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mardi 16 décembre 2014

2233. Fanch écoute en Bretagne

Il y a des gens qui écoutent, c'est le cas de Fanch Langoët en Bretagne. Il a écouté ce que j'ai pu, un peu, raconter à France Culture, radio fidèle à sa tradition de ne jamais recevoir les livres qu'on lui envoie. Mais il arrive qu'on y rencontre des gens très bien qui se débrouillent pour les lire quand même.

Canal+ prend Scheer…

Préambule

Il y a des matins où même les tristes sires bouffonesques arrivent à vous faire rire ou à vous tirer les larmes. C'est selon. Ce matin du 3 novembre dernier, avisé que la matinale de France Culture s'intéresserait de près au 30 ans de Canal +, j'étais tout ouïe et près à me régaler à l'écoute de l'auteur de "Quand les tontons flingueurs rencontrent les bronzés" (1). Rien que pour le titre déjà. Las, c'était sans compter à 7h58 avec l'accroche pathétique d'un Brice Couturier, triste sire parmi les tristes sires. "Monsieur je sais tout sur tout" bredouilla à l'antenne que n'ayant-pas-reçu-le livre-de-Léo-Scheer-il-lui-serait-bien-difficile-d'en-parler-mais-qu'à-cela-ne-tienne-il-saurait-quoi-dire. Tu parles, Charles !

Hein ? Quoi ? Comment ? Monsieur Couturier aurait été oublié des services de presse ? Lui son éminence (grise) incontournable gloseur à la rhétorique habile pour, matin après matin, vendre sa "sauce" vieillo-libéral-réac-tendance-macro(n). Lui l'auto-sartisfait sûr de lui permanent. Lui la scie qui raye les conversations les plus intéressantes. Mais, Monsieur, on n'abat pas un Couturier comme ça. Et voilà le bouffon nous tartinant une chronique tendance pipole dur s'interrogeant (sic) sur les effets du pétard mouillé Netflix. À pleurer grave. Il est 8h20 et on s'endort. Allez, du balai Couturier tu nous gâches la joie.

À toi Léo…

Mes chers auditeurs je vous sens perplexe. Mais qu'est ce qu'il peut bien venir faire dans cette galère le Fañch. Ben vous le savez j'aime les histoires et l'histoire de Canal m'intéresse particulièrement si c'est l'histoire d'"avant Canal" quand, codé, le projet s'appelait Canal 4. Car tout l'intérêt du livre de Scheer est de montrer comment, partie d'un cerveau fécond (le sien), une idée peut se développer jusqu'à la création d' une chaîne de télévision payante en plein revival socialiste (81/84). Je dis revival socialiste car la France n'avait plus connu cette "orientation" depuis Blum en 36.

Scheer a commis un livre d'histoire contemporaine. Ses descriptions et analyses du, des contextes qui entourent la création de cette petite bombe audiovisuelle, sont riches d'enseignement. Voilà sur la table quelques "22 mars" 68, un peu de la "Nouvelle société" des Delors/Chaban, les ruines d'un "Giscard à la Barre (Raymond)"… Mais surtout la pénétration (fine et subtile) des dogmes et autres tabous de la gentry socialiste pas (encore) prête à se vendre à la loi du marché. De là à dire que les socialistes ont été des enfants de chœur il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement.

Mieux, Scheer nous décrit le fonctionnement de la légendaire maison de communication, Havas (2), et son rôle éminent de prescripteur/influenceur/acteur des médias et plus si affinités. Donc je me suis régalé à lire cette histoire fabuleuse (3) qui a eu la très bonne idée de s'arrêter avant le 4 novembre 1984. Là les jeux étaient faits (où n'allaient pas tarder à se faire et se défaire), Scheer avait filé à la concurrence (Publicis) pour élaborer ce qui finira en désastre industriel (et moral), la Cinq.

Commémo

Jusqu'à preuve du contraire je ne me souviens pas que France Culture ait célébré peu ou prou les événements suivants cette année : • les 50 ans de la 2ème chaîne couleur (18 avril 1964), • les vingt ans de la 5 (13 décembre 1994), • et surtout l'anniversaire de la création de l'Ortf (27 juin 1964), Preuve s'il en était qu'au delà du "phénomène de société" Canal + a bien été (au passé) le gratte-cul du PAF (Paysage audiovisuel français). Aujourd'hui le constat de Scheer sur le retard pris par Canal vis à vis d'internet est patent. L'"establishment" de la chaîne dans le paysage n'est pas crypté. Pourtant l'"esprit Canal" doit se conjuguer au passé. Un passé dépassé même qui apparaît en (très) clair chaque jour. L'analyse lucide et sans concession de Scheer (et de Pascal Josèphe) au micro de la matinale le confirme. CQFD.

(1) Michel Lafon, novembre 2014, (2) Agence publique à l'époque (qui contrôle les médias français) et au sein de laquelle il a élaboré Canal, (3) Sans Apélie Moulain…

lundi 8 décembre 2014

2232. Discours de réception de Modiano

À propos de Oublier Modiano de Marie Lebey, il faut retenir ce passage du discours de Modiano :

"Ce jour-là, je crois n’avoir jamais ressenti de manière aussi forte combien un romancier est aveugle vis-à-vis de ses propres livres et combien les lecteurs en savent plus long que lui sur ce qu’il a écrit. Un romancier ne peut jamais être son lecteur, sauf pour corriger dans son manuscrit des fautes de syntaxe, des répétitions ou supprimer un paragraphe de trop. Il n’a qu’une représentation confuse et partielle de ses livres, comme un peintre occupé à faire une fresque au plafond et qui, allongé sur un échafaudage, travaille dans les détails, de trop près, sans vision d’ensemble."

Dommage que cette pensée subtile ne lui soit pas venue à l'esprit en lisant le merveilleux livre de Marie Lebey qui est, par ailleurs, un exercice d'admiration pour l'oeuvre de notre Prix Nobel National.

mardi 2 décembre 2014

2231. Zemmour parle des Tontons au coeur de Canal+ : un grand moment de télévision.

Le 1er décembre 2014, Éric Zemmour, ayant fini par accepter de venir sur le plateau du Grand Journal pour faire la promotion du Suicide français, a pu évoquer le livre sur l'invention de Canal+, laissant les chroniqueurs maison complètement KO debout. Merci pour ce grand moment.

mercredi 26 novembre 2014

2230. Julie Gouazé invitée de l'émission Le Living-Boox présenté par Laurent Kupferman

mardi 25 novembre 2014

2229. Léo Scheer invité de l'émission "Tout et son contraire" de Philippe Vandel sur FRANCE INFO pour "Quand les Tontons..." chez MICHEL LAFON

MDR...

jeudi 13 novembre 2014

2228. Quand les Tontons flingueurs rencontrent les Bronzés de Léo Scheer par Éric Zemmour dans Le Figaro

Le film que vous ne verrez pas sur Canal +

Canal + avant Canal +. Loin des programmes, des animateurs et de l’esprit Canal, une histoire politique de la chaîne cryptée avant sa naissance. Un récit drôle et savoureux.

Dans l'amour, le meilleur est dans l'escalier. Et dans toute naissance, le meilleur aussi est avant. Pour la télévision, c'est la même chose. Canal + est né il y a trente ans, peu de gens peuvent encore l'ignorer. Mais il y a un secret de famille. Banal. Le père n'est pas le géniteur. Celui-ci n'est pas André Rousselet, mais Léo Scheer, un éditeur fort réputé dans son milieu, mais inconnu du grand public. Pendant trente ans, il est resté silencieux. Le père Rousselet et ses nombreux et talentueux enfants, Lescure, de Greef, de Caunes, Gildas, Guignols, etc., prenaient toute la lumière. Léo Scheer restait dans l'ombre. Il en sort avec un livre truculent, qui conte les trois années de gestation de la future chaîne cryptée.

L'éditeur n'est pas un auteur, mais un conteur. Nuance. Il écrit comme il parle, use d'un style relâché, abuse des formules toutes faites ; mais s'il ne nous prend pas par la distinction de la prose, il nous attrape par la verve et l'intelligence du récit. Il est comme ces oncles «sympas» qui savent captiver des neveux revêches. On ne sort pas de nos histoires de famille. L'idée formidable du livre est que l'auteur ne nous parle pas de télévision. Pas de programmes, pas d'animateurs, pas d'«esprit canal». Tout ce qu'aiment tant les gens qui font de la télé et ceux qui la commentent.

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jeudi 6 novembre 2014

2226. Il faut bien s'amuser un peu de temps en temps.

Merci à Michel Lafon, à sa merveilleuse équipe et à Frédéric Taddéï, pour ces grands moments de détente :

mercredi 5 novembre 2014

2227. Quelques Blogs de la fraternité.

Je tiens à signaler quelques blogs tenus par des membres de notre petite communauté fraternelle et un peu zinzin, tel ElyAl 28 du cher Alain Baudemont, qui semble préoccupé par les effets de l'abus de boisson pour le troisième âge, ou le blog de Fabien Sanchez peut-être plus proche du cartel de la poésie, ou bien le blog de Manuel Montero auquel je ne comprends rien. Mais je compte sur vous tous pour m'indiquer les adresses afin que je complète cette liste. Nous avons, depuis toujours, un noyau "dur" d'un millier de visiteurs, qui, à n'en pas douter, ont chacun leur blog depuis toujours.

samedi 1 novembre 2014

2225. Alexandra Varrin invitée de Frédéric Taddeï dans CE SOIR (OU JAMAIS!) sur France 2

Sur la couverture de son dernier livre : Une semaine dans la vie de Stephen King, l'auteure, Alexandra Varrin apparait, tel un personnage de film ou de série adaptés d'un roman de son génial "maître à penser", avec, sur son bras gauche, pendant hors de la baignoire où on ne sait pas très bien ce qui vient de lui arriver, le tatouage du clown de Ça, le chef d'oeuvre du maître des peurs enfantines, qui est aujourd'hui à l'origine d'une nouvelle "légende urbaine", celle des "clowns agressifs".

(début : 1h16mm)

samedi 25 octobre 2014

2224. Mehdi Belhaj Kacem et Tristan Garcia chez Adèle Van Reeth sur France Culture

Adèle Van Reeth reçoit dans son émission "Les Nouveaux chemins de la connaissance" l'auteur de Algèbre de la tragédie, Mehdi Belhaj Kacem et Tristan Garcia, auteur de la postface, Critique et rémission.

jeudi 9 octobre 2014

2222. Alexandra Varrin invitée de Michel Field sur TF1

Au Field de la nuit du lundi 6 octobre 2014, le livre d'Alexandra Varrin : Une semaine dans la vie de Steven King, est "Le coup de projecteur" de l'émission.

vendredi 3 octobre 2014

2220. A+2 de Sophie Schulze par Arnaud Viviant dans TRANSFUGE

SOPHIE SCHULTZE, LA PHILOSOPHE.

par Arnaud Viviant

À contre-courant de cette rentrée, A+2 est un récit autobiographique signé d'une lectrice de Heidegger qui interroge son héritage familial.

J'ai toujours eu un faible pour les filles qui lisent Martin Heidegger. Je les imagine dans leur chambrette, nimbée d'une lumière électrique ocre un peu sale, leur doux visage baignant dans un clair-obscur métaphysique, penché sur Être et temps. Et si, en plus, elles lisent Marx, cette fois dans une lumière crue et à demi nues (dans mon imaginaire, c'est toujours en été), et si de Marx elles lisent plutôt les Manuscrits de 1844 que Le Capital, alors là, je ne réponds plus de rien.

"La philosophie est ma langue maternelle" me dit Sophie Schulze. Elle est petite, brune, en mouvements. Genre elfe. En trois ans, elle a publié quatre livres aux Editions Léo Scheer, toujours bordurés de titres étrangers, le dernier A+2 étant sans doute le plus mystérieux des quatre (même si Nom de pays, Karl et PSG-Moscou n'étaient pas mal non plus dans le genre). En tout cas très éloignés de la production courante, par exemple de cette mode un peu embarrassante du selfie littéraire où les écrivains s'arrangent pour être dans le cadre à côté d'une star : Elvis Presley et moi, Zidane et moi, Nadia Comaneci et moi, etc. Peut-être, justement, à cause de l'origine philosophique de ces récits qui semblent leur offrir d'emblée une gangue, une espèce de cuirasse, et les mettre à l'abri de l'air du temps, les romans de Sophie Schulze font entendre leur petite différence.

Au deuxième chapitre de A+2 (oui, ça veut dire quelque chose, on va bientôt y venir), elle évoque sa lecture de Sein und Zeit : Les treize premiers paragraphes sont sublimes. Le ton est simple, presque pédagogique. Le propos, pourtant, est ample. Abyssal, même. Trois mille ans de métaphysique, ou plutôt d'onto-théo-logie, sont convoqués. Dans Nom de pays, Karl, elle plie en soixante cinq pages, façon origami, un essai littéraire sur les Manuscrits de 44, en préférant nettement la lecture de Gérard Granel à celle d'Althusser. Hum. Ce n'est rien de dire que j'ai essayé de mettre le paquet...

Mais reprenons. Sophie Schulze, quarante et un ans, a commencé par étudier la philosophie à Strasbourg sous la direction de Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy. Aujourd'hui, elle "aspire à sortir de la philosophie par la littérature". Elle me raconte qu'à la fac, elle a participé à un séminaire "Littérature et philosophie" où elle a travaillé sur un texte de Hannah Arendt à propos des Fruits d'or. Mon roman préféré de Nathalie Saraute! "Moi aussi, c'est le livre que je préfère d'elle", m'apprend mon interlocutrice aux yeux soudain gris brillant. Je me frotte les mains. J'ai l'impression d'être sur un de ces sites Internet où l'on se drague par affinités culturelles. En revanche, j'ignorais que l'auteur des Origines du totalitarisme avait écrit sur Sarraute. Alors Sophie Schulze m'explique que dans ce texte rare (mais dont elle me fera volontiers une photocopie, (m'assure-t-elle avec une vivacité qui m'enchante), publié dans la revue féministe Les Cahiers du Grif, Hannah Arendt étudie la fonction de ce qu'elle appelle les "pronoms sociaux" dans Les Fruits d'or. "Cela rappelle de "On meurt" de Heidegger" m'explique doctement celle qui, l'année dernière encore, était chargée de cours à la fac, avant d'ajouter : "Arendt montre bien que la sous-consommation n'a rien à voir avec le monologue intérieur."

Tout cela peut paraître sec, aride, cérébral, mais non. On l'a dit, Sophie Schulze est en perpétuel mouvement. Après la philo, elle a tenté l'ENA qu'elle a raté d'un point, dit-elle, avant de se tourner vers le droit administratif pour devenir juge. Elle a aussi beaucoup voyagé, en Russie, en Arabie Saoudite, en Afrique, et tout cela a nourri ses quatre récits d'obédience autobiographique, chacun dans leur genre, des textes qu'elle décrit en trois adjectifs : "minimalistes, synthétiques, formalistes". Sophie me parle d'une interview récente d'Aurélien Bellanger dans laquelle il revendique de ne plus avoir d'approche formelle de l'écriture; elle aime bienl'auteur de La Théorie de l'information, mais ne partage pas ses vues.

La preuve que Sophie n'est en tout cas pas détachée du réel, qu'elle s'accroche à la contingence, c'est que A+2 s'inscrit parfaitement dans la rentrée littéraire. Il est temps de dire ce que signifie ce titre. A+2 est le nom de code imaginé par l'auteur pour désigner la deuxième génération à n'avoir pas connu Auschwitz. Or, il se trouve que cette génération A+2 signe plusieurs livres consacrés à la Shoah. Il y a le roman mièvre de David Foenkinos sur Charlotte Salomon. Comme pour lui répondre, il y a l'essai biographique que Gilles Sebban consacre au peintre assassiné Stéphane Mandelbaum : Mandelbaum ou de rêve d'Auschwitz. Dans ce livre, Auschwitz n'est certes qu'une trace, mais archétypique de la génération A+2. Plus remarquable encore, il y a L'Oubli de Frédérika Amalia Finkelstein qui tente, vainement, d'opposer un droit à l'oubli au devoir de mémoire. Sophie Schulze, quant à elle, termine A+2 par le récit d'une visite du camp de la mort. "Oui, sourit-elle, je m'inscris dans un genre totalitaire." Bizarrement, elle se met ensuite à me parler de Steve Reich. Je n'y comprends rien. Elle s'explique : "Le trauma crée une structure répétitive. Puis la répétition crée des décalages, une musique nouvelle." Je crois que je comprends. On assiste effectivement avec cette génération A+2 à une nouvelle écriture de la Shoah.

Le grand-père de Sophie Schulze était allemand. Militaire de carrière avant la Seconde Guerre mondiale, il a participé à tout ça. Puis il s'est marié à une alsacienne et a interdit à ses descendants de parler allemand. Pour finir, je lui demande quels sont les écrivains contemporains qu'elle aime. Elle me cite, en vrac : Thomas Bernhard, Eugène Savitzkaya, L'Epis monstre de Nicolas genka, Chloé Delaume, le Portugais Nuno Camarneiro (avec lequel elle participe à un roman collectif européen en ligne) Jean-Philippe Toussaint, Jérusalem de Gonçalo M. Tavares, Camille de Toledo, Gabriel Matzneff, Marc-Edouard Nabe... Hum. Revenons en alors à Nathalie Saraute.

2221. A+2 de Sophie Schulze par Steve Krief dans L'ARCHE

LE POIDS DU PAPIER

Sophie Schulze entreprend un voyage aux origines.

"Laissez brûler les petits papiers. Papiers de riz ou d'Arménie...". La chanson de Serge Gainsbourg, qui évoque diverses utilisations quotidiennes des papiers est une des questions centrales du livre de Sophie Schulze. Dans une société qui iPadise tous les écrits au bénéfice d'une guerre d'acquisition des mémoires des grands sites de référence, pour garder tout ou son concentré, on doute de la motivation ou du résultat. Et on risque de se retrouver à moyen terme comme le personnage interprété par James Caan dans le film d'anticipation Rollerball. À la recherche d'informations sur les guerres relativement récentes entre les différentes corporations mondiales, il se rends à Genève où sont stockées toutes les archives de l'Histoire. La machine programmée pour censurer les évènements délicats refuse de lui répondre, tandis que l'on voit le XIIIe siècle se résumer à une fiche dans les mains du bibliothécaire en titre, qu'il jette à la poubelle n'y voyant aucun intérêt en-dehors de Dante.

L'angoisse du papier est très présente dan A+2. "A" fait référence à Auschwitz et "+2" à la deuxième génération après la Shoah. Que reste-t-il comme traces de l'évènement ? La mémoire transmise par les derniers survivants des camps doit être sauvegardée par les traces écrites. Ce livre autobiographique présente le malaise dans sa quête de savoir. Les lourds secrets d'une guerre et les révélations troublantes. Les voix tentent de revenir à défaut de pouvoir communiquer par le papier. Lors d'une visite à Auschwitz, l'auteure gère difficilement la confrontation avec le lieu et sa présentation actuelle. Sans oublier ce qui se déroule à quelques pas des barbelés,aussi décalé avec l'histoire véhiculée par le camp que l'attitude "banale" des badauds qui y habitaient tranquillement deux générations plus tôt. Le récit est d'autant plus fort qu'une voix particulière hante l'auteure ; sa curieuse dialectique révélera la réelle ambition de cet écrit.

Mais le livre ne s'arrête pas là. Et comme dans La Danse de Gengis Cohn, il nous file une grande claque avant de nous emmener vers des thèmes insoupçonnables. Tout d'abord, dans la formation universitaire de Sophie Schulze et sa confrontation aux textes de Heidegger et Marx. De la difficulté de dépasser les visions souvent rigides des différentes chapelles sur leur penseur en chef. À l'image de certains élèves de Pierre Bourdieu qui louent celui qui dénonça les réseaux universitaires avant de recréer les mêmes autour de lui, la dialectique qui ne traverse pas dans les clous n'est pas nécessairement le sport préfé de ces adeptes de Marx et Heidegger. Et si Sophie Schulze a du mal à bousculer ces lignes éditoriales ou épiscopales, cela parait un luxe bien lointain lorsqu'elle nous emmène constater le désarroi de certaines populations africaines qui "n'ont qu'un cahier par classe". En mission diplomatique pour la France, ces quelques feuilles que doivent se partager les élèves sont d'autant plus chères face à la mauvaise volonté manifestée par les représentant des instances internationales. Le Congo pourrait à lui seul nourrir l'Afrique, mais sa propre population ne mange pas à sa faim. Les pillages internes et externes empêchent toute progression dans ce domaine et les impératif éducatifs semblent eux aussi loin d'être atteints.

A+2 propose un regard poignant, gênant sur l'Histoire et ceux qui ne souhaitent pas l'apprendre. Sur ceux qui le veulent et qui doivent tourner maintes fois autour du monde et de leurs proches pour en découvrir les facettes. Messages forts et réflexions intransigeantes mais nuancées : ce livre est appréciable dans un monde où les écrans transforment les apprentis écrivains en éditorialistes à la petite semaine et leurs lecteurs en supporters.

S.K.

mercredi 24 septembre 2014

2219. Amazon : copy that m@n.

Selon Livres Hebdo, Amazon prépare un site d’édition participative, sur le principe de la plateforme m@n.

" Amazon travaille actuellement sur un projet d’édition participative, qui laissera les lecteurs choisir les livres qu’ils souhaitent voir publiés dans le catalogue numérique de l’entreprise.

Pas encore de date de lancement, mais une mailing list pour être tenu au courant de l’avancée du projet : Amazon va lancer un site d’édition participative qui permettra aux internautes de sélectionner, à partir d’extraits d’ouvrages inédits, ceux qui mériteraient d’être publié par la branche d’édition numérique du commerçant en ligne.

Les auteurs pourront soumettre à Amazon des manuscrits complets, jamais publiés auparavant. La première page du livre sera alors mise en ligne sur le site dédié, permettant aux lecteurs de sélectionner les textes qui leur plaisent le plus. Seules les œuvres les plus appréciées seront examinées par Amazon pour une éventuelle publication.

Quelques-uns des termes du contrat qui lierait l’auteur à Amazon dans cette nouvelle formule éditoriale ont été révélés par le site internet américain The Digital Reader. Selon lui, l’auteur pourrait obtenir un à-valoir de 1500 $ (1164 €), et 50 % de droit d’auteurs. Amazon Publishing promet également, une semaine avant la parution, une copie du livre numérique à tous les internautes qui auront participé à sa sélection."

lundi 1 septembre 2014

2218. Louise de Julie Gouazé par Murielle Compère-Demarcy pour LA CAUSE LITTÉRAIRE

Roman poignant dans sa sobriété d’écriture au fluide glacé, Louise laisse circuler un air de nostalgie que tous avons fleuré un moment dans nos flashback incontournables en direction de l’enfance. Une enfance là qui se raconte, pour aider à s’extraire du mal de l’enfance, pour aider à « grandir », pour en ressortir plus vulnérables : plus vivants.

Un livre à découvrir absolument.

Ce premier roman brille par son écriture en lignes brisées, bousculant d’entrée de jeu la linéarité du récit :

Juin 1995. Lyon. Dans quelques semaines, Louise aura dix-huit ans. Ce week-end est le dernier avant l’épreuve de philo. Son amoureux s’appelle Marc. Louise a des parents, Marie et Roger, et une sœur.

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