Mettons ces graves questions d’identification (ici, ici et là) au concours (celui-ci étant déjà ouvert). Un caramel mou par bonne réponse. Et puisqu’on y est, j’ajoute la photo ci-contre. Ce n’est pas une petite fille. Ce sera mon seul indice.
Les concours pullulent. Passant dans le bureau d’Anne tout à l’heure, je tombe sur le dernier numéro d’Elle : « Grand concours de l’été : trouvez notre invité mystère » ; ce n’est d’ailleurs pas ce qui m’a d’abord retenu dans cette couverture, qui est charmante, et dont l’invitée ne frappe pas par son mystère, sauf à penser au mystère en pleine lumière cher à Barrès ; mais il y a là comme une obsession. Tout est concours en ce moment. Est-ce une suite de la période électorale, dont la France peinerait à sortir, tant elle s’y est plu (ou plue : nuance pour amateurs de jolie langue) ? C’était d’ailleurs là aussi une affaire d’« invité mystère », le conseiller général des Hauts de Seine qui occupe l’Élysée se consacrant presque exclusivement à ne pas être où on l’attend. On s’est beaucoup amusé ces derniers mois (la revue a pris sa part de ces réjouissances), on n’a pas très envie d’être dégrisé. Je le comprends bien. À peine rentré de Venise, je prenais des bateaux sur la Seine et des camparis aux terrasses ; si je ne parlais pas italien c’est que je ne parle pas italien ; sans quoi j’y allais à fond. Comment revenir à la vie habituelle ? Ni la France ni moi ne connaissons la réponse. Jouons en attendant qu’elle vienne.
Je me livre moi-même, au demeurant, à un autre grand concours, qui occupera mon mois de juillet : le concours de la rentrée littéraire. Nous bouclerons le numéro qui lui sera consacré à la fin du mois. Il faudra d’ici là avoir élu les quelques livres qui, parmi les plus de sept cents annoncés cette année, méritent d’échapper à l’engloutissement promis aux quatre cinquièmes d’entre eux. Il est trop tôt pour vous livrer des noms. Vous découvrirez cela quand, anxieux, vous vous précipiterez en librairie pour acheter ce numéro. Nos chroniqueurs et nous-mêmes lisons, annotons, écrivons ; je commence à rencontrer des auteurs pour des entretiens. Quelques noms se dégagent, voilà tout ce que je peux vous dire, mais quelques noms, quelques bons et même très bons livres, ce n’est déjà pas mal. Nous en reparlerons. Pour l’heure, acceptez ce petit suspens. Pourquoi s’adonnerait-on à des jeux, si l’on ne recherchait un peu de suspens ?