373. Mél secret (1bis) de Marc Benda à la jeune femme qui court les bibliothèques
Par General, vendredi 25 janvier 2008 :: #373 :: rss
Re-bonjour :
Dans un sens, je suis heureux de voir que vous n’hésitez pas à faire plusieurs bibliothèques, y compris la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Savez-vous que j’étais là quand ils ont installé les tourniquets et imposé la carte magnétique ? De là à dire que c’est pour ça que je n’ai jamais réussi à devenir professeur, non. C’était avant tout, je crois, une question de quotient intellectuel.
Dans un autre sens, petite sœur née sans doute après moi, je ne peux m’empêcher de me demander si vous ne devriez pas relire avec plus d’attention les premières pages des « Règles de l’Art » de Pierre Bourdieu. Mais ne le faites pas, car si vous le faisiez, vous changeriez sans doute de travail. Et j’ai déjà assez à faire avec l’autre qui s’obstine à ne pas corriger les fautes qui parsèment mes phrases. Comme ces phrases sont courtes, ça ne devrait pas lui coûter cher et puis je rappelle que c’est sa maison d’édition qui me publie.
De mon côté, je suis assez content, j’ai commencé à lire « La Reine du silence » de Marie Nimier. J’y retrouve le Nimier de mes souvenirs : ce James Dean sachant écrire qui meurt à 36 ans au volant d’une Aston Martin, cet homme qui s’était engagé volontairement dans le 2ème Régiment des Hussards (élément de la 1ère DB) ; l’auteur du « Hussard bleu » ; le chef de file du groupe-fiction « Les Hussards ». J’y retrouve aussi les femmes qui disaient vouloir savoir ce qu’il avait dans le ventre.
Apparemment, on définissait ainsi un Hussard : « un militaire du genre rêveur qui prend la vie par la douceur et les femmes par la violence » ; « Un garçon avec une voiture. »
J’y apprends que Nimier était lié à Céline. Pourtant, le « Hussard bleu » (à ma connaissance le seul roman de l’occupation de l’Allemagne en 45 par des forces françaises) est tout à fait faulknérien.
J’y apprends aussi qu’un certain Chardonne lui avait conseillé d’arrêter d’écrire à 29 ans, lui disant que 10 ans de « réclusion » étaient nécessaires pour qu’il mûrisse (?).
Mais j’ai aussi appris que Nimier aurait été un des scénaristes d’« Ascenseur pour l’échafaud ». Ce passage m’a fait tout drôle parce que figurez-vous que l’année où j’ai raté le CAPES d’allemand j’ai moi aussi participé (à ma mesure) à l’élaboration d’un film. Un film de télévision certes, mais un film quand même. Réalisé entre autres à partir d’un récit que j’ai co-écrit, « Paris-Bihac » , le film « Les Étrangers » raconte un Casque bleu arabe et homosexuel qui part volontairement en Bosnie.
Engagé pour quelques heures comme « consultant », j’ai eu quelques conversations avec le réalisateur. Comme le réalisateur disait combien il avait du mal à trouver « Avoir vingt ans dans les Aurès », un film sur la Guerre d’Algérie, je lui ai proposé de lui prêter la vidéo que j’avais repérée dans mon vidéoclub.
Je continue ma lecture.
Marc

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