, comme tout ce qui sort de ce faux intellectuel qu'est Valéry...
Faulkner : je ne crois pas mais il faudrait vérifier, ce Sudiste de génie n'aimait pas trop Brecht.
Si vous avez du temps, je vous conseill très vivement de lire Absalon, ABsalon !, l'un des plus grands romans du siècle passé, je pèse mes mots, peut-être même le plus grand, je les pèse encore, ici.
Il s'agit d'un lien vers une étude comparée de ce roman colossal et de Vingt ans et un jour de Jorge Semprun, qui passe son temps à clamer qu'il est presque aussi bon que son maître sudiste : foutaises oui !!
Il n'y a plus personne sur ce blog ou quoi ?
@Alain Baudemont / Stalker / Vera.S / Ferraille / Chantal. Je voulais vous remercier pour vos derniers commentaires que je viens de lire en rentrant, un peu tard. C'est bien.
Pour Stalker, une Mauvaise Pensée de ce "faux intellectuel" de Valery :
"Celui qui veut imposer ses idées est peu certain de leur valeur. Il tend à les fortifier par tous les moyens. Il prend un certain ton, frappe sur la table, sourit à celui-ci, menace celui-là : il emprunte à son corps de quoi soutenir son esprit." p117
@Stalker. C'est dit, je prendrai, à chaque fois, une Mauvaise pensée de Valery. Merci pour "Raoul", l'auteur de mon traité de savoir vivre, la preuve est sur ce blog que vous en êtes le créateur.
@ tous ,
j'arrive au bureau après avoir regardé les chiffres et mon blog je viens ici.
Merci c'est une journée qui comment ce bien?
@ léo,
je vois que êtes arrivés à établir un vrai dialogue avec Stalker, quand je me souviens de vos débuts de duettistes ce n'était pas évident!
À tchao
Pour mon cher (et rusé) Léo :
«Si l’engagement est la conséquence naturelle d’une foi ou tout au moins d’un pari, le désengagement est la conséquence nécessaire de la perception diabolique des possibles …. La foi, la croyance, ne peuvent coexister avec un certain développement intellectuel, - et un certain état actuel de cette « liberté » car ils entraînent la considération nécessaire de la pluralité des solutions …. »
Paul Valéry, Cahiers, VIII, p. 267.
Salutations à Thierry, rencontré sur le blog d'Assoupline, le journaliste qui passe le verbe à la machine (copyright, là aussi). Depuis mes nombreuses critiques à son encontre (du moins : contre sa manière de lire et ses sempiternelles approximations), vous vous en doutez, je n'ai jamais pu poster un seul commentaire chez le Monarque de la parole frelatée...
Je crois que je vais me payer un journaleux aujourd'hui, tiens, ils le valent bien !
@Gillou le Fou. C'est vrai ce que dit Christian, cette critique par Stalker d'Absalon. Absalon! est loin d'être bébête, je cite un passage :
"C’est bien la voix seule qui redonne vie aux antiques fantômes d’une tragédie qui, si elle n’est point banale, n’a rien de très exceptionnel, au moins dans l’univers de Faulkner, éclaboussé par de terribles éclairs qui nous suggèrent, par l'imprévisible éclat de leur puissance, la trouée noire, profonde et inexplorée jusqu’alors, de morbides déchirures — ouvertes sur quoi ? L'écriture en tout cas n'est pas là pour nous le dire ou nous le révéler.
L'orage du Mal, comme le dit Bataille, doit rester dans l'imprécision nécessaire de l'éphémère révélation. Mais la parole, quoi qu'il en soit, est bien (ou bien se doit de l'être, à tout prix) l’une de ces ouvertures, comme une déchirure superbe de précision qui cisèle et cisaille les pans obscurs du Mal jadis commis, un jour perpétré, depuis embastillé dans son cachot de mutisme. Déchirure qui ouvre les replis sonores et tout bruissant de paroles passées (comme on dit d’une couleur qu’elle est passée) et convoque les éclats de la guerre, de la violence et du meurtre, appelle à la surface d’anciens visages jamais vus, commande à des bouches qui ne demandent qu’à renaître de leur pourriture muette pour s’ouvrir, et parler, car elles ont tant de choses à dire, n’est-ce pas... ? "
@Stalker. Vous dites à Ferraille : "vous êtes au courant d'un truc qui s'appelle la chute historique et mondiale du communisme". Bien, mais en quoi ce fait abolirait la possibilité de lire Marx, d'essayer de le comprendre et d'user de sa pensée pour comprendre le monde dans lequel nous vivons? Althusser nous dit "Lire le Capital", et ce n'est pas lettre morte. Quand Ferraille écrit dans son billet #69 : "Le virtuel ajoute du réel au réel. Il est un surcroît de réel, qu’il faut domestiquer et politiser. Si le masque du monde réel est dédoublé par un masque virtuel, il s’en dévoile une couche d’âme sous-jacente qui participe d’une nouvelle disposition des zones de frottement et d’affrontement entre classes sociales et entre individus." trouvez vous que cette réflexion est rendue caduque par l'effondrement de l'empire soviétique? Je ne crois pas qu'on ait tourné la page de cette affaire de "surdétermination" des instances idéologiques et politiques par l' infrastructure qu'est le mode de production, de la même façon que ce serait une erreur de couper le sens de cet "échange" verbal, du lieu où il se déroule (le salon de l'Agriculture). Alain Baudemont, dans sa confrontation des "habitus" en fait la démonstration, je crois.
Lorsque Baudelaire revient du Salon de 1851 (presque agricole) et qu'il pressent dans l'avènement de l'objet industriel la disparition programmée du rôle de l'artiste, il n'en reste pas moins Baudelaire, même s'il se met à penser comme Warhol le fera un siècle après. On doit pouvoir aimer Faulkner par dessus tout et continuer à penser, tant bien que mal, le monde dans lequel nous vivons en utilisant toute la quincaillerie des outils qui nous servent à le faire. Vous qui aimez lire, mon cher Stalker, lisez le Capital de Marx, vous ne le regretterez pas.
Mauvaise pensée de Valéry pour ce mercredi 27 février 2088 :
"J'ai observé que parmi les partisans et les adversaires d'une thèse quelconque (qui s'unissent par là) la très grande majorité se compose de gens qui ne la connaissent vraiment pas. J'ai remarqué aussi que ce qu'on nomme une "conviction" n'est que l'attitude énergique d'emprunt qu'exige la faible consistance propre d'une opinion. Toute la force que l'on met dans la forme - même intérieure -est l'indice de doutes volontairement réprimés. Enfin, quand on dit d'une théorie "qu'elle peut se soutenir", n'est-ce pas dire qu'il lui faut que quelqu'un la soutienne? D'elle-même, elle tombe, et laisse-la tomber." p 9-10.
Merci pour cette belle citation de Valéry. Il me semble que Proust écrit quelque chose d'approchant, je ne sais plus où, dans la Recherche, quand il dit qu'on ne met jamais autant de conviction personnelle que lorsqu'on s'approprie les idées des autres.
Encore heureux qu'elle ne soit pas bébête, cette critique sur Absalon, Absalon ! Elle est même excellente, vous pouvez le dire (je me contenterai que vous le pensiez).
Ma pique sur le communisme faisait référence aux injures nombreuses et variées de Rimaille concernant l'affreux capitaliste que je suis.
Bien sûr que le marxisme peut être une grille de lecture mais, comment dire, cher Léo : étant quelque peu pragmatique, ayant lu pas mal de choses (Bachtine, etc.) utilisant celle-ci (je dis cela à la louche, bien sûr) comme tamis de lecture, par exemple de romans, je constate, au mieux, son absolue inefficacité, qui se traduit par un constant bavardage pseudo-intellectuel, moliniesque en somme, genetien.
Voyez-vous, le marxisme a été disqualifié par son échec économique, politique, intellectuel, humain bien sûr : et ce dernier point est... capital. Je ne vois pas pourquoi il fonctionnerait avec une vidéo plus qu'ailleurs...
Justement, personne ne soutient cette lecture : Rimaille ? C'est qui cela ? Un pseudonyme marxiste déblatérant du marxisme ? Génial. Je vous l'ai dit, une bonne fois pour toutes : je n'accorde aucun début de crétit, surtout pas intellectuel, à un troll qui ne signe pas ses interventions.
C'est sans doute là un autre débat.
Que pensez-vous de ma petite citation valérienne ? Je l'ai choisie rien qu
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