125. Les meilleures ventes.
Par Léo Scheer, mercredi 29 août 2007 :: #125 :: rss
Après les "Listes" concoctées par la presse, dans les rituels de la rentrée, arrivent "Les meilleures ventes". Là aussi, la bataille est rude, d'abord, parcequ'il s'agit d'une réalité difficile à cerner et que, par conséquent, les fantasmes et la désinformation y trouvent leur place. Le seul chiffre "objectif" pour un livre qui vient de se publier est celui de sa mise en place. Il s'agit du nombre d'exemplaires qui ont été facturés aux libraires et qui se trouvent dans leurs stocks. Au delà , il s'agit de sondages, c'est à dire, pour chaque institut de sondage d'une methode de calcul qui repose sur un panel de librairies. Les résultats varient selon le panel et selon la méthode d'extrapolation. Ensuite, il y a le classement. Les journaux, qui en ont les moyens, ont un contrat avec les institut de sondages pour publier un "Classement des meilleures ventes". Là aussi, il peut y avoir des inteprétations et des redressements, car on suit ça comme le Tour de France, et annoncer que tel auteur vient de dépasser tel autre, peut avoir un effet d'entraînement dans la mesure où toute la chaîne de vente du livre est sensible à ces classements. Par exemple, les libraires ont parfois des tables "Meilleures ventes" et certaines centrales d'achats, comme dans la grande distribution, ne se déclenchent que pour accompagner ces classements.
Les outils des sondages sont cependant de plus en plus performants. La compétition entre Instituts, les polémiques régulières, les ont conduit à se perfectionner. Mais pour analyser les résultats, le chiffre qu'il faut regarder avant tout, c'est celui du nombre d'exemplaires vendus dans la semaine, or ce chiffre n'apparait jamais. Si vous dites qu'un livre est "deuxième" mais que le "premier" en a vendu trois fois plus, ce n'est pas la même chose que s'ils se tiennent dans un "mouchoir de poche" et que la différence entr'eux est inférieure au taux d'erreur du sondage. On connait bien ce problème dans les sondages politiques. Or, ces volumes de ventes, vous ne les verrez jamais, tout le monde est d'accord pour qu'ils ne soient pas publiés. Pourquoi? D'abord, probablement, pour des raison juridiques. Le nombre d'exemplaires vendus sert d'assiette à la rémunération des droits d'auteurs, et on ne le connait réellement que trés longtemps après, quand on intègre les retours, et, en plus, il permettrait de calculer le chiffre d'affaire des éditeurs, qui est un secret dans les affaires. Il y a sans doute aussi des raisons psychologiques. Combien d'auteurs seraient effondrés s'ils connaissaient leurs chiffres de ventes semaine après semaine. Et finalement, cette déprime toucherait toute la profession, car on se dirait, "tout ça pour ça!". Misère de nous.

Commentaires
1. Le mercredi 29 août 2007 par le hareng sort
2. Le mercredi 29 août 2007 par tsquaron
3. Le mercredi 29 août 2007 par léo
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