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lundi 14 juillet 2014

2207. Portrait du philosophe Gérard Granel par Sophie Schulze sur BibliObs

Sophie Schulze a consacré un article au philosophe Gérard Granel, traducteur, entre autres, de Reiner Schürmann, dont le récit Les origines fait singulièrement écho au nouveau roman de Sophie Schulze, A + 2, à paraître le 20 août prochain.

Vous pouvez découvrir l'article ici:

Gérard Granel, l’homme à qui l’on doit la "décontraction"

vendredi 11 juillet 2014

2206. A+2 de Sophie Schulze par Yael sur T.L.C. (Toute La Culture)

A + 2 de Sophie Schulze, lettre sur les fantômes du passé

L’auteure de Allée 7, rangée 38 (2011) revient aux Éditions Léo Scheer pour cette rentrée littéraire 2014 avec un récit dense, intense et intime.

Note de la rédaction : ★★★★★

Plusieurs épisodes préparent le lecteur au texte court et serré qui réveille les fantômes du passé familial de l’auteur. Il y a la perte de passeport diplomatique en Arabie Saoudite, la rencontre de la philosophie de Hannah Arendt en hypokhâgne, un travail administratif en stage de droit qui la préoccupe parce qu’elle « exécute » des décisions d’expulsion de demandeurs d’asile politiques déboutés, un passage par le Niger et Jérusalem. IL y a le témoignage, la révélation d’un poids qu’on image osciller entre l’exil, Auschwitz et le silence. Et puis il a un échange de courrier avec l’éditeur, Léo Scheer, qui partage cette même histoire. Un courrier où l’on décide de garder le nom, même si le titre s’en tient aux initiales…

Thriller douloureux A+2 est un récit identitaire fragmenté, courageux et douloureux où l’auteure emmène le lecteur vers une contrée d’authentique réflexion sur la responsabilité de ceux qui sont nés après. Quelle mémoire porter et comment la porter éthiquement quand on n’a pas vécu les événements ?

La vie n’a aucun droit dans ce texte terrible et exigeant, même si la trajectoire individuelle, éclairée à l’ombre d’un passé terriblement lourd et qui ouvre de nombreuses correspondances. Un récit magnifiquement intransigeant.

Sophie Schulze, A+2, Léo Scheer, 150 p., 17 euros. Sortie le 20 aout 2014.

Yael le 10 juillet 2014

jeudi 12 juin 2014

2205. "Métaphysique de la putain" de Laurent de Sutter par Tristan Garcia dans Transfuge

Les bordels de l'être

Le philosophe belge Laurent de Sutter fait de la prostituée la figure lucide de notre époque

par Tristan Garcia

De livre en livre, Laurent de Sutter entreprend de " défoncer " la vérité, c'es-à-dire de lui retirer tout son fond.

Que reste-t-il ? L'image même de la putain, répond son nouveau texte, sibyllin.

Renouant avec la définition de la pornographie, qui est la peinture des prostituées (depuis Parrhasios d'Ephèse), Laurent de Sutter évite, dans ce petit livre érudit et sincère d'un style impeccable, les lieux communs des débats publics sur la sexualité tarifée. De la prostituée, il fait plutôt l'emblème d'une métaphysique originale, où tout se paie. Avec la raideur classique de Pascal Quignard et la souplesse pop de Slavoj Zizek, Laurent de Sutter conduit le lecteur dans les bordels de l'être, sur les pas de Charles Bukowski qui célébra, un jour de pluie à Hambourg, les putains comme des " êtres éternels ", plus humains que les êtres humains.

De la putain, Laurent de Sutter fait une image et une idée. La sociologie de la prostitution ne l'intéresse pas : c'est l'idéal de la putain, de Baudelaire à Goya, d'Utamaro à Genet, qui le fascine.

Au fil de courts paragraphes qui dessinent une déambulation urbaine dans quelques oeuvres choisies avec goût, Laurent de Sutter se met en chasse. En quête de la vérité comme d'une prostituée sur les boulevards, il déambule dans la Lulu de Wedekind et de Berg, parmi quelques bandes dessinées (Valentina de Crepax, 23 Prostituées de Chester Brown, Pink d'Okazaki), en passant par les lettres de James Joyce à sa femme Nora, les reportages de William Vollmann ou le cinéma de Godard.

Adoptant la position de Karl Kraus, Laurent de Sutter découvre que dans le monde capitaliste de l'équivalence universelle, où tout s'échange, la seule qui ne fait pas exception, c'est la seule qui a raison. La prostituée qui se vend, dans un monde où tout s'achète, est l'unique personne vraie. Tous les autres sont faux, précisément parce qu'ils se croient des exceptions à l'économie de leur propre monde.

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mardi 10 juin 2014

2204. "Métaphysique de la putain" de Laurent de Sutter par Eric Loret dans Libération

On dira : ce n’est pas politiquement correct. Un point de vue masculin. Encore qu’il y ait des femmes qui consomment des prostitués, mais on en entend relativement peu parler. C’est comme si «la putain» (ou le putain, en version gay) ne faisait bavarder que le genre masculin.

On regrette de ne pas être une femme pour comprendre autrement cet essai qui, comme toute métaphysique, s’occupe de l’être. Non pas celui de la putain, mais celui de son client : «Passer un moment avec une putain, c’est passer un moment avec soi-même - comme, à nouveau, on passerait un moment face à un miroir : on y est nu, on y est confronté à son propre désir. Passer un moment avec une putain, c’est dérailler de l’ordre par lequel un être humain tente de constituer le narcissisme un peu bêta qui lui permet de ne pas s’effondrer à chaque coin de rue.»

Rencontre. D’entrée, Laurent de Sutter prévient qu’il n’y aura pas ici les habituelles considérations sociologiques ou morales sur la «question» de la prostitution. Et, de fait, c’est beaucoup moins de la prostituée réelle qu’il s’occupe que de l’absente de tout bordel, pourrait-on dire, la «putain» littéraire ou cinématographique, de Godard et Goya jusqu’au bédéiste Chester Brown et ses Vingt-Trois Prostituées (2011) en passant par la Lulu d’Alban Berg écrivant à Adorno. La putain, comme la vérité, rappelle Sutter, on ne peut la posséder «toute», et c’est dans ce manquement même, en tant qu’épreuve, que la vérité se joue pragmatiquement : «Il n’y a de vérité que dans l’affolement d’un ordre - et il n’y a de vérité que lorsque le moteur de cet affolement est le désir.» La putain, ou plus exactement la rencontre avec la putain, demande «Che vuoi ?», comme l’Autre lacanien : que veux-tu ? Et n’importe qui a déjà rencontré un(e) prostitué(e) sait que ce désir est renvoyé dans l’expérience à son néant : ce que tu veux est là, et tu ne peux donc pas l’avoir.

Si la putain comme régime de vérité vient à Lacan depuis Nietzsche (le voile de Baubo dans la préface au Gai Savoir) via Bataille, l’application qu’en fait Laurent de Sutter à (au moins) deux questions d’esthétique - «Qu’est-ce que l’art ?» et «Qu’est-ce que la police ?» - lui permet des relectures roboratives d’œuvres fétiches de la modernité. Ainsi voit-il en Godard, à partir de l’analyse du court métrage Une femme coquette, un moderne «distancié», presqu’un classique, cherchant à «sortir du moderne par le moderne». Chez Godard, argue Sutter, la putain n’est pas le mensonge comme moment du vrai : elle se contente «d’émettre des signes sans qualité et sans pouvoir : des signes qui» ont «abandonné le procès des apparences sans pour autant renouer avec leur éloge». Les signes et les putains godardiens «ne trichent pas» : ils sont disponibles au sens, qui leur vient du désir de celui qui les reçoit. C’est un classicisme fondé sur une adéquation des choses et de l’intelligence.

Poésie. Dans cet essai construit de façon chorale (les développements finissent par se rejoindre à force de tours et de retours), la séquence la plus originale concerne la question de la police et de la vérité, faisant se rejoindre politique et métaphysique : si la vérité est ce qui «affole l’évidence», si elle est le «devenir inévident de l’inévidence», alors il est logique que la police, qui est toujours police du «vrai», persécute la poésie de la vérité, qui est le contraire du vrai, qu’elle persécute la putain en tant qu’elle fait «signe vers la vérité», qu’elle en est notre seule (é)preuve réelle.

Eric Loret, Libération, 5 juin 2014

mercredi 4 juin 2014

2203. Signature de Guillaume Fédou à la librairie Mollat le samedi 7 juin 2014

Guillaume Fédou présentera, au cours d'une discussion avec Ariel Kenig, son premier roman, Mon numéro dans le désordre, samedi 7 juin prochain à la librairie Mollat, à Bordeaux.

vendredi 30 mai 2014

2202. "Métaphysique de la putain" de Laurent de Sutter par Philippe Nassif dans Philosophie Magazine

Livre après livre — citons Pornostars, Contre l'érotisme, ou Deleuze : la pratique du droit —, Laurent de Sutter affirme son style singulier : celui d'un genre de «bad boy» de la philosophie, avec un dandysme qui ne s'intéresserait aux artifices qu'une fois chus, une façon de donner à éprouver l'être plutôt qu'à le prouver. Une puissance d'inquiètement, donc. Son dernier essai, Métaphysique de la putain, est le plus accompli. Il est porté haut par un désir de circonvenir aux discours en place. Il désarme en effet l'habituel bavardage moral faisant des prostituées des êtres indignes – puisque, au choix, absolument vénales ou absolument victimes –, pour, au contraire, soutenir qu'elles sont les plus spirituels des êtres qui peuplent la cité : des personnages « métaphysiques ». Ou encore, des « êtres éternels » écrit Bukowski, dont le regard ouvre et clôt l'essai. Entre-temps, Sutter aura traqué la vérité de la putain en tirant le plus solide des fils : la pensée des artistes qui ont dominé le siècle dernier.

Il y a ainsi Jean-Luc Godard dont l'obsession pour le cinéma n'a d'égale que ses obsessions pour la vérité et pour la prostituée. Il y a la Lulu d'Alban Berg, condamnée par son innocence à une fin tragique par où s'expose l'obscénité coupable de ceux – bourgeois, aristocrates, ouvriers, malfrats – qui aspiraient à la posséder. James Joyce fait du bordel le lieu du réel dans un monde de part en part imaginaire. Jean Genet, cet ex-prostitué, désigne dans Le Balcon, le bordel comme un théâtre nô, où chaque geste est surjoué, où l'illusion se déploie comme le lieu même de la vérité. Enfin, l'auteur de bande dessinée autofictif, Chester Brown, sténographie dans 23 prostituées l'expérience d'un quasi sociopathe, Brown lui-même, éduqué à son propre désir à partir du moment où, proche de la quarantaine, il se convertit aux amours tarifées.

Et Sutter d'en conclure: «Passer un moment avec une putain, c'est passer un moment avec soi-même — comme, à nouveau, on passerait un moment face à un miroir : on y est nu, on y est confronté à son propre reflet, et on y est obligé de prendre en charge son propre désir. Passer un moment avec une putain, c'est dérailler de l'ordre par lequel un être humain tente de constituer le narcissisme un peu bêta qui lui permet de ne pas s'effondrer à chaque coin rue.» Le fait que Lacan a nommé « passe » la procédure d'habilitation des membres de son école de psychanalyse ne tient évidemment pas du hasard. On savait les putes plutôt psychologues, mais ici ce sont les psys, qu'eux aussi on paye cash pour rencontrer notre désir, qui apparaissent terriblement péripatéticiens. C'est que « les putains sont les actrices de la vérité. »

Laurent de Sutter nous propose ainsi une méditation sur le visage toujours tragique, difficilement supportable, de la vérité, donc sur l'affolement de toute raison et de tout ordre que provoque la présence, toujours intense, d'une prostituée. Ce qui justifie en retour sa forclusion par la police, l'opinion, le maquereau. De la récente et mauvaise loi criminalisant les clients de travailleuses du sexe, et donc niant la dignité de ces dernières, Sutter ne touche pas mot. Mais il y répond pourtant de la plus juste manière. En provoquant le tremblement de notre propre regard.

Philippe Nassif, Philosophie Magazine,

mercredi 14 mai 2014

2201. "Eloge du chat" de Stéphanie Hochet par Bérengère Birée dans Tecknicart

Dans une sélection sur les livres consacrés aux chats, Technikart a choisi l'Eloge du chat de Stéphanie Hochet

Cat Power

Créature mystérieuse, le minou hante autant la littérature que nos maisons. Dans l""Eloge du chat", Stéphanie Hochet traque la nature paradoxale de l'animal à l'aide d'autres amoureux du félin (Colette, Rilke, Baudelaire...) et se demande s'il est pervers, indifférent, paresseux ou intelligent. Moins fort que le culte "Dictionnaire amoureux du chat" mais pas bête du tout.

Bérangère Birée, Tecknicart, mai 2014

2200. "Mon numéro dans le désordre" de Guillaume Fédou par Emilie Colombani et Baptiste Liger dans Technikart

Sans doute Arthur Ganate a-t-il trop écouté "New York avec toi" de Téléphone. Ce "raté parmi les tarés" se retrouve ainsi à prendre quelques vacances à Big Apple en compagnie de sa mère juive, alcoolique et dépressive. Pur rejeton du Bordelais, Arthur est parti à la capitale pour mener une existence de crevard féru des open bars mondains. Rayon sentiments, ce fan de "la Boum" appartient à la catégorie des losers absolus, et ne s'est jamais remis des collants couleur chair d'Emmanuelle Chabrier en 4è B, laquelle va se marier avec un pharmacien du Cap Ferret. Détail qui a son importance: la maman et le fiston sont à New York en septembre 2001...

Premier roman de Guillaume Fédou, Mon numéro dans le désordre aurait bien des raisons d'agacer: influences trop prononcées, références pop trop marquées, sujet rebattu, etc. Pourtant, au-delà d'un joli portrait de mère et de quelques répliques très drôles, l'auteur a su restituer quelque chose de ce monde où tout semblait possible. Et qui, soudain, s'écroule par un effet de dominos.

Emilie Colombani (avec B. L.), Technikart, mai 2014.

mardi 6 mai 2014

2199. Les français, libéraux malgré eux, sondage pour l'OPINION

À la veille de la sortie du livre de Laurent Dominati, Libéral, qui sera en librairie demain, le mercredi 7 mai, le journal L'OPINION publie un sondage réalisé par l'Ifop qui montre, comme le suggère le dessin de KAK, que "libéral" va peut-être cesser d'être considéré comme un mot grossier.

Les Français, libéraux malgré eux

Le mot préféré de la devise de la République française ? « Liberté » pour 48 % des sondés,
en forte hausse par rapport à 1999. Une révolution culturelle se prépare

Par Rémi Godeau, Rédacteur en chef

Les faits - Si les Français restent méfiants vis-à-vis du libéralisme, ses valeurs ne déclenchent pas de rejet général. Réalisé en partenariat avec le think tank Génération Libre et iTélé, le sondage de l’Ifop que publie mardi l’Opinion dresse le portrait d’une majorité certes favorable à une intervention publique en matière économique mais très critique sur l’Etat providence. François Baroin, Jean-Christophe Cambadélis, François Fillon, Denis Kessler, Alain Madelin ou Jean-Pierre Raffarin commentent pour l’Opinion cette enquête exclusive.

mercredi 30 avril 2014

2198. Libéral de Laurent Dominati annoncé dans le FIGARO

Le FIGARO du 30 avril annonce, le lancement du pavé LIBÉRAL de Laurent Dominati, dans la mare politique du mois et sa sortie en librairie le 7 mai.

Le credo libéral de Laurent Dominati

Ancien député, un temps ambassadeur en Amérique centrale et aujourd'hui représentant permanent de la France au Conseil de l'Europe (1), Laurent Dominati sortira le 7 mai, aux Editions Léo Scheer, ce qu'il appelle "le manifeste du libéralisme nouveau, celui de l'avènement de la société civile face aux pouvoirs."

Dans Libéral, il rappelle que ce mot sonne comme une insulte à beaucoup d'oreilles en France, où l'Etat est omnipotent. Dominati entend le réhabiliter à travers un ouvrage intelligemment construit.

Figaro-ci...Figaro-là, le 30 avril 2014

mardi 22 avril 2014

2197. L’Eloge du chat de Stéphanie Hochet par Bernard Lehut, sur RTL

Il y a du chat dans l'air.

Bernard Lehut en parle sur RTL.

mercredi 16 avril 2014

2196. Lilian Auzas, à propos du "Roman de Boddah", d'Héloïse Guay de Bellissen

En attendant la republication de La Revue Littéraire à l'automne prochain, le blog des ELS continue d'accueillir des notes de lecture. Aujourd'hui, Lilian Auzas écrit sur le Roman de Boddah, biographie romancée autour de l'idole du Grunge, mort cette année depuis 20 ans, Kurt Cobain, et son épouse-égérie Courtney Love.

La fulgurance de Kurt Cobain et la grâce de Courtney Love

On le sait tous, cela fait vingt ans que Kurt Cobain, leader de Nirvana, nous a quitté en se tirant une balle dans la tête. Vingt ans qu’une génération désillusionnée a perdu de vue son fil lumineux comme son courage en décrépitude. Effroyable constat après tout ce temps : il y a un avant et un après Kurt Cobain. Dans l’histoire de la musique. Dans l’histoire tout-court. Il nous manque.

On ne compte plus les biographies, officielles et officieuses, les enquêtes scrupuleuses ou clairement orientées (le plus généralement contre sa veuve, Courtney Love), les hagiographies, les livres de photos belles ou volées, et j’en passe… Puis surgit parmi cette multitude, un roman. Mais pas n’importe lequel : Le Roman de Boddah d'Héloïse Guay de Bellissen (Fayard, 2013).

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lundi 14 avril 2014

2195. Angie David, les grands entretiens du mardi de PARDIE.

Sur le blog de Stéphan Pardie : Nuits hirsutes et pages foutraques, entretien avec Angie David à propos de Sylvia Bataille dans Les grands Entretiens du mardi de Pardie

Des yeux bleus d'une clarté matinale. Lucides. Lorsque je me rendis au rendez-vous, j'avais en tête une image sulfureuse d'Angie, drapée dans une forme de parisianisme et de goûts des micros. Angie est responsable éditoriale chez Léo Scheer, mais aussi Prix Goncourt de la Biographie pour un livre de référence sur Dominique Aury, l'auteure d'Histoire d'O. Elle récidive avec un autre récit de vie, celui de Sylvia Bataille, femme de Georges et actrice mythique de Partie de Campagne. La lecture aiguise notre curiosité : la biographie nous mène dans les alcôves du surréalisme et de la bohème littéraire des années 1930, dont Angie David se révèle une évocatrice peu superficielle, directe et réfléchie. Je lirai ses prochains ouvrages.

- Bonjour Angie, vous avez obtenu le Prix Goncourt de la biographie pour celle de Dominique Aury, l'auteur d'Histoire d'O, et désormais vous publiez un roman biographique sur Sylvia Bataille. Qu'est-ce qui vous plait particulièrement dans ce genre ?

- Je n'ai pas d'imagination, et j'aime parler de la réalité. Il y a plus de matière. Ce sont également des rencontres. Avec Dominique Aury, l'idée du livre s'est imposée rapidement. Je n'avais pas l'impression d'avoir en moi une œuvre, donc c'était une bonne porte d'entrée. Elle m'a permis de me mettre à l'écriture, de faire un travail de recherche – j'aime cela.

- J'ai lu Sylvia Bataille comme une plongée passionnante dans la vie artistique et littéraire de l'entre-deux guerres. Parmi les écrivains que l'on croise dans le livre, quel est celui qui vous attire le plus ?

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samedi 12 avril 2014

2194. Éloge du chat de Stéphanie Hochet, le choix des libraires-20 MINUTES.fr

Éloge du chat. Collection ANIMA

)Stéphanie Hochet, après tant d‘autres écrivains, célèbre avec talent et amour, sans ronronner, le compagnon domestique le plus indépendant qui soit...

Livre érudit, bien documenté, Éloge du chat multiplie les références pêle-mêle de Rilke à Quignard en passant par Natsume Sôseki, Rabelais, La Fontaine, Balzac, Perrault, Nodier, Patrick Rambaud et Amélie Nothomb. Les plus belles pages du livre sont dévolues à la passion dévorante de Colette pour ce mandarin cruel...

Stéphanie Hochet peut maintenant se targuer à raison d'avoir, elle aussi, écrit sur ce petit fauve qui fit couler beaucoup d'encre. A-t-elle pour autant apprivoisé son sujet  ? La réponse est oui, indéniablement.

Muriel Steinmetz - (L'Humanité du 27 mars 2014)

Résumé

Stéphanie Hochet quitte exceptionnellement le genre du roman pour nous raconter, dans un essai tout littéraire, comment le chat, animal jugé cruel, sournois et hautain est devenu l'un de nos préférés et un personnage omniprésent dans la littérature.

Véritable dieu pour les Égyptiens, qui lui donnèrent les traits de la déesse de la virginité, Bastet, aussi dangereuse que protectrice, le chat a vu son image évoluer au fil des siècles. En particulier en Occident, où il est passé du statut d'ami des sorcières, banni de la société, à l'utile chasseur de souris, pour finir en potentat domestique, adulé et sublimé dans de nombreuses oeuvres d'art.

Animal flexible, qui a compris que la souplesse et la ruse étaient plus efficaces que la force, le chat a une position unique : mi-sauvage, mi- domestique, il profite autant de sa liberté naturelle que du confort de nos habitations modernes. À la fois indépendant et séducteur, sauvage et affectueux, le chat est paradoxal, tout comme le rapport que nous entretenons avec lui. Ne symbolise-t-il pas autant la sensualité que la mort - Eros et Thanatos -, suscitant ainsi un comportement toujours excessif, que ce soit l'opprobre ou l'idolâtrie ?

L'AUTEUR : Stéphanie Hochet est née en 1975. Elle est l'auteur de neuf romans, dont Combat de l'amour et de la faim (Fayard, Prix Lilas 2009), La Distribution des lumières (Flammarion, Prix Thyde Monnier de la SGDL 2010) et Sang d'encre (Editions des Busclats, 2013). Éloge du chat est son premier essai. Courrier des auteurs le 12/04/2014

1) Qui êtes-vous ? !

Un écrivain qui s'essaie à différentes expériences littéraires.

2) Quel est le thème central de ce livre ?

L'approche littéraire et philosophique du personnage chat tel qu'on le trouve dans les oeuvres (romans, cinéma, arts graphiques etc.)

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

«Et si cet animal était avant tout un point d'interrogation se promenant sur des coussinets ?»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

La comédie musicale Cats d'Andrew Lloyd Webber.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Mon admiration pour les écrivains qui ont si bien su parler de l'animal aux griffes rétractiles, quitte à parfois s'identifier à cette créature paradoxale et séduisante. Mais aussi ma fascination pour la flexibilité telle que le chat la pratique : cette capacité à incarner des personnages charismatiques, et à le faire avec souplesse.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

J'écris plutôt le matin mais pas seulement, il faut simplement que je sois au calme sans musique ni bruits parasites si possible (ce qui n'est pas toujours le cas). Dans une pièce où je suis seule. Je suis perturbée par le regard d'autrui quand j'écris.

7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?

Je ne me suis jamais dit que je serais écrivain quand j'étais enfant mais j'étais déjà une lectrice passionnée et le phénomène a pris son ampleur à l'adolescence. Fin de l'adolescence je commence à écrire de la poésie, des textes courts, tachant de saisir en quelques phrases une impression de beauté. Tout fut progressif, sans véritable prise de conscience.

8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?

Colette, Dialogue de bêtes à l'âge de neuf ans. Pour la première fois, je me dis en lisant que «la façon d'écrire» est belle. Vers 10 ans (rien à voir) : Sherlock Holmes, Cocteau (première rencontre avec la poésie), les oeuvres de Tolkien puis Balzac à 14 ans en commençant par Eugénie Grandet, une oeuvre d'un érotisme sophistiqué.

9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

Les crivains créent des mondes parallèles qui reflètent le nôtre, mais ils y ajoutent une poésie qui en augmente la distance.

10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

Les librairies sont des havres, on y débusque toujours une pépite. Mais quand on est auteur, ces havres peuvent intimider d'une certaine façon.

La revue de presse : Muriel Steinmetz - L'Humanité du 27 mars 2014

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires en partenariat avec 20minutes.fr

jeudi 10 avril 2014

2193. Maladie d'amour de Nathalie Rheims, par pour LE MAINE LIBRE. Rencontre chez DOUCET le 10 avril à 17h

« Maladie d’amour » Editions Léo Scheer.

Rencontre chez Doucet jeudi 10 avril à 17 heures.

Librairie Doucet – 66 avenue du Général de Gaulle - 72000 Le Mans

« L’amour fou peut mener loin »

La romancière Nathalie Rheims présente chez Doucet un roman troublant sur l’amour à la folie. Chez Nathalie Rheims, le fil est ténu entre l’amour fou et l’amour jusqu’à la folie.

Le Maine Libre : On a beaucoup évoqué l’érotomanie au sujet de ce roman. A quel moment l’amour fou peut-il basculer vers une folie de l’amour ?

Nathalie Rheims : Alice est-elle érotomane ? Rien n’est sûr. Le doute subsiste. J’ai voulu écrire un roman sur l’invention de l’amour, ce qui est propre à chacun. Entre l’amour fou, capable de nous entraîner sur des chemins qu’on ne soupçonnait pas, et la folie, la frontière est ténue. Par amour, la personne la plus raisonnable peut basculer vers des actes complètement irrationnels.

L.M.L. Vous mettez en scène trois femmes qui incarnent trois versions de l’amour ou du couple

N.R Alice est une jolie célibataire, amoureuse folle du Dr Costes, un chirurgien esthétique qu’elle n’a vu une seule fois et dont elle est persuadée qu’il l’aime aussi. A écouter les aventures romanesques d’Alice, Camille sa meilleure amie, vit la folie amoureuse par procuration. L’épouse sage et sans histoire réalise qu’elle n’est peut-être pas si vivante que cela. Pour la première fois, elle s’interroge. Enfin, Béatrice, l’épouse de Costes, incarne la femme qui a renoncé à sa vie au profit de la carrière de son mari.

LML Comment peut-on prêter des sentiments amoureux à un parfait inconnu ?

NR Quelqu’un en état de grande fragilité peut interpréter un geste, un regard. De plus Costes est chirurgien esthétique. Son regard professionnel sur les femmes va déjà au-delà des limites ordinaires. Ca peut être interprété comme une arme de séduction. Je voulais qu’Alice soit très belle pour créer ce trouble chez le lecteur. Pourquoi un homme refuserait- il les avances d’une si jolie femme ? Costes est un homme totem, d’autant plus attirant qu’il a le pouvoir d’embellir les femmes.

LML Vous jouez sur l’ambiguïté des personnages

NR J’aime le doute qui s’insinue chez Camille face à l’histoire d’amour d’Alice. Jusque-là elle a toujours pris pour argent comptant ce que son amie lui racontait. Face à Costes, elle ne sait plus. Dans cette histoire, tout le monde dit vrai et ment en même temps. Comme nous tous. J’avais envie d’écrire un thriller, sans abandonner le côté personnel. Je me cache en Alice et en Camille…

LML En amour, faut-il connaître la vérité à tout prix ?

NR Mon père me disait au sujet des hommes : « ''Ne cherche jamais parce que si tu cherches, tu trouveras'' ». Cette leçon m’a convenu. Je préfère être la ravie de la crèche plutôt que l’inquisitrice. De plus, personne n’appartient à personne.

LML Avez-vous des projets au cinéma ?

NR Bien plus modeste que celle de Claude Berri qui fut mon compagnon, ma société de production est une petite structure. Ce qui m’intéresse, c’est aider les écrivains à réaliser leur film. Après Saphia Azzedine, je vais produire le premier film de Camille Laurens adapté de son livre « Dans ces bras-là », avec Elsa Zilberstein. Par ailleurs les droits de « ''Maladie d’amour'' » ont été vendus pour le cinéma… mais je n’interviendrai pas. Enfin, je prépare un beau livre sur le cimetière du Père Lachaise. Avec mon père, nous y allions souvent le dimanche.

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