389. PanAmerica, AFP et "réalisme magique".
Par Léo Scheer, samedi 2 février 2008 :: #389 :: rss

On a pu suivre sur ce site le reportage réalisé par Laure Limongi et Emmanuel Tugny auprès d' écrivains majeurs brésiliens sur les traces de l'auteur culte de PanAmérica : José Agrippino de Paula.
Fait rarissime, une dépêche (remarquablement écrite) de l'A.F.P. vient de saluer l'événement que constitue cette traduction et cette publication en France. Un article sur la Web Radio du livre de Radio France a déjà cité la dépèche A.F.P. que je reprends ici :
""PanAmérica", roman "culte" brésilien, livré en France sous la plume d'Emmanuel Tugny
L'écrivain français Emmanuel Tugny, installé à Porto Alegre, au sud du Brésil, vient d'offrir sa première traversée de l'Atlantique en français à "PanAmérica", roman "culte" brésilien, phare du "Tropicalisme".
Auteur notamment d'une biographie romancée, intitulée "Corbière le Crevant" publiée l'an dernier, Emmanuel Tugny vient de livrer la première traduction française de "PanAmérica" de l'artiste brésilien José Agrippino de Paula (1937-2007).
Publiée en 1967, "PanAmérica" est une oeuvre emblématique dans l'histoire de la culture brésilienne, phare du "Tropicalisme" né à la fin des années 60, "un mouvement de résistance culturelle à la clôture dictatoriale dont souffrait le Brésil", déclare à l'AFP Emmanuel Tugny, à Porto Alegre.
Résistance qui s'appuie "sur une forme anthropophagique appliquée la culture pop anglo-saxonne et à la pensée libertaire européenne", précise-t-il.
Le "Tropicalisme" fut en somme la révolution "Pop Art" brésilienne, dont les "trois figures de proue principales", ajoute-t-il, furent Giberto Gil, Caetano Veloso et Chico Buarque".
Et en effet, "PanAmérica" entraîne bien le lecteur dans un tourbillon psychédélique de métaphores loufoques, cyniques, crues, violentes, voire apocalyptiques qui se déchaînent contre la dictature militaire et l'Amérique de Lyndon B. Johnson (1963 - 1969), sous couvert d'un "glamour" hollywoodien, dont l'actrice culte Marylin Monroe, fil conducteur du narrateur, véhicule le simulacre.
A Porto Alegre, aux côtés de Tugny, Laure Limongi, directrice de la collection LaureLi/Léo Scheer, qui publie "PanAmérica", est venue de Paris mener avec lui, "une enquête autour de la personnalité singulière de José Agrippino de Paula".
Elle a ainsi réalisé une série de rencontres filmées avec des auteurs brésiliens en vue, dit-elle à l'AFP, "d'éclairer la période historique de la sortie" de "PanAmérica" et d'aider à en apprivoiser "l'étrangeté".
Interrogé dans le cadre de cette série vidéo, l'écrivain, journaliste et historien brésilien Juremir Machado da Silva éclaire sur "la place importante" que tient Agrippino de Paula dans la culture brésilienne.
Selon da Silva, l'auteur de "PanAmérica" a eu "la capacité de penser" la culture nationale "à un moment important où tout était en train de changer".
Aux yeux d'Emmanuel Tugny, Agrippino de Paula est "une de ces chimères post-modernes avant la lettre que produisent volontiers les espaces magiques comme le Brésil".
L'auteur français "aime" le Brésil "et plus particulièrement San Paolo et Porto Alegre, dit-il, pour des raisons culturelles et politiques".
Professeur de Lettres, diplomate, il s'est installé dans ce pays pour la première fois dans les années 90 pour le travail.
"Pour tout dire, j'en avais aussi un peu assez de la France, de sa résistance ronchon au magique et, à l'opposé diamétral, à elle-même", confie-t-il.
C'est "la disposition allègre au magique" des Brésiliens qui le séduit justement et "la dignité délurée de leur résistance à la mélancolie" dont il "a un goût prononcé".
Interrogé sur sa perception de la vie culturelle et littéraire du Brésil, il il déclarera "sentir tout cela évoluer chaque jour vers plus de conscience de soi et de refoulement des complexes anciens, notamment à l'endroit du -premier monde-".
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Commentaires
1. Le mardi 5 février 2008 par caroline
2. Le vendredi 8 février 2008 par Sophie L.
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