… du côté de Sitaudis.com. Une polémique relative à Charles Pennequin que je ne détaille pas, je vous laisse lire par vous-même sur le site ; d’ailleurs, Charles y répond très bien – la situation me semble simple : on peut ne pas aimer Charles Pennequin, ne pas aimer les textes de Charles Pennequin, ne pas être d’accord avec les positions politiques de Charles Pennequin mais on ne peut pas faire semblant de croire que Charles Pennequin méprise la démocratie en usant d’une rhétorique éculée. Ce n’est pas servir la démocratie. C’est mélanger dangereusement les plans de discours.

Philippe Boisnard, dans Libr-critique, analyse bien le régime de discours général de Sitaudis, basé sur l’affect – ce n’est pas une critique, c’est la position explicite de ce site, cf., par exemple les rubriques « ce qu’on pourra trouver dans ce taudis », « ce qu’on ne trouvera pas dans ce taudis », qui discriminent nettement ceux qui en sont et ceux qui n’en sont pas, sans argumentation.

L’« excitation » sitaudisienne qui m’a fait bondir, et je ne suis pas la seule (cf. la réponse de Nathalie Quintane et celle de Philippe Boisnard), c’est le coup de sang baclé de Jacques Demarcq sur ce qu’il nomme l’« esprit chansonnier » de la poésie, d’une rare indigence, d’une rare mauvaise foi. Surtout venant de la part de quelqu’un qui fait l’appeau en lecture publique. Il suffit d’en citer un passage pour comprendre de quoi il s’agit : « Il est, cet esprit, toujours poujadiste, c-à-d. proche du pire, et partagé aussi bien par des auteurs bourgeois (genre Darras ou Rebotier) que par nombre de saltimbanques RMIstes — toute dignité de classe ayant disparu. » tout ça pour finir par une apologie d’Holocauste de Charles Reznikoff dont on se demande ce qu’elle fait là – on est d’accord, c’est très bien Holocauste de Charles Reznikoff… Plus de cinquante ans de poésie sonore, de poésie action et de performance pour lire ça sous la plume d’un poète qui connaît très bien ces pratiques et qui est impliqué dans la défense institutionnelle de la poésie (donc, détenteur d’un certain « pouvoir »)… je trouve ça, pour ma part, plus que navrant. Mais c’est un pétard mouillé dont on ne peut que rire, finalement – d’ailleurs on en rit.